Au Turkménistan, les anciens militaires ont l’interdiction de sortir du territoire
Au Turkménistan, les anciens militaires ont l'interdiction de sortir du territoire

Au Turkménistan, plusieurs anciens membres des forces armées auraient récemment été empêchés de partir à l’étranger, révèle Turkmen.news. Le média dit avoir eu connaissance de trois cas en l’espace d’environ un mois et évoque la possibilité d’une restriction plus large visant des militaires ayant quitté le service, alors que certains cherchent désormais du travail hors du pays.

Turkménistan : trois anciens militaires empêchés de partir à l’étranger

Selon les informations du média en ligne Turkmen.news, dans trois situations distinctes, d’anciens membres des forces armées turkmènes n’ont pas été autorisés à franchir la frontière turkmène. Cela, sans qu’une interdiction générale de sortie pour les anciens militaires ne soit officiellement annoncée. Néanmoins, Turkmen.news considère que l’accumulation de ces cas peut signaler l’existence d’une mesure plus large.

D’après Turkmen.news, les trois personnes concernées avaient déjà été officiellement libérées de leurs obligations militaires. Le média précise également qu’elles n’avaient pas accès à des informations classées secret d’État. Cette indication est importante, car la connaissance d’informations protégées peut servir de fondement à une limitation temporaire du droit de quitter le territoire. La rédaction ne publie toutefois ni l’identité des intéressés ni une décision administrative permettant de connaître le motif retenu dans chacun des trois dossiers.

Turkmen.news rapproche ces incidents de la législation turkmène sur la migration et met en avant trois motifs qu’il considère comme particulièrement susceptibles de concerner d’anciens militaires : la connaissance d’informations relevant du secret d’État, l’éventuel assujettissement à la conscription et les intérêts de la sécurité nationale. Dans les situations dont le média dit avoir connaissance, l’hypothèse liée au secret d’État serait écartée puisque les intéressés n’auraient pas eu accès à de telles informations. En revanche, les éléments publiés ne permettent pas d’établir quel fondement précis aurait été opposé aux personnes empêchées de voyager.

Le média avance par ailleurs une hypothèse sur l’origine de ces restrictions. Il estime que le ministre de la Défense, Begenç Gündogdyyev, pourrait en être l’initiateur en sa qualité de secrétaire du Conseil de sécurité. Cette attribution n’est cependant pas présentée comme un fait officiellement confirmé.

Des militaires quittent l’uniforme pour chercher du travail à l’étranger

L’enjeu dépasse donc les trois cas signalés. Turkmen.news inscrit ces restrictions présumées dans une difficulté plus large touchant les effectifs des forces armées. D’après le média, les départs de militaires auraient nettement augmenté depuis environ un an et demi à deux ans. La rédaction relie cette évolution à plusieurs facteurs sociaux et matériels et souligne notamment la suppression d’un mécanisme permettant, selon son récit, le transfert en propriété de certains logements de fonction.

Pour une partie des militaires, quitter l’armée ouvrirait ensuite la voie à la migration de travail. Turkmen.news cite la Biélorussie, la Russie et la Pologne parmi les destinations recherchées. Quelques mois d’emploi à l’étranger permettraient de compenser le coût du voyage avant d’améliorer la situation matérielle de la famille. Cette perspective économique contribue à expliquer pourquoi une éventuelle restriction de sortie après la démobilisation pourrait peser directement sur les décisions de carrière.

Une pression sur les militaires tentés par l’étranger

Turkmen.news replace enfin les restrictions de sortie dans la manière dont les départs auraient été gérés au sein de l’armée. Le média affirme que le ministre de la Défense avait déjà cherché à freiner les démissions, notamment en conservant durant plusieurs mois les passeports de certains militaires et en refusant, selon la rédaction, que lui soient présentées des demandes de départ volontaire. Ces précédents sont avancés par Turkmen.news pour expliquer pourquoi une limitation des voyages pourrait servir de moyen de dissuasion supplémentaire.

L’effet potentiel est considérable pour ceux qui envisagent l’étranger comme une solution économique après leur départ de l’armée. Si un ancien militaire peut être empêché de voyager malgré la fin officielle de son service, une reconversion en Russie, en Biélorussie, en Pologne ou dans un autre pays devient beaucoup plus incertaine. La question ne porte alors plus seulement sur la possibilité de démissionner, mais aussi sur les options réellement accessibles après la démobilisation.

Par Rodion Zolkin
Le 09/08/2026

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