Discours du Président de la République du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev sur l’état de la Nation [Texte intégral]
Kazakhstan : un virage économique impressionnant sous Kassym-Jomart Tokaïev

Les enjeux actuels du Kazakhstan dans un nouveau cycle historique

 

Chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs les députés du Kouroultaï,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

En ma qualité de Chef de l’État, je m’adresse aujourd’hui au peuple du Kazakhstan à l’occasion de mon traditionnel Discours sur l’état de la Nation, qui revêt un caractère particulier tant par sa portée que par son contenu.

Le 25 octobre, nous avons célébré notre fête nationale, la Journée de la République.

Ce jour-là, nous avons adopté la Déclaration de Souveraineté, faisant un pas décisif vers le développement autonome de notre pays.

Peu après, nous avons hissé bien haut le drapeau de l’indépendance et posé les fondements de notre État.

Cette année, nous célébrons le 35ᵉ anniversaire de notre Indépendance sacrée – une étape marquante dans l’histoire de notre nation.

En mars, la Constitution a été adoptée par l’expression de la volonté populaire, constituant le fondement de notre État et un repère inébranlable pour notre peuple. Cet événement revêt une profonde signification historique.

La Constitution peut être qualifiée de pacte sacré entre plusieurs générations, car elle définit clairement le visage actuel du Kazakhstan ainsi que la vision de son avenir.

Approuvée par une écrasante majorité de citoyens, la Constitution est entrée en vigueur le 1ᵉʳ juillet de cette année. Elle a donné une impulsion majeure à la transformation en profondeur de l’architecture politique du pays et à la mise en place de nouvelles institutions du pouvoir.

Ensemble, nous avons résolument engagé un travail de grande ampleur pour bâtir un avenir prometteur.

Notre peuple est témoin des transformations historiques en cours. Toutefois, malgré toute l’importance de ce sujet, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de m’y attarder davantage.

Aujourd’hui, je vous ferai part de ma vision du développement socio-économique futur de notre pays et définir les objectifs ainsi que les tâches qui nous attendent.

Je le dis ouvertement : nous n’avons pas encore pleinement résolu les questions relatives à la consolidation de notre Indépendance et à la protection de notre Souveraineté.

Cela signifie que de nombreuses tâches urgentes restent à accomplir. Pour les mener à bien, nous avons avant tout besoin d’unité et de concorde au sein de notre société. Sans elles, aucune réforme ni aucun progrès ne seront possibles.

Face à l’aggravation sans précédent des défis mondiaux, la discipline et l’ordre doivent occuper une place primordiale au sein de notre société.

À l’heure actuelle, de nombreux pays s’adressent mutuellement des accusations infondées, inventées de toutes pièces et défiant le bon sens, tandis que les rivalités qui se jouent en coulisses s’intensifient. Une crise de confiance généralisée s’est installée entre les grandes puissances et les États influents.

Nous constatons une augmentation considérable des flux migratoires incontrôlés, qui a eu de graves répercussions sur la sécurité de plusieurs États européens.

L’autorité de l’Organisation des Nations unies s’est considérablement affaiblie et l’ensemble du système du droit international connaît une profonde érosion.

En somme, le monde est entré dans une période d’incertitude, et les politologues comme les experts ne parviennent pas à dégager une vision commune de son avenir.

Il n’est pas exagéré d’affirmer que la communauté internationale traverse une période particulièrement troublée.

Une situation aussi complexe et imprévisible ne s’était pas produite, même durant la guerre froide.

Malgré ce contexte de fortes turbulences, le Kazakhstan s’est résolument engagé dans une nouvelle ère de son développement et a mené à bien des réformes politiques de grande envergure. Il s’agit là d’un phénomène rare à l’échelle mondiale.

Il nous appartient désormais de renforcer la souveraineté de notre pays. Nous devons préserver notre stabilité intérieure et poursuivre un développement dynamique, en dépit de l’instabilité qui règne dans le monde.

La réussite de cette entreprise dépend du travail inlassable de l’ensemble de la société et, en premier lieu, de nos citoyens patriotes, engagés et instruits. Je place également de grands espoirs dans les députés du Kouroultaï.

Il est évident que, dans ces circonstances, un rôle particulier incombe à l’appareil d’État et aux forces de l’ordre.

Autrement dit, les générations actuelles, c’est-à-dire nous tous, doivent léguer à leurs descendants non pas de simples plans et concepts, mais un pays doté d’une économie solide et en plein essor, fondée sur les hautes technologies, la science et l’éducation ; un État moderne et progressiste, où les lois sont respectées ; un Kazakhstan exerçant une influence géopolitique et jouissant d’une autorité reconnue sur la scène internationale.

Telle est la véritable mission stratégique qui incombe à notre nation.

 

Mesdames et Messieurs les députés,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Pour assurer le progrès continu de notre pays, il est essentiel de relever avec efficacité et célérité les défis majeurs auxquels nous sommes confrontés.

Tous les citoyens doivent avoir pleinement accès aux infrastructures sociales indispensables. Il s’agit là d’une condition fondamentale de l’amélioration de la qualité de vie.

C’est pourquoi nous accorderons une attention prioritaire au développement des infrastructures.

Comme je l’ai déjà souligné, le Kazakhstan doit se transformer en un vaste chantier de construction.

Il ne s’agit pas de projets isolés, mais bien du lancement d’un programme de construction de grande envergure dans toutes les régions du pays.

Il convient, en premier lieu, de procéder dans les plus brefs délais à une analyse approfondie et à une évaluation rigoureuse des besoins des régions en matière d’établissements de santé, d’éducation, de culture et de sport.

Nous continuerons d’accorder une attention particulière et constante au développement des territoires ruraux, en créant les conditions nécessaires pour garantir aux populations rurales des conditions de vie dignes.

Il convient toutefois de souligner qu’aujourd’hui, les villes constituent les principaux pôles économiques, éducatifs et technologiques, ainsi que les principaux centres d’attraction des talents.

Ce sont les villes fortes qui font les régions fortes, et les régions fortes qui font la force du pays.

C’est pourquoi chaque grande ville du pays doit disposer d’un plan de développement clair, à moyen et à long terme, approuvé par le Gouvernement.

Afin d’assurer une utilisation efficace des ressources urbaines, le Gouvernement, en collaboration avec les akims (responsables des administrations territoriales), devra élaborer dans les meilleurs délais des jumeaux numériques des infrastructures urbaines.

La sécurité, la qualité du cadre urbain et l’aménagement des villes doivent figurer parmi les priorités et être considérés comme des missions de la plus haute importance pour l’État.

Cette approche s’inscrit pleinement dans l’esprit du concept national « Taza Qazaqstan » (« Kazakhstan propre »).

Lorsque les villes connaissent un développement dynamique, l’économie des régions concernées progresse et leur potentiel humain se renforce.

Dans cette perspective, nous accorderons une attention particulière à la construction et à la modernisation des infrastructures présentant une importance socio-économique majeure.

Nous disposons de toutes les ressources et de tous les moyens nécessaires pour y parvenir.

Selon les prévisions du Fonds monétaire international, le produit intérieur brut du Kazakhstan devrait approcher les 400 milliards de dollars cette année, tandis que le PIB par habitant devrait dépasser les 19 000 dollars.

Par la taille de son économie, notre pays devrait se classer au 47ᵉ rang mondial. Selon cet indicateur, le Kazakhstan devancera plusieurs pays dont la population est pourtant nettement plus importante.

L’industrie manufacturière connaît également un développement dynamique, sa part dans le PIB ayant dépassé les 14 %. Il s’agit d’un résultat concret des efforts systématiques déployés pour diversifier l’économie nationale.

Le montant cumulé des réserves d’or et de devises et des actifs du Fonds national a dépassé les 130 milliards de dollars.

Nous devons désormais mobiliser ce potentiel considérable au service de la modernisation des infrastructures et du développement de chacune des régions du pays.

C’est pourquoi je donne instruction d’engager activement le vaste programme de construction que j’ai annoncé, dans le cadre duquel seront réalisés, sur l’ensemble du territoire national, des équipements sociaux ainsi que des infrastructures de transport et des réseaux techniques répondant aux besoins de la population.

Le Gouvernement élaborera un Plan de modernisation des infrastructures d’une ampleur sans précédent.

Pour mettre en œuvre cette initiative de grande envergure, près de 6 500 milliards de tenges seront alloués par le Fonds national d’ici à la fin de l’année 2029. Sur ce montant, 1 500 milliards de tenges devront être affectés à des projets sociaux dès cette année et au cours des deux premiers mois de 2027.

