Plus de 170.000 logements contrôlés, des milliers d’infractions constatées et une surveillance renforcée des troubles liés à l’alcool : comme chaque année en octobre, l’opération « Maison sûre » mobilise la police à travers le Kazakhstan. Des violences familiales aux stupéfiants, en passant par les armes illégales et les nuisances de voisinage, les premiers résultats révèlent l’ampleur des problèmes auxquels sont confrontés les habitants.
La police recense les infractions pendant l’opération « Maison sûre »
La police kazakhstanaise vient de présenter un premier bilan national de l’opération « Maison sûre », lancée le 5 octobre 2026 et programmée jusqu’au 5 novembre. Cette campagne de prévention et de contrôle concerne l’ensemble du territoire. Elle vise principalement les infractions commises dans les immeubles résidentiels, les maisons individuelles, les logements loués et les espaces communs, avec une attention particulière portée aux personnes déjà suivies par les services de police.
L’objectif dépasse la simple inspection des habitations. Les autorités cherchent à identifier les logements régulièrement signalés par le voisinage, à intervenir contre les comportements dangereux et à prévenir les conflits susceptibles de dégénérer. « Notre objectif principal est que chacun d’entre vous se sente en sécurité chez lui, dans sa cour et dans la rue », a déclaré Mourat Kabdenov, président du Comité de police administrative du ministère de l’Intérieur.
Les premiers résultats témoignent de l’ampleur du dispositif. Plus de 170.000 maisons et appartements ont été visités depuis le début de la campagne, selon les chiffres nationaux communiqués par le ministère de l’Intérieur sur Polisia.kz. Les inspections visent aussi bien les résidences collectives que les habitations individuelles et les logements occupés temporairement. La police cherche notamment à identifier les personnes résidant à une adresse sans avoir accompli la « registratsiya » (obtention du permis de résider à telle ou telle adresse). Sur ce dernier point, les contrôles ont permis de découvrir 8.000 personnes vivant sans enregistrement à leur domicile. Ce délit constitue l’un des principaux manquements relevés pendant l’opération.
Les agents ont également multiplié les interventions contre les comportements perturbant la tranquillité des habitants. Plus de 7.000 personnes ont été mises en cause et sanctionnées pour des faits de hooliganisme. Cette catégorie recouvre notamment des comportements contraires à l’ordre public.
Les nuisances sonores constituent un autre motif récurrent d’intervention. Musique excessive pendant la nuit, moteurs bruyants, conduite dangereuse et dérapages volontaires à proximité des immeubles figurent parmi les comportements ciblés. Près de 2.000 infractions de ce type ont été interrompues par les forces de l’ordre, a fait savoir Mourat Kabdenov.
L’opération comporte aussi un volet consacré à la dégradation de l’environnement résidentiel. Les auteurs de graffitis ont dû participer à leur effacement : 20.000 inscriptions et dessins illégaux ont ainsi été supprimés des murs.

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Ces vérifications répondent également aux signalements des habitants. « Nous avons aussi contrôlé les adresses dont les voisins se plaignent le plus souvent », a expliqué Mourat Kabdenov. Cette approche permet aux policiers de concentrer leurs efforts sur les immeubles ou les habitations où les incidents se répètent.
Alcool et violences familiales au cœur de l’opération « Maison sûre »
La consommation excessive d’alcool apparaît comme l’un des principaux facteurs de troubles examinés au cours des inspections. Dans la région d’Aktobé, les policiers ont notamment pris des mesures concernant 62 adresses où des personnes en état d’ébriété perturbaient régulièrement la tranquillité des résidents. Les interventions ont été déclenchées à la suite de visites à domicile et de plaintes formulées par les habitants. Les situations rencontrées vont des rassemblements bruyants aux conflits familiaux.
Les autorités privilégient néanmoins une approche combinant sanctions et prévention. Dans la région d’Aktobé, deux hommes qui accueillaient régulièrement chez eux des groupes venus consommer de l’alcool font l’objet de démarches visant leur éventuelle orientation vers un traitement obligatoire. Les services de police cherchent ainsi à traiter les situations répétitives, susceptibles de provoquer de nouveaux incidents dans les immeubles.
Dans le district de Kobda, les démarches préventives ont également concerné cinq personnes souffrant d’une dépendance à l’alcool. Aux dispositifs médicaux et au suivi administratif s’ajoute l’examen de possibilités de réinsertion professionnelle. Les policiers ont par ailleurs contrôlé 20 habitants de plusieurs autres districts, considérés comme susceptibles de commettre des infractions sous l’effet de l’alcool et de troubler la tranquillité de leurs voisins.

