Kazakhstan : Almaty généralise les tests écologiques pour les voitures
Kazakhstan : Almaty généralise les tests écologiques pour les voitures

À Almaty, la lutte contre la pollution automobile change de méthode. Depuis le 1er septembre 2026, les voitures thermiques concernées par leur prochain contrôle technique doivent désormais faire mesurer leurs émissions. Ces tests écologiques arrivent dans une ville qui concentre l’essentiel des véhicules électriques du Kazakhstan et possède un parc relativement plus récent que la moyenne nationale, sans être pour autant débarrassée des véhicules polluants.

Tests écologiques à Almaty : quels véhicules sont concernés ?

Depuis le 1er septembre 2026, Almaty applique un nouveau mécanisme de contrôle des émissions automobiles. Les voitures fonctionnant à l’essence, au gaz ou au diesel doivent passer un examen environnemental lorsque vient l’échéance de leur prochain contrôle technique obligatoire. Le dispositif constitue une procédure distincte du contrôle technique traditionnel : celui-ci examine l’état général de la voiture, tandis que le nouveau test se concentre sur les rejets du moteur.

La nuance est importante. Il ne s’agit pas d’une campagne obligeant tous les propriétaires de véhicules à se présenter immédiatement dans une station. Une voiture dont le contrôle technique reste valide n’a rien à refaire avant son échéance. En revanche, lorsque le prochain contrôle réglementaire arrive à terme, le test écologique devient une condition préalable pour obtenir la nouvelle carte de diagnostic.

Le dispositif vise les véhicules essence, gaz et diesel. Pour les deux premières motorisations, l’examen porte sur la toxicité des gaz d’échappement. Pour les moteurs diesel, les opérateurs mesurent notamment l’opacité des fumées. L’ensemble des mesures est réalisé suivant la norme kazakhstanaise ST RK 1433-2023. L’examen doit être réalisé dans des stations accréditées disposant des appareils certifiés et reliées au système d’information commun. Le contrôle technique traditionnel peut, lui, continuer d’être effectué dans n’importe quel centre habilité.

Les automobilistes ayant passé leur contrôle avant le 1er septembre 2026 conservent leur document jusqu’à sa date d’expiration. Ils n’ont donc ni à repasser le contrôle technique ni à effectuer prématurément l’examen écologique. Cette progressivité évite une arrivée simultanée de l’ensemble du parc automobile dans les centres de contrôle.
Une autre précision a été apportée le 23 septembre 2026 face aux informations circulant sur les véhicules récents. Les voitures de moins de sept ans sont dispensées du contrôle technique obligatoire dans les conditions prévues par la législation kazakhstanaise.

Voitures : le niveau réel des émissions prime sur l’âge

Almaty ne veut précisément pas réduire la question environnementale à l’année de fabrication d’une voiture. L’âge du véhicule et sa catégorie écologique ne suffisent pas, à eux seuls, à déterminer s’il respecte les exigences. Le critère décisif est le niveau d’émissions réellement mesuré. Une voiture ancienne correctement entretenue peut ainsi être déclarée conforme si les valeurs enregistrées restent sous les limites prévues.

Cette logique répond à une réalité déjà mesurée sur les routes. Plus de 2.500 véhicules avaient été contrôlés depuis le début de l’année par des laboratoires écologiques mobiles et plus de 714 présentaient un dépassement des normes. Parallèlement, plus de 116.000 mesures avaient été effectuées sur 19 postes fixes et plus de 13.000 dépassements avaient été enregistrés.

Kazakhstan : Almaty généralise les tests écologiques pour les voitures

© Pixabay

L’enjeu est d’autant plus sensible que le transport automobile représente environ 60% de la masse totale des émissions de polluants dans la ville, selon les données du groupe de travail chargé des règles de protection de l’air. Les voitures ne sont toutefois pas l’unique source de pollution : le chauffage privé, certaines installations énergétiques, l’industrie ainsi que différents commerces utilisant des combustibles solides ou liquides contribuent également à la dégradation de la qualité de l’air.

Les transports collectifs montrent eux aussi que la modernisation du parc ne règle pas automatiquement le problème des émissions. Depuis le début de 2026, 3.108 bus ont été contrôlés dans les dépôts d’Almaty et 1.420 d’entre eux, soit environ 45,7%, n’étaient pas conformes aux exigences environnementales, a fait savoir la mairie d’Almaty le 21 septembre 2026.

La situation automobile d’Almaty est cependant très particulière à l’échelle du Kazakhstan. La métropole concentre environ 16 600 voitures électriques, soit 63,3% de l’ensemble du parc électrique du pays. Toujours est-il que cette motorisation reste marginale : les voitures électriques constituent 2,6 % du parc léger d’Almaty. Il faut aussi prendre en compte l’âge du parc. À Almaty, 30,1% des voitures particulières ont plus de vingt ans, soit environ 190.400 véhicules très polluants. Sur l’ensemble du Kazakhstan, cette proportion atteint 42,4%.

Véhicules et LEZ : une phase pilote avant le durcissement du dispositif

Les tests s’inscrivent dans le projet de Zone à faibles émissions, ou LEZ, lancé le 28 avril 2026 dans le centre d’Almaty. La ville a installé 134 panneaux routiers et réalisé un marquage spécifique sur 15 rues dans cette zone. Jusqu’à la fin de 2026, il s’agit néanmoins d’un test grandeur nature : les autorités expérimentent l’infrastructure, les échanges de données et les mécanismes de contrôle sans introduire, pour le moment, de péage d’accès ou de restriction générale de circulation liée à la LEZ.

Pour un véhicule qui échoue au test, la station établit une carte de diagnostic mentionnant les paramètres dépassés et le résultat est enregistré dans le système d’information. Après réparation, le propriétaire peut présenter à nouveau la voiture. Aucune amende n’est infligée directement par la station pour le simple dépassement constaté lors de cet examen. Pour le futur fonctionnement de la LEZ, l’objectif est cependant de disposer d’un résultat électronique positif démontrant que le véhicule respecte effectivement les seuils d’émissions.

Par Rodion Zolkin
Le 09/23/2026

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