L’objectif fondamental, la mission même du Fonds national, consiste à préserver et à accroître la richesse nationale, en la mettant au service des générations présentes et futures.

Depuis de nombreuses années, le Fonds national remplit avec fiabilité cette mission essentielle, contribuant de manière significative à la stabilité financière du pays.

Si nous voulons assurer le bien-être des jeunes générations, nous devons dès à présent prendre des mesures concrètes et résolues en ce sens.

Il est hors de question de remettre à plus tard la résolution des problèmes actuels : chacun d’entre eux doit trouver une solution en temps voulu. C’est là une exigence fondamentale.

Je suis profondément convaincu que notre responsabilité historique envers les générations futures ne consiste pas seulement à leur léguer des réserves financières accumulées sur des comptes, mais aussi à bâtir et à leur transmettre un pays profondément transformé : un pays technologiquement avancé, doté d’une économie forte et compétitive, d’infrastructures modernes et de normes de vie élevées, où chaque citoyen dispose des possibilités nécessaires pour réaliser pleinement son potentiel.

Telle est notre tâche principale et, si vous voulez, notre mission d’une portée historique.

Il s’agit d’investissements à long terme dans le développement du potentiel humain, dans l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et, par conséquent, dans l’avenir même de notre pays.

Il convient toutefois de maintenir un juste équilibre entre la préservation des ressources du Fonds national et leur utilisation, qui doit être strictement réservée aux domaines dans lesquels elles apporteront les plus grands bénéfices à la société.

Avant tout, les fonds publics investis doivent produire des retombées économiques et sociales, puisqu’ils visent en premier lieu à améliorer le bien-être des citoyens.

Il est important d’associer autant que possible à la réalisation de ces projets les représentants des petites et moyennes entreprises locales disposant des moyens matériels et techniques nécessaires ainsi que d’une expérience suffisante.

Le déroulement de l’ensemble de ces travaux de construction fera l’objet d’un contrôle rigoureux.

Dans un premier temps, environ 70 établissements de santé seront construits dans les régions, notamment des centres périnataux, des hôpitaux, des stations d’aide médicale d’urgence, des centres de réadaptation pour enfants ainsi que des salles de sport destinées aux enfants ayant des besoins particuliers.

En outre, la construction d’une cinquantaine d’établissements éducatifs, sportifs et culturels sera engagée.

Il est impératif d’entreprendre sans délai la construction de ces équipements particulièrement attendus, en veillant à la qualité des travaux, et de les mettre en service dans les meilleurs délais.

Parallèlement, des moyens financiers considérables seront consacrés à des projets dans le secteur du logement et des services communaux.

De nombreuses localités seront raccordées au réseau de distribution de gaz et bénéficieront d’un approvisionnement en eau potable de qualité.

D’ici à la fin de l’année en cours, le Gouvernement établira une première liste de projets concrets couvrant l’ensemble des régions, sans exception.

Nous devons être à la hauteur des grandes attentes de notre peuple.

Les travaux envisagés visent à améliorer le bien-être et la qualité de vie des citoyens, sans aucune arrière-pensée. Je suis donc convaincu que personne ne s’opposera à ce que nous donnions à cette initiative le nom de « Grand chantier populaire ».

Le programme « Grand chantier populaire » deviendra le plus vaste projet d’infrastructures de l’histoire du pays. Il permettra d’améliorer le niveau de vie des citoyens et donnera une puissante impulsion au développement de l’entrepreneuriat et de l’économie dans son ensemble.

Cette initiative créera des emplois pour des centaines de milliers de citoyens, et ses effets bénéfiques seront ressentis par l’ensemble de la population, en particulier par les jeunes générations. J’en suis fermement convaincu.

La tâche suivante consiste à accorder une attention particulière au développement des infrastructures logistiques.

Il s’agit de l’un des facteurs essentiels du progrès dynamique de notre pays.

À l’heure actuelle, tous les États s’emploient à développer leur logistique. Sans une logistique de transport performante, même les pays qui occupent aujourd’hui des positions de premier plan finiront par se retrouver à la traîne.

L’année prochaine, la ligne ferroviaire « Bakhty-Ayagoz » sera mise en service dans notre pays. Elle permettra d’augmenter de 20 millions de tonnes la capacité de transport en direction de la Chine.

En août, la construction de la ligne ferroviaire Aral-Caspienne a débuté. Ce projet permettra de raccourcir d’environ mille kilomètres l’itinéraire empruntant le corridor transcaspien et de réduire jusqu’à trois jours les délais de livraison des marchandises.

Le Gouvernement doit exercer un contrôle rigoureux sur la réalisation, dans les délais impartis et dans le respect des exigences de qualité, de tous les projets déjà engagés dans ce domaine.

La logistique mondiale est entrée dans une période de transformation profonde et de développement accéléré.

La vulnérabilité des routes maritimes a renforcé l’importance stratégique des corridors de transport terrestres.

Le Kazakhstan doit saisir cette occasion historique pour devenir, dans les faits, un centre logistique majeur de l’Eurasie.

D’ores et déjà, environ 85 % des marchandises acheminées de Chine vers le continent européen transitent par notre territoire.

Toutefois, se satisfaire de la situation favorable actuelle reviendrait à se condamner à jouer un rôle de suiveur à l’avenir.

Nous devons dès maintenant devenir un véritable organisateur des flux internationaux de marchandises.

Une attention particulière doit être accordée au développement des opérateurs logistiques nationaux ainsi qu’à la création de centres de consolidation et de distribution des marchandises.

Il importe également de développer de nouvelles activités industrielles et des plateformes commerciales autour des pôles de transport.

Notre objectif stratégique est de créer un réseau moderne de voies ferrées et de routes reliant les différentes parties de notre territoire et renforçant le potentiel de transit du pays.

Le volume des marchandises transitant par le Kazakhstan augmente d’année en année.

Cela signifie que nous devons améliorer l’état de nos infrastructures routières, en particulier dans les régions du nord.

Il convient donc d’engager les travaux d’élargissement de la route « Kokchetaou-Petropavlovsk ».

Une attention prioritaire doit être accordée au soutien de nos entrepreneurs spécialisés dans le transport routier de marchandises, car plus de la moitié du transit routier à travers le Kazakhstan est assurée par des entreprises étrangères.

Le moment est venu de s’attaquer concrètement à cette question. Le Gouvernement prendra les mesures appropriées.

L’objectif principal est d’accroître les revenus des citoyens grâce au renforcement du potentiel de transit du pays.

L’année prochaine, il faudra achever la reconstruction de tous les postes-frontières routiers, en garantissant la qualité des travaux.

Jusqu’à récemment, ces travaux avançaient de manière lente et irrégulière.

Nous sommes confrontés à une tâche de la plus haute urgence : assurer la construction de qualité de toutes les routes, sans exception, qu’elles soient d’importance nationale ou locale.

En invoquant diverses dispositions et réglementations, les autorités exécutives, tant au niveau central que local, se sont livrées à un véritable jeu de renvoi de responsabilités, se rejetant mutuellement la question et faisant tout leur possible pour enliser le problème dans un véritable bourbier administratif.

C’est pourquoi je donne instruction au Gouvernement, par l’intermédiaire du Ministère des Transports, de prendre en charge l’ensemble des routes, qu’il s’agisse des routes d’importance nationale, qui représentent environ 26 % du réseau routier total, ou des routes locales relevant de la compétence des akimats.

Je le répète : nous avons besoin de routes de très grande qualité.

Les justifications invoquant la qualité du bitume ou des granulats ne seront pas acceptées.

Je rappelle que, sans routes de qualité dotées d’infrastructures modernes de services aux usagers, le Kazakhstan ne peut prétendre au statut de grande voie de transit mondiale ou de plateforme eurasiatique de transport et de logistique. Tel est l’enjeu. Et cette question doit être résolue coûte que coûte.

Si les frontières deviennent des « goulets d’étranglement » provoquant des embouteillages de plusieurs kilomètres, comme c’est précisément le cas aujourd’hui, il ne saurait être question d’une quelconque position de premier plan pour le Kazakhstan.

Les principaux corridors aériens reliant l’Europe à l’Asie traversent notre territoire. Il s’agit d’un avantage concurrentiel considérable qui, pour l’instant, reste cantonné aux pages de présentations attrayantes.

Pour concrétiser cet avantage, il convient de mettre en place au sol des infrastructures de services développées. C’est une pratique courante à l’échelle mondiale.

Pour l’heure, des revenus considérables passent littéralement au-dessus de notre pays sans lui profiter.

