Au Kazakhstan, la rentrée scolaire du 1er septembre 2026 s’est déroulée sous forte présence policière. Au-delà de la surveillance des établissements, le ministère de l’Intérieur a multiplié les interventions pédagogiques et étendu son réseau de classes « Zhas Saqshy » (« Jeune garde »), dans lesquelles des élèves sont eux-mêmes associés à la prévention auprès de leurs camarades.
« Zhas Saqshy » : la prévention entre élèves au cœur du dispositif
Le premier jour de classe a aussi été un jour de prévention à grande échelle. Le 1er septembre 2026, policiers, responsables territoriaux et unités de patrouille ont été mobilisés autour des établissements du Kazakhstan afin de sécuriser les cérémonies de rentrée et leurs abords. Dans les écoles, cette présence ne s’est pas limitée au maintien de l’ordre. Les policiers sont intervenus directement auprès des enfants pour parler de sécurité routière, de comportements à risque, de responsabilité juridique et de respect des règles. Un dispositif dont les classes « Zhas Saqshy »constituent désormais l’un des relais les plus visibles.
Plus de 7.000 conférences, rencontres et échanges thématiques ont été organisés dans tout le pays pendant ce Jour du savoir. Pour les plus jeunes, la sensibilisation a pris une forme volontairement accessible : des cahiers de coloriage consacrés aux règles de circulation leur ont notamment été remis.
Une particularité du dispositif tient au rôle confié aux élèves. Les membres des classes « Zhas Saqshy » (« Jeune garde »), ainsi que de jeunes inspecteurs de la circulation, ne sont pas présentés comme de simples destinataires des messages de prévention. Ils participent aux activités aux côtés des policiers et interviennent auprès de leurs propres camarades de classe. Le ministère indique qu’ils contribuent ainsi à diffuser les règles de sécurité et à développer, entre élèves, une culture de respect de la loi.
Cette prévention par les pairs donne au programme une dimension particulière. Le message ne vient plus seulement d’un adulte en uniforme venu ponctuellement dans l’établissement : il peut être repris au quotidien par des adolescents fréquentant les mêmes couloirs, les mêmes cours et les mêmes espaces de sociabilité que les autres élèves. Dans la conception défendue par le ministère, les jeunes de « Zhas Saqshy » deviennent ainsi des intermédiaires entre l’école, la police et leurs camarades.
L’objectif est large. Il ne s’agit pas seulement de réciter le code de la route. Les activités portent aussi sur la responsabilité individuelle, la discipline, les comportements susceptibles de conduire à une infraction, la sécurité dans l’espace public et la manière de réagir face à un risque. Dans plusieurs régions, les autorités mettent également l’accent sur la sécurité numérique, le harcèlement et les situations dans lesquelles un enfant doit demander l’aide d’un adulte ou de la police.

© YouTube ҚР ІІМ / МВД РК
Écoles du Kazakhstan : une présence policière renforcée pour la rentrée
Le 1er septembre 2026, des policiers et des responsables territoriaux ont été affectés aux établissements scolaires, tandis que les patrouilles ont été rapprochées des lieux où se déroulaient les cérémonies de rentrée. Ce maillage devait à la fois sécuriser les rassemblements et permettre une intervention rapide aux heures de forte fréquentation.
La préparation avait commencé avant la rentrée. Le Kazakhstan comptait 7.656 écoles d’enseignement général et celles-ci disposaient de plus de 283.000 caméras de vidéosurveillance. Sur cet ensemble, 7.159 écoles étaient raccordées soit à un centre de gestion opérationnelle, soit à une permanence des forces de l’ordre.
La route vers l’école a fait l’objet d’un contrôle spécifique. Le ministère affirme avoir conduit 9.417 inspections des infrastructures routières situées à proximité des établissements, qui ont débouché sur 4.070 injonctions destinées à faire corriger les défaillances constatées. Au moment de cette publication, les autorités avaient reçu 3.440 réponses faisant état de corrections réalisées.
Ces inspections se sont accompagnées d’aménagements. À proximité des établissements, 258 passages pour piétons, 1.429 ralentisseurs, 4.854 panneaux de signalisation et 1.897 équipements d’éclairage avaient été installés ou aménagés, auxquels s’ajoutent plus de 10 kilomètres de clôtures. Le dispositif associe donc infrastructures physiques, vidéosurveillance, présence humaine et travail pédagogique.
« Zhas Saqshy » : dix nouvelles classes et une formation civique structurée
Le réseau « Zhas Saqshy » compte désormais 264 classes réparties dans 238 écoles accueillant plus de 5.300 élèves. Ce même jour, dix nouvelles classes ont été inaugurées à Astana et Shymkent ainsi que dans les régions d’Atyraou, du Kazakhstan-Occidental, de Karaganda, de Kostanaï, de Manguistaou et de Jetyssou.
À Shymkent, l’une de ces nouvelles unités a ouvert dans l’école secondaire n°12. Elle porte le nom de Kulakhmet Khalmenov, vétéran du ministère de l’Intérieur. Les élèves doivent y approfondir leur culture juridique, découvrir le fonctionnement du travail policier et participer à des activités préventives, éducatives et patriotiques. « Ici, vous pourrez renforcer vos connaissances juridiques, votre sens des responsabilités et votre discipline », a déclaré Mukhtar Kojayev, chef du département de police de Shymkent, lors de l’ouverture de la classe. Le responsable a également mis en avant la transmission de valeurs civiques et patriotiques.

