L’Ouzbékistan dévoile un vaste programme d’enseignement du numérique
L'Ouzbékistan dévoile un vaste programme d’enseignement du numérique

L’Ouzbékistan veut faire de l’enseignement numérique un moteur d’emploi. Formation de millions de jeunes, intelligence artificielle, robotique, nouveaux cursus universitaires et financements internationaux : les annonces dévoilées à la présidence dessinent une transformation qui dépasse largement les salles de classe.

Ouzbékistan : un enseignement numérique pour 5,5 millions de jeunes

Présenté le 20 octobre 2026 au président Shavkat Mirzioïev, le projet prévoit de relier les apprentissages aux qualifications professionnelles, puis au recrutement. Selon la présidence ouzbèke, l’ambition est de bâtir un écosystème cohérent, plutôt qu’une juxtaposition de programmes scolaires et de cours spécialisés. Les autorités placent l’adaptation au marché du travail au cœur de cette réorganisation.

Le gouvernement prévoit de former 5,5 millions de jeunes d’ici 2030, en présentiel comme à distance. L’objectif couvre toute la chaîne, depuis l’acquisition de compétences informatiques jusqu’à leur certification et leur valorisation auprès des employeurs. Universités et centres privés de formation doivent contribuer à cette offre commune.
Dans les écoles, deux dispositifs existants seront renforcés : « Héritiers d’Al-Khwarizmi » et « Cinq millions de leaders de l’intelligence artificielle ». L’élargissement annoncé doit permettre de toucher les élèves avant leur arrivée dans l’enseignement supérieur.

Autre objectif fixé par Shavkat Mirziyoyev : former chaque année 1 million de jeunes à la robotique, à la création de jeux vidéo, aux jeunes entreprises innovantes et à d’autres métiers technologiques, selon la présidence. Pour y parvenir, les autorités souhaitent constituer un réseau national de formateurs, accélérer l’ouverture de plateformes d’apprentissage et proposer des cursus courts consacrés aux compétences numériques.

Ces formations doivent aussi mieux correspondre aux besoins des entreprises. La présidence indique que l’objectif antérieur de 300.000 emplois dans l’informatique, initialement fixé pour 2030, a déjà été atteint en 2026. Il s’agit d’un objectif atteint à cette date, non de 300.000 postes nécessairement créés pendant la seule année 2026. Désormais, les autorités visent 500.000 emplois supplémentaires dans les nouvelles branches de l’économie numérique d’ici 2030.

Des programmes d’enseignement adaptés aux nouvelles technologies

Les changements annoncés concernent aussi le contenu des études. Les établissements supérieurs sont invités à développer des formations en intelligence artificielle, en conception de puces électroniques, en technologies sans pilote et en création de jeux vidéo. La présidence souhaite également que les étudiants participent davantage à des projets pratiques, au contact des applications concrètes de ces disciplines.

L’évolution passe par les enseignants. Leurs compétences en intelligence artificielle doivent être renforcées, particulièrement pour les professeurs d’informatique, avec un dispositif de certification à la clé, indique la présidence. Les étudiants universitaires pourraient, parallèlement, accéder plus largement à des cours internationaux consacrés aux technologies numériques, afin de compléter les ressources proposées localement. Cette remise à niveau du corps enseignant doit accompagner l’introduction de disciplines nouvelles et soutenir leur diffusion progressive dans les différents établissements du pays.

Deux propositions ont expressément été approuvées. La première concerne des centres de formation au développement d’applications iOS, construits à partir de l’expérience de Ferghana. La seconde vise la préparation de mentors pour les centres privés d’enseignement. Ces structures sont appelées à compléter l’action des universités et à diversifier les parcours disponibles.

Ouzbékistan : rapprocher la recherche et les métiers du numérique

La transformation annoncée touche également les laboratoires. Les universités pourraient préparer davantage de spécialistes des systèmes embarqués, de la microélectronique et de l’Internet des objets, tandis que les travaux d’ingénierie et les infrastructures de recherche recevraient un soutien accru, selon le compte rendu présidentiel. L’idée est de faire entrer les résultats scientifiques dans l’enseignement et de multiplier les occasions de les mettre en pratique.

Le passage vers l’emploi doit être facilité par une plateforme appelée « Jeunesse numérique ». Elle réunira les informations sur le parcours éducatif, les compétences professionnelles, les langues maîtrisées et les certificats obtenus. Ces données doivent aider à proposer des postes correspondant aux profils des candidats et à suivre leur recrutement.

Ce dispositif prolonge la priorité affichée au sommet de l’État. « Outre le nombre de personnes formées, la qualité de l’enseignement et son incidence sur l’accès à l’emploi doivent devenir des critères essentiels du développement de l’éducation numérique », annonce la présidence ouzbèke. L’efficacité des formations ne devra donc pas seulement se mesurer à leur fréquentation.

Financement de l’enseignement numérique : des centres en région

Pour financer cette expansion, Tachkent veut mobiliser davantage de subventions auprès des grandes entreprises technologiques internationales. Les financements obtenus en 2025 représentaient environ 19,58 millions d’euros, Les autorités souhaitent porter ce niveau à environ 53,41 millions d’euros d’ici fin 2026, puis à 89,02 millions d’euros en 2030.

La répartition annoncée donne une place importante aux territoires éloignés. La moitié des fonds attirés en 2026 sera destinée directement à l’enseignement numérique, indique la présidence. L’autre moitié doit soutenir le perfectionnement professionnel, la création de centres régionaux et leur équipement pour enseigner l’intelligence artificielle, la programmation et la robotique. Les pouvoirs publics veulent ainsi élargir géographiquement les possibilités de formation.

Le président a demandé aux responsables de traduire ces objectifs en programmes précis et de renforcer les partenariats avec le secteur privé et les acteurs internationaux, rapporte la présidence. La présentation a aussi abordé l’organisation du Centre international des technologies numériques, désigné sous le nom Enterprise Uzbekistan. Aucun calendrier détaillé de déploiement des nouvelles formations n’est toutefois fourni.

Illustration www.magnific.com.

Par Païsiy Ukhanov
Le 10/22/2026

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