Au Tadjikistan, une activité physique obligatoire de 20 minutes fait son entrée dans les entreprises
Au Tadjikistan, une activité physique obligatoire de 20 minutes fait son entrée dans les entreprises

Le Tadjikistan renforce sa politique de santé publique. Désormais, les employeurs du pays devront organiser chaque jour une séance d’activité physique de 20 minutes pour leurs salariés. Une mesure inédite qui s’applique à l’ensemble des organisations, publiques comme privées, et qui vise à promouvoir un mode de vie plus actif au sein du monde du travail.

Au Tadjikistan, l’activité physique devient une obligation pour les employeurs et les salariés

Le 17 juin 2026, le président tadjik, Emomali Rahmon, a promulgué des modifications du Code de la santé du pays introduisant une nouvelle obligation pour les entreprises : intégrer une séance quotidienne d’exercices physiques de vingt minutes dans l’organisation du travail. Cette disposition concerne toutes les institutions et organisations, indépendamment de leur forme de propriété.

La mesure marque une nouvelle étape dans la stratégie des autorités tadjikes en faveur de la prévention sanitaire. Jusqu’à présent, la législation du pays prévoyait déjà différentes dispositions relatives à la protection de la santé des travailleurs. Le Code du travail autorise notamment l’instauration de pauses spéciales au cours de la journée de travail, y compris pour la gymnastique de production, lesquelles sont intégrées au temps de travail et rémunérées selon le Code du travail de la République du Tadjikistan.

Avec cette réforme, l’activité physique ne relève plus uniquement d’une possibilité offerte aux entreprises. Elle devient une obligation légale. Les employeurs devront ainsi mettre en place une pause quotidienne consacrée à des exercices physiques collectifs. La durée de cette séance est fixée à 20 minutes.

Les médias tadjiks soulignent que cette disposition s’inscrit dans une politique plus large de promotion de la santé publique. Le gouvernement cherche depuis plusieurs années à lutter contre la sédentarité et à encourager des habitudes de vie plus favorables à la santé.

Une activité physique quotidienne intégrée au temps de travail

L’un des éléments les plus remarquables de la réforme réside dans son intégration directe au temps de travail. Selon les dispositions déjà présentes dans le droit du travail tadjik, certaines pauses spéciales, notamment celles consacrées à la gymnastique de production, sont comptabilisées dans les heures de travail et donnent lieu à rémunération.
Cette approche vise à éviter que les salariés ne perçoivent l’exercice physique comme une contrainte supplémentaire venant empiéter sur leur temps personnel. En pratique, les vingt minutes d’exercices devront être organisées pendant la journée de travail.

Le choix d’une durée relativement courte répond également à un objectif de faisabilité. Vingt minutes représentent un temps suffisamment long pour pratiquer des mouvements d’échauffement, d’étirement ou de renforcement léger, tout en limitant l’impact sur l’activité économique des entreprises.

Les autorités n’ont pas encore détaillé précisément la nature des exercices qui devront être proposés. Les employeurs disposeront vraisemblablement d’une certaine marge d’organisation, sous réserve du respect de l’obligation légale.

Exercices et prévention : la santé au cœur des priorités du Tadjikistan

Le Tadjikistan multiplie depuis plusieurs années les initiatives destinées à améliorer la santé de sa population. Le pays dispose déjà d’un cadre réglementaire important en matière de médecine du travail et d’examens médicaux obligatoires.

Les textes réglementaires prévoient notamment des contrôles médicaux périodiques pour de nombreuses catégories de travailleurs afin de prévenir les maladies professionnelles, les accidents du travail et la propagation de certaines pathologies. Cette politique de prévention est régulièrement mise en avant par les autorités sanitaires du pays.

L’introduction d’exercices physiques obligatoires dans les entreprises apparaît comme le prolongement logique de cette orientation. Les pouvoirs publics considèrent que l’amélioration de la condition physique des travailleurs peut contribuer à réduire certains risques sanitaires associés à l’inactivité, tout en favorisant le bien-être au travail.

Plusieurs pays d’Asie centrale ont déjà expérimenté des campagnes de promotion du sport et de l’activité physique. Toutefois, l’obligation légale imposée à l’ensemble des employeurs constitue une initiative particulièrement ambitieuse à l’échelle régionale.

Le Tadjikistan mise sur l’environnement de travail pour changer les habitudes

La nouvelle réglementation concerne potentiellement plusieurs centaines de milliers de salariés répartis dans l’administration, les entreprises publiques et le secteur privé. Son succès dépendra largement de sa mise en œuvre concrète sur le terrain.

Les employeurs devront adapter leur organisation interne afin d’intégrer cette pause quotidienne dans le déroulement de la journée de travail. Dans certains secteurs, notamment ceux où les contraintes de production sont importantes, l’application de la mesure pourrait nécessiter des ajustements spécifiques.

Pour les autorités tadjikes, l’objectif dépasse néanmoins le simple cadre de l’entreprise. En encourageant une pratique régulière de l’activité physique au travail, elles espèrent contribuer à l’évolution durable des comportements de santé au sein de la population.

Par Rodion Zolkin
Le 06/21/2026

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