De grands espoirs reposent sur la société privée Air Cargo. Celle-ci dispose d’importantes capacités de financement, notamment pour rémunérer des spécialistes étrangers de haut niveau, et peut prendre ses décisions en toute autonomie. Pourtant, à ce jour, aucune décision ni aucun résultat ne sont au rendez-vous.

J’estime que la confiance qui lui a été accordée doit être honorée, et nous attendons des résultats concrets.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, nous construisons simultanément plusieurs aéroports dans différentes régions.

La remise en état de l’aéroport d’Arkalyk est achevée. La mise en service des aéroports de Zaïssan, Katon-Karagaï et Kenderli est attendue prochainement.

L’année prochaine, nous engagerons la construction d’un aéroport moderne à Astana, avec la participation, en qualité de partenaire, de l’un des leaders mondiaux du secteur.

Pour s’imposer durablement comme une plateforme majeure de transport en Eurasie, le Kazakhstan devra accomplir de nombreuses tâches importantes.

Il s’agit avant tout de procéder à la numérisation intégrale du secteur des transports, y compris des itinéraires internationaux.

À l’ère de l’intelligence artificielle, gérer les flux de transit mondiaux à l’aide de lettres de voiture sur support papier relève de l’absurde.

C’est aussi le chemin le plus direct vers une impasse.

Dans les réalités actuelles, la disponibilité de l’électricité est devenue un facteur déterminant de la compétitivité de chaque État, voire de sa souveraineté économique.

Nous sommes, en substance, entrés dans une « ère de l’électricité ».

Pour le Kazakhstan, il est d’une importance cruciale de transformer son avantage en matière de ressources naturelles en un progrès énergétique et technologique durable.

À vrai dire, les problèmes dans ce domaine sont plus que nombreux.

Nous ne disposons que d’une poignée de professionnels de l’énergie, alors que les forums et les débats consacrés aux questions énergétiques se tiennent avec une fréquence et une ampleur remarquables.

Dans le même temps, le secteur énergétique kazakhstanais est confronté chaque année à un déficit important. C’est pourquoi, durant les périodes hivernales, aux heures dites de pointe, de l’électricité est achetée à prix élevé aux pays voisins, avant de leur être restituée en été à un prix considérablement inférieur.

Voilà un « commerce » bien rudimentaire, qui se poursuit pourtant depuis des décennies.

On m’assure qu’il s’agit d’une pratique normale dans le secteur de l’énergie.

Il n’est donc guère surprenant que l’on ait réussi, à l’époque, à faire échouer la construction, pourtant déjà engagée, de la centrale de cogénération de Balkhach.

Aujourd’hui encore, la mise en service de nouvelles capacités de production d’électricité à Turkestan, Kyzylorda, Almaty et Ekibastouz connaît des échecs.

Le Kazakhstan produit 123 milliards de kilowattheures d’électricité.

Pour un pays dont l’industrie, le secteur de la construction et le complexe agro-industriel sont en plein développement et qui, surtout, prévoit une numérisation intégrale de son économie, l’introduction de l’intelligence artificielle dans tous les domaines de la vie sociale et, par conséquent, la construction de centres de données, ce volume de production d’électricité est catastrophiquement insuffisant.

Nous sommes donc confrontés à une tâche fondamentalement stratégique : parvenir à un excédent énergétique durable d’ici à 2029.

À cette fin, nous devons construire de nouvelles centrales électriques et moderniser celles qui existent, ainsi que les lignes de transport d’électricité, développer pleinement la production d’électricité à partir du « charbon propre » et accorder une attention particulière aux énergies renouvelables, notamment aux centrales solaires.

De manière générale, le Gouvernement devra actualiser le bilan énergétique national unifié à long terme, à l’horizon 2035.

La production d’électricité d’origine nucléaire revêt une importance fondamentale.

À l’issue du référendum national, la bonne décision a été prise de construire des centrales nucléaires, et ce, plusieurs à la fois.

Nous devons dès à présent réfléchir à la manière dont nous assurerons leur approvisionnement en uranium, par exemple dans cinquante ans et au-delà.

J’estime que la proposition de créer une réserve stratégique nationale d’uranium mérite d’être sérieusement examinée, car elle permettrait de couvrir les besoins des centrales nucléaires kazakhstanaises pour le siècle à venir.

Il est important d’associer les partenaires étrangers participant à la construction des centrales nucléaires à la création d’industries de haute technologie au Kazakhstan, au transfert de compétences dans le domaine de l’énergie nucléaire et à la formation de spécialistes nationaux du nucléaire. Des propositions en ce sens émanent d’entreprises russes et chinoises.

J’estime qu’il serait possible et peut-être même nécessaire d’engager, dès l’année prochaine, la construction de la centrale nucléaire de « Balkhach » et de signer un accord de coopération globale afin de permettre le lancement, dans les meilleurs délais, de la construction de la centrale nucléaire de « Moïynkoum ».

Bien entendu, toutes les positions de négociation doivent être soigneusement élaborées et concertées, en tenant compte des intérêts nationaux du Kazakhstan.

En résumé, on peut dire que l’ensemble du pays s’engagera dans une modernisation et une restructuration intégrales de toutes les infrastructures civiles.

Toutefois, pour mener à bien une tâche d’une telle importance stratégique, il est inadmissible de compter uniquement sur les ressources de l’État.

Dans le cas contraire, l’activité entrepreneuriale diminuera et les germes du paternalisme ou, pour le dire plus simplement, d’une mentalité d’assistanat seront semés, cette fois dans l’économie, avec toutes les conséquences que l’on connaît.

Le Gouvernement devra mobiliser toutes les sources de financement à long terme.

Il convient de réfléchir, en concertation avec les acteurs du secteur financier, à la manière d’y parvenir dans le respect de la loi et dans l’intérêt de notre État.

La logique des décisions prises est simple : les fonds publics doivent servir de garantie pour attirer les investissements privés.

En outre, il est nécessaire d’élaborer des mécanismes permettant d’accélérer le développement industriel et technologique de notre pays.

Le Kazakhstan dispose d’une riche base de ressources minérales, ce qui constitue pour nous un avantage stratégique.

Il est donc nécessaire de modifier radicalement nos approches en matière de prospection géologique.

Il est évident que la recherche de nouveaux gisements à l’aide de méthodes obsolètes ne donnera pas de résultats positifs.

Nous devons faire de la géologie un secteur de haute technologie.

Il est extrêmement important de procéder, à l’aide de technologies de pointe, à une exploration approfondie et à grande échelle du sous-sol national, tout en garantissant la transparence et l’accessibilité des données.

Il convient d’attirer activement les capitaux privés dans les activités de prospection et d’exploration de nouveaux gisements.

Aujourd’hui, le rôle des métaux critiques ne cesse de croître. En nous appuyant sur l’expérience internationale, nous devons mettre en place un Système national de gestion des réserves de ces métaux, assorti de mécanismes de financement à long terme des projets dans le secteur minier et métallurgique.

Il est important de garantir, au moyen de contrats d’achat à long terme (offtake agreements), une demande assurée aux producteurs nationaux. Il s’agit de l’une des principales tâches qui incombent au Gouvernement.

Je vous demande de me soumettre les propositions correspondantes d’ici à la fin de l’année, après en avoir discuté avec les milieux d’affaires.

Par ailleurs, selon les experts et les spécialistes, la création d’un Fonds des métaux non ferreux et des terres rares devient nécessaire.

L’objectif final est l’intégration du Kazakhstan dans les chaînes de production mondiales. La politique d’exportation du pays doit également être orientée vers la réalisation de cet objectif.

Le Gouvernement devra établir des partenariats stratégiques avec les leaders mondiaux dans ces domaines.

Dans l’ensemble, les nouvelles entreprises ne doivent pas créer d’obstacles aux activités des entreprises déjà implantées localement. Il convient d’en tenir compte lors de l’attraction des investisseurs, en procédant à une étude approfondie de chaque région et de chaque secteur.

Nous constatons les conséquences négatives auxquelles conduisent les décisions erronées.

À titre d’exemple, une grande entreprise métallurgique, Qarmet, est déjà en activité dans le pays. Malgré cela, l’ouverture d’unités de production similaires est prévue dans trois autres régions avec le concours d’investisseurs. Les produits de ces entreprises trouveront-ils des débouchés sur le marché ? Il est probable qu’aucune réponse claire n’existe à cette question.

Il est donc évident que l’utilité de telles décisions inopportunes est discutable.

Sans un renforcement de la coordination interministérielle, notre économie perdra son potentiel.

Chaque région doit s’appuyer sur ses propres avantages concurrentiels dans le cadre de son développement.

