Au Kazakhstan, les règles d’indemnisation du chômage vont se durcir. À partir du 1er janvier 2027, les travailleurs ayant perdu leur emploi ne pourront plus percevoir leur prestation sociale pendant six mois, mais pendant trois mois. Et encore, on parle de la durée maximum. Cette réduction s’accompagnera d’un plafonnement des montants versés et de nouvelles restrictions pour les demandes successives. Une réforme qui modifiera sensiblement la protection financière des salariés privés d’emploi.
Chômage : une durée d’indemnisation divisée par deux
Le Kazakhstan s’apprête à revoir en profondeur son dispositif de compensation financière en cas de perte d’emploi. Les nouvelles dispositions, approuvées par un arrêté signé par le ministre du Travail et de la Protection sociale, Askarbek Yertayev, entreront en vigueur le 1er janvier 2027. Elles concernent les prestations versées par le Fonds national d’assurance sociale aux personnes ayant participé au système obligatoire de cotisations sociales.
La réforme ne supprimera pas l’indemnisation du chômage. Elle en réduira toutefois la durée maximale, tout en imposant un plafond financier et de nouvelles conditions de renouvellement des droits. En parallèle, le gouvernement entend renforcer les dispositifs de formation et d’accompagnement vers l’emploi. L’objectif affiché par le ministère du Travail est de privilégier un retour rapide à une activité professionnelle plutôt que de prolonger le versement d’une aide temporaire.
Le principal changement concerne la période pendant laquelle un demandeur d’emploi peut recevoir une compensation financière. Actuellement, les travailleurs disposant d’une ancienneté suffisante dans le système d’assurance sociale peuvent être indemnisés pendant six mois. Dès le 1er janvier 2027, cette durée maximale sera ramenée à trois mois, soit une diminution de 50%, a fait savoir le ministère du Travail le 24 octobre 2026.
Cette réduction ne signifie pas pour autant que chaque personne inscrite au chômage bénéficiera automatiquement de trois mensualités. Comme auparavant, la durée effective de versement dépendra de l’ancienneté de participation au système obligatoire d’assurance sociale. Les autorités ont ainsi retenu plusieurs catégories, déterminées en fonction du nombre de mois pendant lesquels des cotisations ont été effectuées. Une personne ayant cotisé pendant six à douze mois pourra recevoir une indemnisation durant un mois.
Lorsque la période de cotisation atteint douze à vingt-quatre mois, la prestation pourra être versée pendant deux mois. Enfin, les personnes justifiant d’au moins vingt-quatre mois de cotisations auront droit, si les autres conditions sont remplies, à une indemnisation maximale de trois mois.
Les conséquences seront particulièrement importantes pour les travailleurs ayant une longue carrière professionnelle. Jusqu’à présent, une personne justifiant d’au moins soixante mois de cotisations pouvait prétendre à six mois de versements. Désormais, cette ancienneté ne lui permettra plus de dépasser le nouveau plafond de trois mois. Une fois atteint le seuil de deux années de cotisations, une durée d’affiliation supplémentaire ne prolongera donc plus la période maximale de soutien financier.
Ce changement touchera ainsi principalement les salariés qui bénéficiaient jusqu’ici des périodes d’indemnisation les plus longues. La réduction concerne la durée de couverture, et non le principe même de l’assurance sociale. Les personnes remplissant les critères légaux continueront à pouvoir obtenir une compensation partielle de leurs revenus, mais sur une période raccourcie.
Une disposition transitoire doit néanmoins éviter toute application rétroactive. Les prestations attribuées avant le 1er janvier 2027 continueront d’être versées selon les conditions initialement fixées, jusqu’à leur échéance. En revanche, les demandes d’attribution présentées à partir de janvier 2027 relèveront des nouvelles règles.
Indemnisation : un nouveau plafond financier pour les demandeurs d’emploi
La réforme ne se limite pas à raccourcir la durée de versement. Elle introduit également une limite supérieure au montant de la prestation sociale. Selon le ministère kazakhstanais du Travail, l’indemnisation ne pourra désormais pas dépasser 45% de sept fois le salaire minimum légal en vigueur au moment de l’ouverture des droits.
Ce mécanisme revient à plafonner la prestation à l’équivalent de 3,15 salaires minimums mensuels. Il s’agit toutefois d’un maximum réglementaire et non d’une somme garantie à l’ensemble des bénéficiaires. Le montant réellement versé continuera de dépendre de la situation professionnelle et des cotisations antérieures de chaque demandeur d’emploi.
Chômage : des conditions plus strictes pour renouveler l’indemnisation
Une autre évolution majeure concerne les personnes confrontées à plusieurs épisodes de chômage. Le nouveau cadre réglementaire encadrera davantage les demandes successives de prestations, afin de limiter la possibilité de bénéficier d’indemnisations rapprochées. Une nouvelle attribution ne pourra intervenir qu’après l’écoulement de douze mois calendaires suivant le mois du dernier versement de la prestation précédente. Cette restriction introduit une contrainte supplémentaire pour les travailleurs qui retrouveraient temporairement un emploi avant de le perdre à nouveau.
Les règles prévoient également une réduction de la durée d’affiliation prise en compte lors du calcul de nouveaux droits. Chaque mois de prestation précédemment perçu entraînera la déduction de douze mois de la période de participation au système d’assurance sociale. Ce mécanisme peut avoir des conséquences sur la durée d’indemnisation accessible lors d’une demande ultérieure.
Ces deux dispositions doivent être distinguées. La première détermine le délai minimal avant une nouvelle attribution. La seconde intervient dans le calcul des droits à partir de l’historique d’assurance du bénéficiaire. Un demandeur devra donc satisfaire à la fois aux conditions de délai, d’affiliation et d’enregistrement administratif pour obtenir une nouvelle prestation.
Par ailleurs, le versement d’une compensation financière ne découle pas automatiquement de la rupture d’un contrat de travail : les prestations sont réservées aux personnes remplissant les conditions du système obligatoire d’assurance sociale. L’absence d’une période suffisante de cotisations peut ainsi empêcher l’ouverture du droit, même lorsque la personne est officiellement sans emploi.
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