Au Kazakhstan, un nouveau parcours vers l’emploi avant même le statut de chômeur
Au Kazakhstan, un nouveau parcours vers l’emploi avant même le statut de chômeur

Au Kazakhstan, obtenir le statut de chômeur ne devrait bientôt plus être une formalité réglée en quelques jours. À partir d’octobre 2026, les services publics de l’emploi disposeront d’une période beaucoup plus longue pour examiner le profil du demandeur, chercher une offre adaptée et contacter des employeurs. Derrière ce délai supplémentaire, le gouvernement veut déplacer le centre de gravité du système : moins enregistrer le chômage, davantage organiser le retour au travail.

Au Kazakhstan, 13 jours de recherche d’emploi avant le statut de chômeur

Au Kazakhstan, l’accompagnement des personnes à la recherche d’un emploi évolue. Le changement le plus visible concerne le délai précédant l’enregistrement comme chômeur. Il passera de deux à treize jours à compter du 1er octobre 2026. Les services publics disposeront donc de onze jours supplémentaires pour tenter de rapprocher le demandeur d’un poste avant que son dossier n’aboutisse à l’attribution du statut. Le principe rompt avec une procédure beaucoup plus courte, dans laquelle la recherche d’une solution professionnelle précédait de peu l’enregistrement administratif.

Ces treize jours ne doivent toutefois pas constituer une simple période d’attente. D’après les explications du ministère, les centres de carrière devront utiliser ce temps pour étudier l’expérience professionnelle, les qualifications, les compétences et les besoins du demandeur. Ils devront également établir son profil, identifier des postes susceptibles de lui convenir et engager des échanges avec les employeurs concernés.

Le ministère présente ainsi la demande d’assistance comme le point de départ d’un véritable parcours professionnel. L’objectif affiché n’est plus seulement de constater qu’une personne n’a pas d’emploi, mais de déterminer plus finement ce qu’elle sait faire, ce qu’elle recherche et quelles possibilités existent réellement sur le marché du travail. Les autorités veulent privilégier l’accès effectif à un poste plutôt que l’accomplissement d’une formalité d’enregistrement.

Pour le demandeur, ce changement pourrait donc modifier la nature des premiers échanges avec l’administration. La qualification, l’expérience antérieure et les projets professionnels doivent peser davantage dans les propositions formulées. De même, les centres de carrière devront organiser plus activement le contact avec les entreprises. Le statut de chômeur ne disparaît pas : il intervient après une phase de recherche et d’accompagnement plus longue.

Le chômeur au centre d’un accompagnement tourné vers l’emploi

La réforme ne repose pas uniquement sur l’allongement du délai. Le ministère veut aussi modifier les méthodes de travail des agents qui accompagnent les demandeurs. Les personnels des centres de carrière ainsi que ceux des antennes du Fonds public d’assurance sociale doivent recevoir une formation supplémentaire pendant l’expérimentation.
Cette formation portera notamment sur le profilage des personnes, le choix des offres d’emploi, le suivi jusqu’à l’embauche et l’utilisation des différentes mesures publiques de soutien à l’activité. Les agents devront également enregistrer correctement les résultats de cet accompagnement dans les systèmes d’information publics. Autrement dit, le projet pilote teste autant l’organisation administrative que le parcours imposé au demandeur.

L’enjeu n’est pas marginal. Plus de 200.000 personnes avaient trouvé un emploi avec l’aide des centres de carrière au 1er juin 2026. Près de 70.000 personnes avaient parallèlement été orientées vers des emplois subventionnés à cette même date. Ces volumes donnent une idée du nombre de parcours susceptibles d’être concernés si le nouveau fonctionnement est ensuite généralisé.

Le dispositif prévoit aussi de maintenir la possibilité d’utiliser les instruments existants de soutien à l’emploi. Selon la situation du demandeur, l’accompagnement peut ainsi dépasser la transmission d’une offre de poste et mobiliser d’autres solutions permettant un retour à l’activité. L’administration entend surtout éviter qu’un dossier ne se termine avec l’obtention d’un statut alors qu’un rapprochement avec un employeur, une adaptation des compétences ou une autre mesure d’insertion pourrait être engagée.

Statut de chômeur : ce qui change en octobre 2026 et ce qui attendra 2027

Le calendrier des prestations sociales est distinct. Pendant le projet pilote lancé le 1er octobre 2026, les personnes qui remplissent les conditions continueront à percevoir la prestation liée à la perte d’emploi selon les règles en vigueur, a précisé le ministère du Travail. L’allongement du délai précédant l’attribution du statut ne doit donc pas être confondu avec l’entrée en vigueur des nouvelles limites applicables aux versements. La durée maximale de cette prestation sera réduite à trois mois à compter du 1er janvier 2027. Cette échéance est liée à des amendements au Code social prévus par une loi approuvée le 11 juin 2026.

Cette distinction est particulièrement importante pour les personnes qui perdront leur emploi à l’automne 2026. Une demande déposée après le lancement du projet pilote sera bien soumise au nouveau parcours vers le statut de chômeur, avec la période de treize jours consacrée à la recherche d’un poste. En revanche, le seul démarrage de cette expérimentation ne déclenchera pas la nouvelle durée maximale de trois mois applicable aux prestations.

La chronologie dessine ainsi deux étapes. L’automne 2026 doit servir à tester une nouvelle manière d’accompagner les demandeurs et de préparer les services publics. Le 1er janvier 2027 marquera ensuite l’entrée en vigueur de la modification portant directement sur la durée maximale de la prestation sociale en cas de perte d’emploi.

Kazakhstan : un pilote pour transformer les centres de carrière

Pour l’administration, l’expérimentation doit permettre d’identifier les difficultés avant un passage plus large au nouveau modèle. Les autorités veulent notamment vérifier la qualité du profilage, la pertinence des offres proposées, l’efficacité des contacts avec les entreprises et la capacité des agents à accompagner réellement une personne jusqu’à sa reprise d’activité.

Ce point sera décisif, car l’allongement de deux à treize jours ne produira pas automatiquement davantage d’embauches. L’intérêt du nouveau dispositif dépendra de l’utilisation concrète de cette période : disponibilité des offres correspondant au profil, capacité des centres à mobiliser les employeurs, rapidité des échanges et pertinence des mesures complémentaires proposées. Le pilote doit précisément fournir au ministère des éléments pour corriger les processus qui fonctionneraient mal avant leur déploiement plus large.

Une campagne d’explication accompagnera également cette transition. Entre octobre et décembre 2026, le ministère prévoit des rencontres avec les citoyens, des consultations et des interventions de spécialistes dans les régions. Ces rendez-vous doivent détailler le fonctionnement du nouveau parcours, les conditions d’accès aux prestations sociales et les possibilités offertes par les politiques publiques de l’emploi.

Pour les personnes qui s’adresseront aux centres de carrière à partir d’octobre, la différence devrait donc se jouer dès les premiers jours : davantage de temps consacré au diagnostic, une recherche de postes plus structurée et un suivi censé aller au-delà de l’enregistrement administratif. Le projet pilote devra désormais montrer si cette transformation du statut de chômeur en parcours vers l’activité se traduit, sur le terrain, par davantage de mises en relation et d’emplois effectivement retrouvés.

Illustration www.magnific.com.

Par Rodion Zolkin
Le 09/17/2026

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