Il est évident que le rôle du Gouvernement dans ce domaine doit être considérablement renforcé.

Dans le même temps, la spécialisation des régions ne doit pas se transformer en une dépendance à l’égard d’un seul secteur ou d’une seule grande entreprise.

Autour de la spécialisation principale, il est nécessaire de constituer un écosystème complet comprenant l’éducation, la recherche appliquée, la logistique, les services, les industries connexes et l’entrepreneuriat technologique.

Je suis convaincu que le programme « Grand chantier populaire » contribuera positivement à la création d’un tel écosystème dans chaque région.

Passons au point suivant. Nous devons déployer tous les efforts nécessaires pour poursuivre le développement dynamique de l’agriculture.

L’année dernière, le secteur a enregistré une croissance de près de 6 %, tandis que la production du complexe agro-industriel a atteint 15 000 milliards de tenges.

Par rapport à l’année précédente, le volume des financements accordés à des conditions préférentielles est passé de 1 000 à 1 500 milliards de tenges.

Toutefois, il s’agit pour l’essentiel de financements à court terme et de fonds de roulement.

Les agriculteurs ont besoin d’un système de financement de grande envergure leur permettant de planifier leurs activités sur le long terme.

C’est pourquoi le Gouvernement doit élaborer des mécanismes efficaces permettant aux exploitants agricoles d’accéder à des ressources d’investissement à long terme.

Le holding « Baïterek » a établi une liste de projets prometteurs dans l’industrie alimentaire, représentant un montant supérieur à 500 milliards de tenges.

Pour assurer leur bonne réalisation, il est nécessaire de ne pas retarder l’octroi de financements à des conditions accessibles et préférentielles, mais d’engager sans délai la mise en œuvre de projets de qualité.

Parallèlement, le moment est venu de procéder à la modernisation technologique de l’agriculture.

L’augmentation de la production nationale de tracteurs et de moissonneuses-batteuses modernes apparaît comme une nécessité actuelle.

Cela permettra d’améliorer l’efficacité de la production agricole.

La semaine dernière, Jensen Huang, cofondateur de l’entreprise NVIDIA et grand entrepreneur de la nouvelle génération, qui s’est rendu à Astana, a proposé de généraliser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’agriculture kazakhstanaise. À mon avis, cette proposition arrive à point nommé et doit être mise en œuvre sans délai.

Il ne fait aucun doute que, si notre pays parvient à réaliser ces projets, l’Eurasie pourrait devenir, en cas de pénurie alimentaire mondiale, c’est-à-dire de famine à l’échelle planétaire, le principal centre d’approvisionnement alimentaire du monde.

Le Kazakhstan dispose de vastes superficies de terres situées le long d’importantes ressources en eau, dont l’irrigation pourrait permettre d’augmenter les rendements des cultures traditionnelles de deux à deux fois et demie.

Toutefois, l’extension des surfaces cultivées doit être réalisée exclusivement à l’aide de technologies avancées d’économie d’eau et de techniques agrochimiques modernes.

Je tiens à souligner tout particulièrement que le problème de la pénurie des ressources en eau dans notre pays exige des mesures systémiques et résolues.

Il est avant tout nécessaire de généraliser les principes d’une utilisation rationnelle et économe de l’eau, une ressource dont il est difficile de surestimer la valeur dans les conditions actuelles.

Le Gouvernement et les akimats doivent renforcer le contrôle de la consommation d’eau, en réduisant les pertes dans les réseaux et en empêchant toute utilisation de l’eau potable à des fins autres que celles auxquelles elle est destinée, notamment dans les stations de lavage automobile. Il est bien entendu absurde d’utiliser de l’eau potable dans les stations de lavage automobile.

Conformément à mes instructions, le Gouvernement a engagé une réforme tarifaire de grande ampleur dans le domaine de la consommation d’eau. Il est nécessaire de mener cette réforme jusqu’à son terme.

Une utilisation économe de l’eau doit devenir un principe obligatoire de toute activité économique.

Pour assurer une comptabilisation complète et fiable des ressources en eau, il est absolument essentiel de tirer pleinement parti des outils numériques.

Cela permettra de prendre des décisions dûment réfléchies lors de la planification de nouvelles unités de production.

C’est pourquoi le Gouvernement doit achever, dans les plus brefs délais, la mise en place du Système national d’information sur les ressources en eau.

En outre, il convient de concentrer les efforts sur la transformation approfondie des produits agricoles.

Nous disposons déjà d’exemples de réussite.

Dans la région de Kyzylorda, malgré des conditions climatiques difficiles, le maïs et le soja sont cultivés et transformés.

Dans la région du Turkestan, une entreprise chinoise met en place un complexe moderne intégré de production cotonnière et textile, dans lequel une attention particulière est accordée à l’utilisation rationnelle de l’eau.

Le Gouvernement doit généraliser cette expérience et apporter en temps utile son soutien aux investisseurs.

Une approche similaire doit également être appliquée à l’élevage.

Aujourd’hui, sur la base de l’expérience de la région du Kazakhstan du Nord, 71 exploitations laitières ont été mises en service dans le pays, pour une capacité totale de production supérieure à 462 000 tonnes de lait par an.

Dans la région d’Akmola, un pôle de production de viande est en cours de création, en s’appuyant sur les meilleures pratiques étrangères.

De tels projets méritent d’être soutenus, y compris financièrement, lorsque cela s’avère nécessaire.

Parallèlement à la production et à la transformation, il est nécessaire d’améliorer le système de stockage et de commercialisation des produits agricoles.

Les grands holdings comme les petites exploitations agricoles doivent bénéficier d’un accès garanti aux centres de logistique agricole.

Dans l’ensemble, dans le cadre du programme « Grand chantier populaire », il convient également d’accorder une attention particulière au développement. Cela revêt une importance stratégique.

Le Gouvernement et le holding « Baïterek » doivent prendre conjointement des décisions concrètes.

Pour développer les principaux secteurs de l’économie, il convient d’accorder une attention prioritaire aux projets visant la transformation approfondie des produits et l’augmentation de la productivité du travail.

En particulier, nous devons assurer la production nationale de matériaux de construction, de structures métalliques et d’équipements techniques nécessaires à la réalisation de grands projets d’infrastructures.

J’estime que de telles initiatives doivent constituer le fondement du programme « Grand chantier populaire ». Il est inadmissible d’utiliser les ressources du Fonds national pour financer les importations. Il s’agit d’une condition fondamentale.

Pour donner une nouvelle impulsion au développement de l’économie, il est nécessaire d’attirer les grandes entreprises mondiales et nationales disposant de technologies de pointe, de l’expertise nécessaire et de capacités importantes d’accès aux marchés mondiaux.

L’efficacité des investissements doit être évaluée en fonction du nombre et de la qualité des capacités de production mises en service, ainsi que de leur contribution réelle à l’économie.

La concurrence mondiale pour attirer les ressources d’investissement s’intensifie.

L’amélioration de la compétitivité dépend directement de la rapidité de la prise de décision et de la célérité de leur mise en œuvre.

Cependant, notre pays manque de cohérence dans ses efforts visant à attirer et à soutenir les investisseurs.

Les actions de certains organismes et responsables sont désordonnées et insuffisamment coordonnées.

Il en résulte un manque de vision globale, de coordination systémique, de planification à long terme et de connaissances nécessaires.

C’est pourquoi la gestion de la politique d’investissement doit être centralisée au sein d’une structure unique.

J’estime qu’il est nécessaire de résoudre ce problème ancien et de mettre en place une institution chargée, de manière systématique, d’attirer les capitaux.

À l’heure actuelle, un tel système n’existe pas, tandis que plusieurs organismes publics disposent de compétences qui se chevauchent.

Dans les circonstances actuelles, les anciennes approches sont devenues obsolètes et ne répondent plus aux exigences de notre époque.

La solution la plus efficace pourrait consister à déléguer au holding « Baïterek » un ensemble de questions relatives à la politique d’investissement.

Dans le même temps, les Ministères de l’Économie et des Affaires étrangères continueront d’exercer une partie de leurs compétences dans ce domaine.

Abordons maintenant une autre question d’actualité.

Je considère que l’importance considérable de la construction de la ville d’Alataou, conçue comme une ville à développement accéléré et destinée à offrir un environnement favorable aux investissements et à l’entrepreneuriat, est désormais devenue évidente pour la majorité de nos concitoyens.

La condition essentielle de l’attractivité à long terme de toute juridiction internationale réside dans l’efficacité de son système judiciaire.

C’est pourquoi il convient de mettre en place à Alataou un système judiciaire garantissant une administration de la justice de haute qualité.