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Dans la région de Jetyssou, une autre classe a été inaugurée à l’école Saken Seifullin du district d’Esqueldy. Le programme annoncé associe apprentissage des droits et devoirs, discipline, responsabilité, développement du leadership et formation d’une citoyenneté active. Des policiers doivent également y assurer des cours thématiques consacrés à la sécurité, à la prévention des infractions et aux comportements respectueux de la loi.
Le projet ne part pas de zéro. À Astana, par exemple, l’école-lycée n°85 accueille depuis 2024 une classe « Zhas Saqshy » portant le nom du policier Gaziz Baitassov ; elle compte actuellement 18 élèves. Ses participants découvrent le travail des forces de l’ordre, approfondissent leurs connaissances juridiques et prennent part à des actions visant la responsabilité, la discipline et la culture civique.
Le programme avait déjà franchi une étape symbolique au mois de juin. À la fin de l’année scolaire 2025-2026, 52 élèves issus de trois classes avaient achevé leur formation et manifesté leur intention de poursuivre leurs études dans des établissements relevant du ministère de l’Intérieur. Ce premier groupe de diplômés témoignait du rôle d’orientation professionnelle que les autorités veulent également donner au programme.
Sécurité scolaire : de la surveillance à la prévention quotidienne
L’ambition affichée par le ministère dépasse la sécurisation exceptionnelle de la rentrée. Les autorités présentent la prévention des infractions chez les mineurs comme un travail qui doit commencer avant qu’un comportement ne devienne délictueux. Éducation juridique, détection précoce des difficultés et coopération avec les familles sont ainsi placées au centre du dispositif ministériel.
Cette logique explique l’importance donnée aux classes « Zhas Saqshy ». Les élèves concernés sont familiarisés avec les notions de droit, de responsabilité et de service public, mais ils sont également invités à prendre une part active à la prévention dans leur environnement scolaire. Leur proximité avec les autres adolescents est utilisée pour faire circuler des messages sur la sécurité routière, le respect des règles ou les comportements susceptibles d’exposer un camarade à un danger.

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Dans les classes spécialisées, le contenu varie selon les établissements, mais plusieurs constantes ressortent des publications officielles : apprentissage du droit, découverte du travail policier, discipline, préparation physique, activités patriotiques et rencontres consacrées à la prévention. La police présente cette combinaison comme un moyen de développer l’autonomie des élèves tout en les sensibilisant à leurs responsabilités vis-à-vis du collectif.
Cette approche prolonge une politique engagée depuis plusieurs mois. Les premières promotions de « Zhas Saqshy » avaient achevé leur cursus en juin 2026, alors que de nouvelles classes étaient déjà ouvertes dans différentes régions. La rentrée du 1er septembre a donné au programme une exposition supplémentaire : aux côtés des milliers de rencontres organisées par les policiers, ses jeunes membres ont été mobilisés pour parler directement à leurs pairs et participer aux actions organisées dans les établissements.
Pour le ministère, la sécurité scolaire se joue ainsi à plusieurs niveaux : caméras et boutons d’alerte dans les bâtiments, aménagement des routes aux abords des écoles, patrouilles aux heures sensibles, mais aussi apprentissage quotidien des bons réflexes. Dans ce schéma, les élèves « Zhas Saqshy » doivent continuer, durant l’année scolaire, à travailler avec les policiers lors de rencontres et d’actions préventives afin que les messages entendus le 1er septembre ne restent pas cantonnés au seul jour de la rentrée.
