En s’exprimant à la session inaugurale de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC 2026) à Shanghai, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev a livré, sa vision de l’IA. Gouvernance mondiale, accès équitable aux technologies, infrastructures numériques et ambitions du Kazakhstan figuraient parmi les principaux thèmes abordés dans son intervention.
L’avènement de l’IA, une révolution comparable à celle de l’électricité, selon le président du Kazakhstan
Le 17 juillet 2026, Kassym-Jomart Tokaïev a pris la parole à Shanghai à l’occasion de la World Artificial Intelligence Conference (WAIC), l’un des plus importants rendez-vous internationaux consacrés à l’IA. Devant des responsables politiques, des chercheurs et des dirigeants d’entreprises technologiques, le président du Kazakhstan a défendu une approche de l’intelligence artificielle fondée sur la coopération internationale, tout en exposant les ambitions de son pays dans ce secteur stratégique.
Son allocution n’a pas seulement porté sur les progrès technologiques. Elle s’est également attachée aux conséquences économiques, géopolitiques et sociétales de l’IA, un domaine que le chef de l’État considère désormais comme un levier majeur de développement mondial. Tout au long de son intervention, il a insisté sur la nécessité de concilier innovation, responsabilité et inclusion.
Dès les premières minutes de son discours, Kassym-Jomart Tokaïev a cherché à replacer l’IA dans une perspective historique. Selon lui, cette technologie représente une rupture comparable aux plus grandes innovations qui ont transformé l’économie mondiale. « L’intelligence artificielle est une technologie comparable à l’électricité et à Internet par son impact transformateur », a déclaré le président du Kazakhstan.
À travers cette comparaison, le chef de l’État souligne que l’intelligence artificielle ne constitue plus un simple secteur d’innovation réservé aux entreprises technologiques. Elle devient progressivement une infrastructure essentielle appelée à modifier la production industrielle, les services publics, la recherche scientifique, la santé, l’éducation ou encore les échanges internationaux. Pour le président du Kazakhstan, cette évolution s’accélère désormais à un rythme inédit.
Cette révolution technologique, estime-t-il, ouvre des perspectives considérables pour la croissance mondiale. Toutefois, elle s’accompagne également de nouveaux défis. Les écarts de développement pourraient se creuser entre les pays disposant des ressources nécessaires pour développer l’IA et ceux qui n’y auraient qu’un accès limité. C’est précisément ce risque que Kassym-Jomart Tokaïev a souhaité mettre en avant devant les participants de la conférence.
Il a ainsi défendu une vision selon laquelle les bénéfices de l’intelligence artificielle doivent être largement partagés. « L’intelligence artificielle doit devenir un bien commun au bénéfice de toute l’humanité, et non le privilège d’un nombre limité de pays ou d’entreprises », a-t-il affirmé. Derrière cette formule, le président appelle à éviter une concentration excessive des capacités technologiques entre les mains de quelques puissances ou grands groupes privés.
L’IA au cœur d’une future gouvernance mondiale
Une large partie de l’allocution a ensuite été consacrée à la gouvernance internationale de l’IA. Pour Kassym-Jomart Tokaïev, le développement extrêmement rapide de ces technologies impose désormais une coordination renforcée entre les États afin d’établir des règles communes.
Le président du Kazakhstan estime qu’aucun pays ne pourra relever seul les défis posés par l’intelligence artificielle. Les questions liées aux données, à la cybersécurité, aux usages militaires, aux biais algorithmiques ou encore à l’éthique dépassent largement les frontières nationales. Elles nécessitent, selon lui, des mécanismes de coopération internationale capables d’accompagner le développement des nouveaux outils numériques.
Dans cette logique, Kassym-Jomart Tokaïev a indiqué que son pays souhaitait participer activement à cette réflexion mondiale. « Le Kazakhstan est prêt à contribuer activement à la mise en place d’un système international de gouvernance de l’intelligence artificielle », a-t-il déclaré lors de son intervention.
Au-delà des déclarations de principe, cette position traduit la volonté du Kazakhstan de s’inscrire dans les discussions internationales sur la régulation de l’IA. Le président défend un cadre reposant sur la confiance entre États, des standards communs et une utilisation responsable des technologies émergentes. Dans cette perspective, il considère que les principes éthiques, la protection des données personnelles et le renforcement de la cybersécurité devront accompagner chaque nouvelle avancée technologique plutôt que d’intervenir a posteriori.
Le Kazakhstan veut devenir un pôle régional de l’IA
Au-delà des enjeux internationaux, Kassym-Jomart Tokaïev a également profité de la tribune de Shanghai pour présenter les ambitions nationales du Kazakhstan dans le domaine de l’IA. Le chef de l’État a rappelé que son pays multiplie les investissements destinés à accélérer sa transformation numérique et à renforcer son attractivité auprès des entreprises technologiques.
Selon le président, cette stratégie repose sur plusieurs piliers complémentaires : le développement des infrastructures numériques, la création de centres de données, le déploiement de capacités de calcul de haute performance, ainsi que le soutien à la recherche scientifique et à la formation des talents. L’objectif est de créer un écosystème capable de favoriser l’innovation tout en répondant aux besoins croissants des administrations et des entreprises.
Cette politique s’inscrit dans une volonté plus large de diversification économique. Longtemps dépendant de ses ressources naturelles, le Kazakhstan cherche désormais à développer des secteurs à forte valeur ajoutée, parmi lesquels l’intelligence artificielle occupe une place stratégique. En présentant son pays comme un futur hub régional, Kassym-Jomart Tokaïev entend attirer des investissements, des compétences et des partenariats internationaux.
Le président considère également que le développement de l’IA constitue un moyen d’améliorer la compétitivité de l’économie nationale. L’automatisation, l’analyse des données ou encore les applications fondées sur les modèles d’intelligence artificielle pourraient, selon cette vision, contribuer à moderniser aussi bien l’industrie que les services publics.
Une vision qui associe innovation, responsabilité et coopération
Le discours prononcé à Shanghai met en lumière une approche de l’IA qui dépasse les seules considérations technologiques. Kassym-Jomart Tokaïev insiste sur le fait que cette révolution numérique devra être accompagnée de garanties suffisantes pour préserver la confiance des citoyens et limiter les risques liés aux nouveaux usages.
Le chef de l’État kazakhstanais a ainsi rappelé que les principes éthiques, la protection des données et la cybersécurité devaient faire partie intégrante des politiques publiques consacrées à l’intelligence artificielle. Pour lui, le développement technologique ne peut être dissocié de la responsabilité des États et des acteurs privés qui conçoivent ou déploient ces solutions.
Son intervention traduit également une volonté de donner davantage de place aux économies émergentes dans les discussions internationales sur l’IA. En plaidant pour un accès plus équitable aux technologies et pour une gouvernance mondiale inclusive, Kassym-Jomart Tokaïev cherche à éviter que les bénéfices de cette révolution soient concentrés entre un nombre limité de pays ou d’entreprises.
À Shanghai, le président du Kazakhstan a ainsi dessiné les grandes lignes d’une stratégie qui combine développement économique, coopération internationale et encadrement responsable de l’intelligence artificielle. Son intervention confirme que l’IA figure désormais parmi les priorités diplomatiques et économiques d’Astana, qui entend jouer un rôle plus visible dans les débats mondiaux consacrés aux technologies de demain.