Un tribunal des investissements, fondé sur le modèle anglais de la common law, sera chargé de connaître des affaires commerciales.

Toutes les autres questions relevant du régime juridique spécial seront de la compétence du tribunal civil.

Le Gouvernement devra soumettre au Kouroultaï, d’ici à la fin du mois de janvier 2027, les amendements correspondants à la loi constitutionnelle « relative au régime juridique spécial de la ville d’Alataou ».

Je tiens à rappeler que les intérêts des investisseurs sérieux et honnêtes bénéficient de la protection juridique la plus forte et la plus fiable qui soit : celle de la Constitution elle-même.

Je souhaiterais maintenant aborder les questions relatives au développement des petites et moyennes entreprises.

À ce jour, leur contribution au PIB a atteint 40 %, tandis que leur part dans les investissements en capital fixe s’est rapprochée de 70 %.

Il ne fait aucun doute que les petites entreprises sont devenues une force motrice de l’économie nationale, ce qui constitue un indicateur particulièrement significatif.

Actuellement, un tiers des petites entreprises sont concentrées dans le secteur du commerce, ce qui rend d’autant plus nécessaire la diversification de la structure de ce secteur.

Le Gouvernement a pour mission d’adopter un Plan global de développement des moyennes entreprises, qui devra définir les mécanismes de financement à long terme et de modernisation technologique des entreprises.

Il est nécessaire de créer les conditions d’une coopération étroite entre les moyennes entreprises et les grandes entreprises, notamment en ce qui concerne la commercialisation de leurs produits.

Quoi qu’il en soit, l’État demeure un donneur d’ordre important dans notre économie.

Il convient donc d’améliorer les approches visant à associer les petites et moyennes entreprises aux marchés publics des organismes de l’État et des entreprises du secteur quasi public.

Une partie du volume des marchés pourrait être réservée aux petites et moyennes entreprises.

Dans le même temps, il est nécessaire d’assouplir les exigences imposées aux fournisseurs.

Il est extrêmement important de garantir aux entrepreneurs des règles du jeu stables.

Le contrôle exercé par l’État est relativement libéral, mais son influence sur les activités des entreprises persiste à travers les amendes, les inspections inopinées et les contrôles sur pièces entraînant le blocage des comptes.

Une telle influence ne saurait en aucun cas être qualifiée de positive.

On pourrait penser que la situation s’améliore, puisque, sur le seul premier semestre, le nombre d’infractions commises par les entrepreneurs individuels a diminué de 34 %. Pourtant, dans le même temps, le montant des amendes a augmenté de près de 11 %, tandis que le nombre d’inspections inopinées a été multiplié par plusieurs dizaines.

Or, l’analyse de l’activité économique montre qu’il suffit tout simplement de ne pas entraver les entreprises.

À cet égard, l’expérience du moratoire sur les inspections des microentreprises et des petites entreprises, appliqué de 2020 à 2023, est instructive. Cette expérience a démontré son efficacité.

Je propose aux députés du Kouroultaï d’examiner, conjointement avec le Gouvernement, l’opportunité d’instaurer, à compter du 1er janvier 2027, un nouveau moratoire de trois ans, en tenant compte de tous les aspects positifs et négatifs du précédent moratoire.

Cette mesure doit être considérée comme une pause stratégique destinée à repenser le système de contrôle et de surveillance et à assurer la transition vers un modèle de régulation numérique.

Dans le même temps, nous continuons de recevoir des recours de la part d’entrepreneurs faisant l’objet de poursuites pénales pour des infractions économiques.

Il convient donc de prendre des mesures visant à poursuivre la dépénalisation des infractions économiques.

Il est important de garantir des conditions égales et équitables à tous les entrepreneurs, en particulier aux petites et moyennes entreprises.

Dans certains cas, cette exigence n’est pas respectée.

En témoigne le fait que nos producteurs, notamment dans l’industrie alimentaire, sont confrontés à toute une série de difficultés. Qui plus est, des obstacles réglementaires sont même érigés à leur encontre.

Par exemple, les produits importés font l’objet de pratiques de dumping, tandis que des barrières artificielles entravent l’accès des produits locaux aux rayons des commerces. Appelons les choses par leur nom : c’est de la corruption. Il faut mettre un terme, une fois pour toutes, à ces pratiques manifestement nuisibles.

Il ne fait aucun doute qu’une telle situation réduit considérablement la compétitivité des produits et des entreprises nationaux.

Il est tout à fait évident que, si nous ne réprimons pas fermement de tels agissements, ils porteront préjudice au développement de notre économie.

Autrement dit, protéger les entreprises, c’est renforcer la souveraineté de l’économie nationale. On peut affirmer, sans exagération, qu’entraver illégalement l’activité des entrepreneurs constitue un crime contre l’État.

Il est donc nécessaire d’améliorer et de renforcer les mécanismes de soutien aux entrepreneurs. Ce travail peut également être mené dans le cadre des associations professionnelles du commerce.

Passons au point suivant. Le Kazakhstan a l’obligation, et j’insiste sur ce terme, de bâtir une économie numérique.

En faisant preuve de réalisme et en évaluant correctement nos capacités, nous devons tirer parti de tout ce que les nouvelles technologies peuvent offrir de meilleur pour le bien-être de notre peuple.

La construction des principales infrastructures nécessaires à la mise en œuvre de la stratégie globale « Digital Qazaqstan » a déjà commencé.

Deux supercalculateurs ont été mis en service et un troisième supercalculateur de grande puissance sera opérationnel d’ici à la fin de l’année.

La pose d’une liaison principale en fibre optique au fond de la mer Caspienne est achevée, et des centres de données sont en cours de construction.

Et ce n’est là qu’une petite partie du travail de transformation numérique du pays. Nous n’en sommes qu’au début d’un long parcours qui doit nous conduire vers un nouveau modèle technologique.

Pour rester en phase avec notre époque, il est nécessaire de se concentrer sur l’obtention de résultats concrets.

Mais nous devons reconnaître que, pour l’instant, les paroles l’emportent sur les actes. La véritable transformation numérique est parfois remplacée par la simple automatisation des processus existants ou par l’organisation de diverses manifestations.

La transformation numérique ne doit pas se limiter à l’acquisition de logiciels coûteux sans que leur utilité pratique soit clairement comprise.

En réalité, nous venons seulement d’entamer les travaux relatifs à la commercialisation de l’intelligence artificielle, à la tokenisation des actifs, au développement des technologies de la blockchain et des écosystèmes de plateformes numériques.

Il nous appartient d’élaborer un programme d’application concrète de la transformation numérique à l’économie.

Aujourd’hui, des millions de nos citoyens utilisent quotidiennement les plateformes de commerce en ligne, les services de livraison de repas et de réservation de taxis, ainsi qu’une multitude d’autres services, notamment bancaires, domaine dans lequel le Kazakhstan, il faut le reconnaître, a devancé de nombreux pays pourtant considérés comme avancés.

Mais nous devons continuer à progresser.

Nous disposons de tout ce qui est nécessaire pour donner une puissante impulsion au développement d’une économie numérique véritablement hautement productive.

Notre jeunesse est instruite et créative, l’accès à Internet est largement disponible dans le pays et une infrastructure numérique développée a été mise en place.

Aujourd’hui, tout citoyen peut, en quelques minutes, ouvrir un compte bancaire, souscrire à un paiement échelonné ou acheter un produit sans quitter son domicile.

À la prochaine étape de la transformation numérique, nous devons passer de la garantie de l’accès aux services à l’élargissement des possibilités individuelles.

Nous devons changer de paradigme et examiner les défis auxquels nous sommes confrontés sous un autre angle.

Notre objectif est de bâtir une économie numérique véritablement au service du peuple.

Dans la conscience collective, Internet doit être perçu non seulement comme un espace de consommation et de divertissement, mais aussi comme un espace virtuel de création et de travail.

Pour nos citoyens, les smartphones peuvent et doivent devenir non pas tant un moyen de loisir, un jouet coûteux qui fait perdre du temps, qu’un outil de travail efficace.

C’est pourquoi le Gouvernement mettra en place, d’ici à la fin de l’année, un régime juridique simplifié pour l’emploi numérique.

Pour bâtir une économie numérique populaire, il est important que les possibilités offertes aux citoyens ne dépendent pas de leur lieu de résidence.

Nos citoyens, qu’ils vivent en milieu rural ou dans les villes, doivent apprendre à utiliser leur smartphone comme un outil leur permettant de percevoir des revenus légaux.

Il conviendra d’associer les mesures publiques existantes de soutien à l’entrepreneuriat aux possibilités offertes par les plateformes privées de commerce en ligne, les banques, les entreprises de logistique et les services numériques.

