Au Kazakhstan, plus de cinquante écoliers viennent de terminer leur formation au sein des premières classes policières « Jeune garde » (« Zhas Saqshy »). Présentée comme un outil d’éducation civique, de discipline et de patriotisme, cette initiative s’inscrit dans la politique nationale de promotion du principe de « Loi et Ordre », devenu l’un des piliers du discours public au Kazakhstan.
La « Jeune garde » forme une nouvelle génération d’écoliers
Le 20 juin 2026, le ministère kazakhstanais de l’Intérieur a célébré la remise des certificats aux premiers diplômés des classes « Jeune garde », un programme éducatif destiné à familiariser les élèves avec les métiers des forces de l’ordre. Cette promotion marque une étape importante pour un projet qui s’inscrit dans la stratégie plus large de renforcement de la culture de la légalité au Kazakhstan.
Comme le rapporte le ministère de l’Intérieur, plus de 50 écoliers ont achevé leur cursus au sein des premières classes « Jeune garde » du pays. Ces structures scolaires spécialisées permettent aux élèves de découvrir le fonctionnement des institutions chargées de l’application de la loi, tout en bénéficiant d’un enseignement complémentaire axé sur la discipline, l’éducation civique et la préparation physique.

La cérémonie de remise des certificats a également été l’occasion pour les élèves de confirmer leurs projets d’orientation. D’après les autorités, plusieurs diplômés envisagent désormais de poursuivre leur parcours dans des établissements spécialisés relevant du ministère de l’Intérieur ou dans d’autres structures de sécurité publique.
Le programme s’est progressivement développé dans plusieurs régions du Kazakhstan. Depuis le début de l’année 2026, des classes « Jeune garde » ont notamment été ouvertes dans les régions du Kazakhstan-Oriental, du Kazakhstan du Nord, dans la région de Pavlodar, dans la région du Kazakhstan-Occidental ainsi qu’à Almaty.
La « Jeune garde » et les écoliers au cœur d’une politique éducative plus large
L’initiative ne se limite pas à une simple découverte des métiers policiers. Les programmes prévoient l’apprentissage des bases du droit, une sensibilisation aux responsabilités citoyennes ainsi que des activités sportives et patriotiques. À Jänibek, dans l’ouest du pays, une classe « Jeune garde » accueille par exemple 15 élèves qui suivent un programme comprenant l’étude de la législation, des notions de criminalistique, la découverte du travail policier ainsi qu’un entraînement physique spécifique.
Dans le district de Gabit Mousrepov, au nord du Kazakhstan, une nouvelle classe a été ouverte en avril 2026 avec 26 élèves. Les responsables policiers locaux ont alors souligné que cette formation devait favoriser le sens des responsabilités, la discipline et l’engagement civique chez les jeunes.

© YouTube ҚР ІІМ / МВД РК
Dans la ville de Ridder, au Kazakhstan-Oriental, le premier établissement de ce type a accueilli 10 élèves de septième année. Les autorités locales ont présenté cette structure comme un moyen d’aider les adolescents à choisir plus tôt leur future orientation professionnelle tout en développant le respect de la loi et le patriotisme.
Cette dynamique s’inscrit dans une évolution plus large du système éducatif kazakhstanais. En août 2025, nous évoquions ici même l’émergence dans les écoles du Kazakhstan de formations préparant aux carrières de policier ou de procureur et le rapprochement, depuis plusieurs années, de l’école et de la police.
« Loi et Ordre », un principe devenu central au Kazakhstan
Le développement des classes « Jeune garde » est étroitement lié à l’idéologie de « Loi et Ordre », devenue l’un des principaux axes de communication des autorités kazakhstanaises. Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a à plusieurs reprises présenté la notion de « Loi et Ordre » comme un principe fondamental de la construction de l’État. Cette approche vise à renforcer la confiance dans les institutions, à améliorer le respect des règles et à promouvoir une culture de la responsabilité civique.
Dans cette perspective, les projets éducatifs destinés à la jeunesse occupent une place particulière. Les classes « Jeune garde » sont perçues comme un moyen d’inculquer dès l’adolescence des valeurs associées au respect de la légalité, au service public et à la protection de l’intérêt général.
Les responsables éducatifs mettent également en avant leur dimension préventive. En sensibilisant les jeunes aux questions juridiques et à la citoyenneté, ces formations doivent contribuer à réduire les comportements délictueux et à renforcer les liens entre la population et les forces de l’ordre.

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Une expansion rapide des classes policières
L’année 2026 témoigne d’une accélération notable du projet. Plusieurs ouvertures ont été enregistrées en quelques mois seulement. À Almaty, une classe « Jeune garde » portant le nom d’un policier mort en service a été inaugurée au printemps. Dans la région de Pavlodar, la ville d’Ekibastouz a également lancé son premier groupe d’élèves policiers.
Parallèlement, les activités proposées aux participants se multiplient. Dans le nord du pays, des élèves ont intégré le club sportif « Arlan » du ministère de l’Intérieur. Dans le Kazakhstan-Oriental, des journées portes ouvertes organisées par la police permettent aux jeunes de découvrir les unités spécialisées, les chiens de service ou encore certaines techniques d’investigation.
Cette diversification des activités montre que le programme dépasse désormais le simple cadre scolaire. Les autorités cherchent à construire un véritable parcours de formation et d’orientation destiné aux jeunes intéressés par les carrières de sécurité publique.
L’obtention du certificat par les cinquante premiers diplômés constitue ainsi une étape symbolique pour cette politique. Elle illustre la volonté des autorités kazakhstanaises de renforcer la place des valeurs de citoyenneté, de discipline et de respect de la loi dans l’éducation des nouvelles générations, dans un contexte où le principe de « Loi et Ordre » continue de structurer une part importante du discours politique national.