Les violences et conflits intrafamiliaux constituent un autre axe de surveillance. Dans la région de Kostanaï, un incident signalé le 13 octobre 2026 a conduit la police à intervenir auprès d’anciens conjoints. Un homme de 39 ans, en état d’ébriété et au comportement agressif, a refusé de se conformer aux instructions des agents et a tenté d’ouvrir la portière du véhicule de police. Plusieurs procédures administratives ont été engagées dans cette affaire, notamment pour désobéissance aux policiers, comportement répréhensible en état d’ivresse dans un lieu public et actes illicites dans le cadre des relations familiales. Le tribunal a prononcé une arrestation administrative. Cette intervention montre comment une dispute domestique peut entraîner plusieurs qualifications juridiques distinctes.
Dans certains quartiers d’Aktobé, la présence répétée de groupes alcoolisés dans les cours d’immeubles a également conduit les habitants à demander un renforcement de la vidéosurveillance. Dans le secteur résidentiel d’Esset Batyr, des propositions d’installation de caméras supplémentaires ont ainsi été transmises aux autorités locales. Les forces de l’ordre souhaitent notamment faciliter l’identification des auteurs de nuisances et accélérer les interventions lorsque des rassemblements dégénèrent.
« Maison sûre » : la police cible la drogue, les armes et les mineurs
Les contrôles ont également permis de relever des infractions liées aux stupéfiants. Dans les logements et les immeubles faisant régulièrement l’objet de plaintes, les policiers ont découvert 400 personnes sous l’emprise de drogues, toutes ayant été poursuivies ou sanctionnées conformément aux procédures applicables.
Les investigations ont aussi abouti à la découverte d’un laboratoire clandestin de fabrication de stupéfiants à Almaty. Une procédure pénale a été ouverte à la suite de cette intervention. Les autorités n’ont toutefois pas détaillé les substances fabriquées ni le nombre de suspects éventuellement interpellés dans cette affaire.
La lutte contre la publicité pour les drogues fait également partie des actions conduites sur le terrain. Dans la région de Kyzylorda, les équipes mobilisées ont notamment fait effacer 38 inscriptions faisant la promotion de substances illicites. Ces opérations complètent les contrôles réalisés à l’intérieur des bâtiments et dans les quartiers résidentiels.
Autre domaine sensible : les armes détenues par des particuliers. À l’échelle nationale, la police a vérifié la situation de plus de 45.000 propriétaires d’armes et saisi 62 armes non enregistrées. Les inspections portent sur la conformité des déclarations administratives, les conditions de conservation et le respect des règles de détention.
Les résultats diffèrent selon les territoires. Dans la région du Turkestan, les policiers ont retiré de la circulation sept armes à feu non enregistrées. Au Kazakhstan oriental, plus de 1.400 détenteurs d’armes ont été contrôlés, permettant de relever 20 infractions concernant leur stockage ou leur enregistrement.

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La protection des mineurs représente un autre volet important de l’opération. En deux semaines, la police affirme avoir empêché 3.000 infractions impliquant des adolescents et orienté 337 mineurs vers des centres de rééducation. Ces structures sont destinées à accueillir et accompagner temporairement les enfants et adolescents nécessitant une intervention spécialisée.
Dans la région du Turkestan, les inspections ont également permis d’identifier 261 mineurs présents dans des établissements de divertissement sans l’accompagnement de leurs représentants légaux. Dans la région de Kyzylorda, environ 170 adolescents ont été conduits dans des services de police après avoir été découverts dehors pendant la nuit. Ces situations relèvent de la prévention des risques et de la protection de l’enfance, sans constituer nécessairement des infractions pénales commises par les mineurs eux-mêmes.
La campagne a parfois conduit les agents à constater des conditions de vie préoccupantes. À Ridder, au Kazakhstan oriental, quatre enfants ont ainsi été temporairement retirés d’un appartement où ils vivaient dans une grande insalubrité, sans nourriture ni eau potable au moment du contrôle.
Opération « Maison sûre » : contrôles ciblés et dialogue dans les régions
Les résultats régionaux mettent en évidence des réalités différentes selon les territoires. Au Kazakhstan oriental, les services de police ont identifié environ 4.000 adresses considérées comme problématiques. Près de 1.800 d’entre elles avaient d’ailleurs déjà fait l’objet d’un ensemble de mesures préventives. Les contrôles concernent aussi bien les troubles de voisinage que des risques matériels, notamment les installations de chauffage défectueuses susceptibles de provoquer des incendies.
Dans la région du Turkestan, les chiffres font apparaître une forte mobilisation contre les irrégularités migratoires. Sur plus de 16.000 logements visités en quinze jours, la police a relevé 630 infractions à la législation migratoire et identifié 583 ressortissants étrangers en situation irrégulière. Des dossiers ont été préparés concernant 303 d’entre eux en vue d’une éventuelle expulsion, sous réserve d’une décision judiciaire. Il ne s’agit donc pas de personnes dont l’expulsion aurait déjà été exécutée.
Dans la capitale, les policiers ont également expérimenté des moyens de communication complémentaires. Un drone équipé d’un dispositif de diffusion sonore a notamment été utilisé pour rappeler aux habitants les règles de comportement dans les espaces publics et l’importance de respecter la loi.