Outre l’octroi de crédits et de subventions, des outils numériques supplémentaires sont nécessaires pour la production et la commercialisation des biens.

L’année prochaine, le Gouvernement devra, conjointement avec les milieux d’affaires, lancer dans plusieurs régions des projets pilotes de développement numérique qui aideront les producteurs ruraux à organiser la commercialisation de leurs produits.

Les pratiques ayant fait leurs preuves devront être généralisées à toutes les régions.

Il convient d’exploiter pleinement le potentiel de la tokenisation des actifs, c’est-à-dire leur transposition dans l’environnement numérique.

Cela permettra aux citoyens de devenir copropriétaires d’entreprises et de différents actifs, et aux entrepreneurs de lever directement des capitaux, sans intermédiaires superflus.

L’objectif stratégique de la construction d’une économie numérique populaire consiste à mettre les possibilités offertes par les technologies modernes au service du bien-être de chaque citoyen.

Au cours de cette Année de la numérisation et de l’intelligence artificielle, nous avons donné une puissante impulsion à l’édification d’un État progressiste et technologiquement avancé.

Il nous appartient désormais de poursuivre ce travail de manière systématique et de bâtir une économie numérique fondée sur l’intelligence artificielle.

Le Gouvernement, les entreprises nationales et le secteur des industries créatives doivent participer à ce processus de la manière la plus active possible.

Il s’agit d’une mission d’importance nationale majeure, pleinement conforme aux exigences de la nouvelle époque.

Pour bâtir l’économie de demain, nous devons nous affranchir une fois pour toutes des stéréotypes bien ancrés et des approches dépassées, en établissant des fondements structurels entièrement nouveaux pour notre société.

Il s’agit, en substance, d’une mission nationale permanente, tournée vers l’avenir et visant à assurer le bien-être des générations futures dans des réalités technologiques entièrement nouvelles.

Aussi complexe, difficile et riche en défis que puisse être l’ère numérique qui s’annonce, nos objectifs demeurent inchangés : façonner un nouveau visage de notre État et rester fidèles à notre orientation vers la modernisation et le renouveau.

Je propose de déclarer l’année prochaine « Année du Grand chantier populaire».

Dans chaque chef-lieu de région, dans les districts et même dans les localités, nous devons entreprendre la construction et la rénovation des infrastructures civiles : routes, aéroports, gares, établissements médicaux de tous types, y compris les centres de réadaptation destinés aux enfants ayant des besoins particuliers, ainsi que les centres de création artistique, les installations sportives, les bibliothèques et les centres scientifiques.

Et, bien entendu, nous devons poursuivre la construction de logements.

Ainsi, notre réponse collective et populaire à l’avènement de l’ère de l’intelligence artificielle est la suivante : construire, et encore construire !

La Constitution consacre l’amélioration du bien-être de la population comme l’un des principes fondamentaux de l’action de l’État.

Je tiens à souligner tout particulièrement que toutes nos initiatives sont entreprises exclusivement dans l’intérêt du peuple, et avant tout des jeunes générations.

Une autre tâche prioritaire consiste à améliorer radicalement la qualité de l’administration publique.

Des fonds budgétaires considérables sont alloués à la modernisation des infrastructures, à la numérisation à grande échelle et au développement du secteur industriel, tandis que des investissements privés sont également mobilisés.

À cet égard, une attention particulière doit être accordée à la sélection rigoureuse des grands projets de construction, à la collaboration avec des entreprises fiables et au contrôle strict de chaque étape de la mise en œuvre des initiatives.

L’appareil d’État doit être prêt à accomplir cette tâche avec professionnalisme et de manière irréprochable.

En outre, il convient de repenser en profondeur les approches en matière de politique macroéconomique.

Ces dernières années, le Gouvernement a procédé à une révision complète des systèmes budgétaire et fiscal.

Toutefois, l’efficacité de la politique publique doit être évaluée avant tout à l’aune du niveau de bien-être et de l’activité économique des citoyens.

C’est pourquoi notre objectif principal est d’accroître les revenus de la population, ce qui exige en premier lieu une lutte systématique contre l’inflation.

L’inflation est, pour employer une image, un ennemi silencieux qui mine jour après jour le bien-être de nos citoyens.

Bien que le rythme de la hausse des prix ait quelque peu ralenti, le niveau de l’inflation demeure encore élevé.

Le Gouvernement et la Banque nationale doivent agir de manière concertée et coordonnée. Il est impératif de stabiliser et de réduire l’inflation : c’est une tâche prioritaire.

Le Gouvernement doit mener une politique budgétaire et fiscale aussi équilibrée que possible, créer des conditions favorables au renforcement du potentiel productif de l’économie et à l’amélioration de la productivité des entreprises.

Les autorités de régulation du marché financier doivent également s’acquitter de leurs missions avec rigueur et efficacité.

Aujourd’hui, le système financier du Kazakhstan présente un niveau de stabilité relativement élevé.

Les actifs des banques nationales ont dépassé 75 000 milliards de tenges (150 milliards de dollars), ce qui en constitue une preuve convaincante.

Le volume des dépôts a atteint un niveau record de 52 000 milliards de tenges (105 milliards de dollars), dont 78 % sont libellés en monnaie nationale, ce qui témoigne de la valeur croissante du tenge, notre monnaie nationale.

La prochaine tâche essentielle consiste à orienter les ressources financières accumulées vers le secteur réel de l’économie.

À cet égard, le moment est venu pour la Banque nationale, parallèlement à sa mission de garantie de la stabilité des prix et de la stabilité financière, de participer de la manière la plus active possible à la mise en œuvre d’initiatives ouvrant la voie au développement économique.

Notre économie a besoin de financements à long terme dont l’ampleur dépasse les capacités du budget et des institutions de développement.

Les banques doivent participer très activement au financement des investissements des entreprises par le crédit. C’est leur mission principale.

Pour cela, il convient de créer les conditions appropriées, notamment par une régulation efficace des liquidités disponibles dans le système bancaire. Or, ces liquidités sont présentes en quantités considérables.

Nous n’avons pas de temps à consacrer à des discussions interminables. Il nous faut des décisions qui engageront le pays sur la voie du progrès.

Il convient de mettre en place de nouveaux mécanismes de crédit à long terme destinés aux secteurs clés de l’économie, avec la participation des banques, des institutions de développement, des organisations financières internationales et d’autres sources de financement.

Il nous appartient d’élargir considérablement les possibilités offertes par le marché des capitaux.

C’est pourquoi il est important d’encourager les entreprises privées à recourir activement aux instruments boursiers.

Une tâche d’une importance cruciale consiste à mobiliser des sources de financement supplémentaires et à renforcer la discipline en matière d’investissement.

Des mécanismes concrets doivent être prévus dans la loi sur le marché des capitaux en cours d’élaboration.

Une attention particulière doit être accordée à la mise en place d’un écosystème financier national unifié.

La Bourse du Kazakhstan, le Centre financier international d’Astana et Alatau City doivent travailler en étroite collaboration.

La Banque nationale et le Gouvernement devront élaborer une Stratégie unifiée de développement du marché financier du Kazakhstan.

Un autre facteur important de stabilité macroéconomique à long terme est la politique budgétaire.

Le Code budgétaire adopté l’année dernière a permis de gérer efficacement les fonds publics et de renforcer la discipline financière. Néanmoins, il convient de tenir compte du fait que les dépenses augmentent d’année en année. Il est donc nécessaire de continuer à améliorer la qualité de la planification et de la gestion des finances publiques.

Afin de prévenir les dépenses injustifiées et inefficaces, il serait opportun de tirer parti des possibilités offertes par les technologies de l’intelligence artificielle.

En outre, il convient d’achever la numérisation du système du Trésor public.

Il est nécessaire de mettre en place un système reposant sur une méthodologie unifiée de gestion des flux budgétaires.

J’attends des propositions concrètes du Gouvernement et de la Banque nationale.

La priorité suivante concerne l’amélioration de la politique fiscale.

Le nouveau Code fiscal a jeté les bases d’une refonte globale de l’ensemble du système.

Toutefois, une réforme d’une telle ampleur fait inévitablement apparaître des questions qu’il est difficile d’anticiper au stade de son élaboration.

Par conséquent, les entreprises rencontrent des difficultés dans l’application de certaines dispositions.

Le Code fiscal n’est ni un dogme ni une écriture sacrée, et il ne doit pas être déconnecté de la réalité.

Il convient donc de supprimer les contradictions, d’éliminer toute ambiguïté dans l’interprétation des dispositions, de corriger les déséquilibres et d’alléger les charges excessives pesant sur les entrepreneurs.

Le système fiscal ne doit pas priver les entreprises des incitations à se développer, ni entraver l’attraction des investissements et la création d’emplois.

C’est pourquoi le Gouvernement doit être à l’écoute des entreprises et élaborer un ensemble de modifications ciblées de la législation fiscale.

Ce travail doit être mené avec une rigueur absolue, afin de ne pas modifier sans cesse les règles auxquelles les entrepreneurs doivent se conformer. Notre législation est devenue si volumineuse et si difficile à comprendre qu’elle constitue un véritable casse-tête pour les entrepreneurs.

Je souhaite aborder séparément la question de l’équité fiscale.

J’estime que le moment est venu d’examiner l’introduction d’un taux d’imposition majoré pour les détenteurs de grandes fortunes.

Je tiens à souligner que personne n’envisage de restreindre de quelque manière que ce soit les actifs légalement acquis. Cela serait contraire à la Constitution elle-même.

Il s’agit d’assurer une contribution proportionnée et équitable de chaque citoyen au développement de notre pays. Il s’agit d’une question de justice.

Le Gouvernement et le Kouroultaï devront étudier cette question et soumettre des propositions.

L’équité fiscale exige de la transparence et, par conséquent, une numérisation intégrale.

Il convient de recourir aux technologies de pointe, notamment à l’intelligence artificielle, afin d’améliorer le recouvrement des impôts, de réduire l’économie souterraine et de limiter les risques de corruption.

Dans les conditions actuelles, le système juridique est devenu l’un des facteurs les plus importants pour assurer l’introduction réussie des innovations et renforcer la compétitivité de l’économie.

Le Code civil actuellement en vigueur, adopté dans les années 1990, a incontestablement pleinement rempli sa mission historique.

Il a permis de mettre en place les institutions fondamentales de l’économie de marché, de consacrer l’inviolabilité de la propriété et de jeter les bases juridiques des relations civiles dans une nouvelle époque historique.

Toutefois, quelle que soit sa qualité, le Code civil a été élaboré pour une économie en transition, à une époque où les technologies numériques étaient totalement absentes.

Il est évident qu’au cours des trente dernières années, le monde comme notre société ont profondément changé.

C’est pourquoi j’estime nécessaire d’adopter un nouveau Code civil, qui posera les fondements d’une transition progressive vers l’économie de demain.

Cela permettra de garantir la stabilité du cadre juridique régissant les activités des entreprises, des investisseurs et des citoyens dans les réalités actuelles.

Je demande aux députés du Kouroultaï d’engager, conjointement avec le Gouvernement, l’élaboration de cet important document.

Je compte sur le Kouroultaï pour adopter le nouveau Code civil d’ici à la fin de l’année prochaine.

Le programme « Grand chantier populaire » répond non seulement à des impératifs économiques, mais également aux déséquilibres structurels accumulés au fil du temps.

La croissance démographique et les migrations intérieures exercent une pression excessive sur les infrastructures sociales, dont beaucoup fonctionnent déjà à la limite de leurs capacités.

Ce problème ne date pas d’hier.

Au cours des décennies précédentes, il était courant de chercher à masquer les erreurs et les insuffisances de l’administration publique par une augmentation massive des aides sociales, autrement dit en cherchant à s’attirer les bonnes grâces des citoyens.

Les ressources publiques étaient tout simplement dispersées : même des familles relativement aisées percevaient des prestations, tandis que la pénurie d’écoles et d’hôpitaux accessibles s’aggravait rapidement.

Cette situation favorisait le paternalisme et la progression des mentalités d’assistanat au sein de la société, tout en encourageant des abus manifestes et des pratiques de corruption dans le système de protection sociale.

Il faut bien comprendre que la multiplication excessive d’avantages et de prestations injustifiés témoigne d’un manque de maturité institutionnelle, voire de la faiblesse de l’appareil d’État, ainsi que d’une absence de vision à long terme dans la volonté d’assurer un avenir favorable à la nation.

Une prétendue bienveillance envers la population, financée par les deniers publics, constitue en réalité une forme de populisme qui dissimule cyniquement toutes sortes de manœuvres frauduleuses contraires aux intérêts du peuple et au développement durable du pays.

Telle est la conception du monde de ceux qui vivent uniquement au jour le jour, sans vision stratégique ni sens de l’État au sens large du terme.

Il est donc important de revoir fondamentalement la politique sociale et de la réorienter, en passant de la résolution des problèmes immédiats à la réalisation d’objectifs stratégiques.

Je le répète : la mission principale du Gouvernement est de garantir le caractère ciblé de l’aide publique, en la destinant aux personnes qui en ont réellement besoin.

Dans l’ensemble, ce domaine connaît de nombreux problèmes urgents, et le Gouvernement doit présenter ses propositions et ses solutions.

Les nouvelles approches font actuellement l’objet de discussions actives au sein de la société, et les citoyens expriment diverses inquiétudes.

Sur cette question sensible, il faut éviter tout excès.

Toute réforme doit être mûrement réfléchie, soigneusement élaborée et tenir compte de la situation réelle des citoyens.

C’est pourquoi les nouveaux mécanismes de soutien social et les systèmes numériques doivent d’abord être testés.

Leur introduction doit se faire à titre pilote et de manière progressive, et leur généralisation ne doit intervenir qu’après vérification des résultats obtenus.

De manière générale, au lieu d’encourager le paternalisme et de rendre les citoyens dépendants des prestations sociales, l’État doit concentrer ses efforts sur le renforcement des infrastructures sociales et l’élargissement des perspectives de vie des citoyens.

Cela permettra d’améliorer la qualité du capital humain et, surtout, de créer les conditions propices au développement harmonieux et complet des jeunes générations.

Le Kazakhstan compte environ sept millions d’enfants, soit 34 % de sa population.

Chaque année, plus de 330 000 naissances sont enregistrées.

Une croissance démographique aussi dynamique exige d’anticiper les besoins par la construction d’établissements de santé.

Dans le cadre de la première phase du programme de construction de grande envergure, huit centres périnataux modernes seront construits.

Parallèlement, la construction de sept hôpitaux pédiatriques pluridisciplinaires est prévue à Atyraou, Aktobé, Almaty, Chymkent, Kaskelen, Semeï et Aktaou, ainsi que celle de deux établissements à Astana.

Il est important de mobiliser, dans le cadre de ce travail de grande envergure, non seulement des ressources budgétaires, mais aussi des capitaux privés.

La réussite des projets de partenariat public-privé déjà engagés doit constituer un bon exemple pour attirer les investissements privés dans les infrastructures sociales.

Il convient d’éviter tout retard dans les procédures et la prise de décision.

Parallèlement, il est nécessaire de moderniser le système de soins de santé primaires en élargissant les compétences des médecins généralistes et en augmentant progressivement son financement.

Je donne instruction au Gouvernement d’augmenter, à compter du 1er janvier 2027, jusqu’à 40 % les salaires des professionnels des services de soins de santé primaires de secteur, au titre de leur ancienneté professionnelle continue.

Cela permettra d’augmenter les revenus de plus de 77 000 personnes.

L’État procédera à une augmentation progressive du salaire minimum.

Je donne instruction au Gouvernement de porter, à compter du 1er janvier 2027, le salaire minimum de 85 000 à 110 000 tenges. Cette mesure permettra d’augmenter les revenus de près de 1,8 million de citoyens, dont plus de 370 000 agents du secteur public.

L’éducation inclusive mérite une attention particulière.

Au Kazakhstan, plus de 237 000 enfants présentent des besoins éducatifs particuliers et, malheureusement, leur nombre augmente depuis quelques années.

Comme je l’ai déjà indiqué, le Gouvernement doit, conjointement avec les akims, prendre des mesures pour développer les infrastructures de l’éducation inclusive.

Dans le cadre du programme de construction de grande envergure, cette question ne doit pas être négligée.

Il est nécessaire de prendre des mesures systématiques visant à remédier à la pénurie de spécialistes et à assurer le dépistage précoce des enfants ayant des besoins éducatifs particuliers.

Dans ce travail, je compte sur le concours actif du Fonds « Қазақстан халқына » (« Au peuple du Kazakhstan »).

Une autre question d’actualité mérite notre attention.

Je sais que les difficultés rencontrées dans la réforme du système d’enseignement font l’objet de nombreuses discussions au sein de la société.

Toute modification dans ce domaine doit viser à faciliter le travail des enseignants et à réduire leur charge de travail excessive.

Ce n’est un secret pour personne que, dans les faits, cet objectif n’est pas pleinement atteint.

Autrefois, les enseignants croulaient sous la paperasserie. Aujourd’hui, ils sont occupés à remplir d’innombrables rapports sur différentes plateformes et dans divers systèmes numériques.

La mission fondamentale des enseignants est de dispenser aux enfants une éducation de qualité et de former une génération consciente de ses responsabilités.

Il est nécessaire de mettre fin à tout ce qui entrave l’accomplissement de cette mission.

Nous devons défendre les intérêts des enseignants.

Ces derniers temps, les cas d’élèves proférant des insultes grossières à l’encontre de leurs enseignants se sont multipliés, allant parfois jusqu’à des violences physiques.

Dans de telles situations, les directions des établissements scolaires exercent généralement, elles aussi, des pressions sur les enseignants. Cela est inacceptable.

L’examen de tels incidents doit être mené de manière approfondie et sous tous leurs aspects.

La responsabilité incombe ici, à parts égales, à tous : à la famille, à l’élève, à l’enseignant et à l’établissement scolaire.

Le Ministère de l’Éducation doit assurer un suivi particulièrement rigoureux de cette question.

 

Mesdames et Messieurs les députés du Kouroultaï,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Comme je l’ai déjà indiqué, notre pays entre dans un nouveau cycle historique.

À ce tournant décisif, nous devons procéder à un réexamen critique de l’ensemble de nos plans et stratégies nationaux.

Nous devons clairement comprendre avec quels « acquis » nous aborderons la prochaine étape majeure de notre Indépendance.

Une vision à long terme nous permettra de définir les tâches et les priorités actuelles, afin de poursuivre résolument notre orientation stratégique souveraine et de concrétiser nos projets de développement.

C’est pourquoi l’Administration présidentielle devra, conjointement avec l’Agence de planification stratégique et des réformes et avec la participation des centres de recherche, en premier lieu de l’Institut kazakhstanais d’études stratégiques, élaborer, dans un délai d’un an, un document présentant une vision à long terme des priorités du développement du pays. J’estime que les députés pourraient également apporter une contribution substantielle à l’élaboration de ce document d’une très grande importance.

Toutefois, il convient de commencer par la réforme du système d’administration publique.

L’entrée en vigueur de la Constitution a entraîné un renouvellement du système politique. Dans le même temps, les missions confiées à l’ensemble des organismes publics sont naturellement devenues plus complexes.

La nécessité d’une réforme de l’administration publique, fondée sur une nouvelle stratégie de développement de celle-ci, est devenue particulièrement urgente.

L’objectif central doit être d’améliorer l’efficacité de l’ensemble de l’appareil d’État et de chaque fonctionnaire.

Il conviendra, en premier lieu, de restructurer l’organisation de l’administration à tous les niveaux, du Gouvernement jusqu’aux akims des villages.

Cette structure doit être adaptée au fonctionnement dans un environnement numérisé et à l’interaction avec l’intelligence artificielle.

Les organismes publics doivent être encouragés à prendre des initiatives rationnelles et à prendre des décisions. Ils doivent connaître et comprendre clairement leurs compétences ainsi que les mécanismes de fonctionnement de l’ensemble de l’appareil d’État.

Grâce à l’intelligence artificielle, il convient de mettre fin aux chevauchements de fonctions et d’éliminer les déséquilibres structurels.

Il est important de débarrasser l’appareil d’État du poids de la bureaucratie et de tout ce qui ralentit la prise de décision et freine le progrès.

Les fonctionnaires doivent être des modèles de compétence.

Malheureusement, ce n’est pas encore ce que nous constatons.

Il convient également d’élaborer les principes d’une nouvelle éthique de la fonction publique.

Dans l’exercice de leurs fonctions, les agents publics doivent être guidés par les dispositions de la Constitution et servir la Patrie et le peuple.

Il ne s’agit pas de changements ponctuels ou cosmétiques, mais d’une véritable réforme qui entraînera toute une série de mesures d’ordre juridique et financier.

L’Administration présidentielle présentera, d’ici au 1er juin 2027, un Plan global de réforme du système d’administration publique.

Autrement dit, il nous appartient de mettre en place un modèle de gouvernance publique adapté à une nouvelle économie fondée sur la numérisation et l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Nous poursuivons un seul grand objectif : bâtir un Kazakhstan Juste, Fort, Intègre et Progressiste.

Nous sommes entrés dans une époque porteuse d’immenses possibilités, mais aussi d’immenses risques.

C’est précisément dans de telles périodes décisives que se révèle le caractère d’une nation.

L’inertie et l’attentisme équivalent à une défaite historique.

La seule réponse appropriée aux défis de notre époque consiste à agir dans une logique d’anticipation stratégique, en façonnant l’architecture du Kazakhstan de demain.

Faute de quoi, nous resterons enfermés dans une dynamique de rattrapage sans fin.

La mesure suprême du progrès de l’État et les principaux destinataires des résultats positifs de toutes les réformes ou, comme il est aujourd’hui d’usage de le dire, leurs bénéficiaires sont nos citoyens.

C’est pourquoi l’idée de Justice se trouve au cœur de mon orientation stratégique.

En entrant dans un nouveau cycle historique, nous entreprenons la construction et la rénovation de l’ensemble de nos infrastructures civiles.

Au cours des prochaines années, un essor de la construction gagnera toutes les régions.

Comme cela a été indiqué, nous construirons des autoroutes, des installations industrielles et énergétiques, des voies ferrées, des ponts, des réseaux d’ingénierie, des ouvrages hydrauliques, des écoles, des hôpitaux, des complexes sportifs et, bien entendu, des équipements culturels.

La construction d’infrastructures modernes est étroitement liée à l’ouverture de dizaines de nouvelles unités de production et, surtout, au développement d’une économie numérique populaire.

Ainsi, grâce à la discipline, au sens des responsabilités et à un travail acharné, nous transformerons ensemble, dans un avenir très proche, radicalement le visage de nos villages et de nos villes, et ferons de notre maison commune la République du Kazakhstan un État à la fois plus puissant et plus attractif.

En suivant le principe « La Loi et l’Ordre » et en travaillant avec conscience, nous atteindrons assurément tous les objectifs fixés et laisserons un héritage digne de ce nom à nos descendants.

Je répète ce que j’ai déjà affirmé à maintes reprises : face à des défis mondiaux sans précédent, nous devons renforcer par tous les moyens l’unité de la nation et les fondements sociaux de notre société.

C’est précisément là que réside la garantie du plein succès de nos ambitions et de nos projets stratégiques.

Je suis convaincu qu’en suivant cette voie, le Kazakhstan occupera une place digne de lui à l’avant-garde de la civilisation mondiale.

D’une manière générale, pour assurer la réussite de toute réforme, il ne suffit pas d’améliorer les lois et de renforcer les institutions politiques.

Le progrès durable du pays est avant tout lié à l’évolution des mentalités des citoyens et à l’émergence d’une nouvelle éthique sociale.

Le concept « Adal Azamat » («Citoyen Honnête») doit devenir une partie intégrante de notre vie.

Comme le dit un proverbe populaire : « Әрекет түбі – берекет » (« Le travail est le fondement de la prospérité »).

En effet, on ne saurait surestimer la valeur d’un patriotisme actif et créateur.

Être patriote, c’est respecter la Loi, observer l’Ordre et travailler sans relâche pour le bien de la Patrie.

Je vois le Kazakhstan comme un État Juste et Progressiste, un pays uni offrant des chances égales à toutes et à tous.

Pour atteindre cet objectif, je déploie et continuerai de déployer tous mes efforts.

Le principal moteur de notre époque réside dans le savoir, la science et l’innovation.

Les pays qui maîtriseront les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle et les mettront pleinement à leur service seront à l’avant-garde du progrès.

Notre État aura toujours besoin de scientifiques de haut niveau, d’ingénieurs hautement qualifiés, d’enseignants avisés et de médecins compétents.

Je place de grands espoirs dans notre jeunesse patriote, qui conduira notre nation vers l’avenir.

 

Chers compatriotes,

Aujourd’hui, j’ai présenté en détail les transformations de grande ampleur engagées dans notre pays et exposé les initiatives importantes qui nous conduiront vers un avenir radieux.

Il nous appartient de relever tous les défis historiques auxquels nous sommes confrontés.

Nous bâtirons assurément un Kazakhstan juste, une société prospère offrant de vastes possibilités à tous les citoyens.

Je souhaite à toutes et à tous prospérité et réussite !

Puisse notre Patrie, la République du Kazakhstan, prospérer !

Par Païsiy Ukhanov
Le 10/29/2026

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