À Boukhara, le festival écologique Yashil Uyim a inscrit la protection de l’environnement au cœur de son programme du 31 octobre 2026. Soutenu financièrement par l’Union européenne, ce rendez-vous a été conçu autour de la sensibilisation aux déchets, de la collecte sélective, des sciences et de la culture. Débats sur le plastique et le changement climatique, ateliers éducatifs, animations familiales et concerts figuraient au programme de cette première édition dans la ville, organisée dans le cadre des Semaines de la diplomatie verte.
Un festival au cœur des Semaines de la diplomatie verte
La toute première édition du festival Yashil Uyim vient d’avoir lieu à Boukhara, en Ouzbékistan, avec le soutien de l’Union européenne. Le programme associait conférences interactives, expériences scientifiques, animations collectives et activités culturelles. L’objectif affiché était de rendre la protection de l’environnement plus accessible et d’encourager l’adoption de comportements responsables dans la vie quotidienne. Le programme principal s’étendait de midi à 18 heures.
L’organisation de Yashil Uyim s’inscrivait dans les Semaines de la diplomatie verte 2026, une campagne internationale de l’Union européenne destinée à sensibiliser les populations aux enjeux environnementaux et climatiques. À Boukhara, cette démarche prenait la forme d’une manifestation publique réunissant, dans un même programme, des activités éducatives et des propositions plus récréatives. La délégation européenne présentait cette initiative comme un moyen de rapprocher les questions écologiques du quotidien des habitants.
Le choix d’un programme ouvert à plusieurs générations constituait l’une des principales caractéristiques de cet évènement. Plutôt que de réserver les échanges aux spécialistes de l’environnement, les organisateurs avaient prévu des activités pour les adultes, les jeunes, les enfants et leurs parents. Les participants étaient invités à découvrir des approches concrètes de la préservation des ressources, mais aussi à réfléchir collectivement à leur cadre de vie. Cette diversité des formats devait permettre d’aborder l’écologie sous plusieurs angles, sans limiter la manifestation aux seules questions de recyclage.
La dimension participative occupait une place centrale. Le dispositif annoncé ne reposait pas uniquement sur des interventions orales : il associait des discussions, des jeux collectifs, des expériences et des possibilités d’agir directement, notamment grâce aux points de collecte. Selon la délégation de l’Union européenne, l’ambition était de montrer que les changements de comportement peuvent commencer à l’échelle individuelle, avant d’être prolongés dans les familles et les communautés locales. Cette orientation donnait au rendez-vous une fonction à la fois pédagogique et pratique.
Le programme du festival : plastique, inclusion et changement climatique
Le déroulement annoncé de la journée commençait sur une note festive. Dès midi, la scène principale réservée aux adultes et aux jeunes devait accueillir un DJ, accompagné d’un tirage au sort doté de prix. Cette entrée en matière musicale précédait une succession d’activités consacrées à la communication, à l’urbanisme et à l’environnement. La programmation cherchait ainsi à faire cohabiter divertissement et apprentissage au sein d’un même espace, avec des séquences adaptées à différents centres d’intérêt.
À 13 heures, Ezoza Akhmedova, spécialiste de la langue des signes, a proposé une séance d’initiation à la communication inclusive. L’inscription de cette activité dans une manifestation écologique élargissait le champ des sujets abordés, en accordant également une place à l’accessibilité et aux échanges entre les personnes. Le festival ne se limitait donc pas à la gestion des déchets ou à la protection des espaces naturels : son programme incluait aussi une réflexion pratique sur la participation de chacun à la vie collective.
Cette initiation devait être suivie d’un jeu en équipe intitulé « La ville de nos rêves ». Les participants étaient invités à imaginer la ville dans laquelle ils souhaiteraient vivre, puis à confronter leurs idées dans le cadre d’une activité collective. Le principe permettait d’introduire une dimension urbaine dans le programme, à travers les attentes et les représentations des habitants. Il s’agissait moins de présenter un projet d’aménagement que d’ouvrir un espace d’expression sur les caractéristiques d’un cadre de vie souhaitable.
À 15 heures. les enjeux environnementaux ont occuper le devant de la scène avec une intervention de Moutabar Khushvakhtova, militante écologiste à l’origine du festival. Sa session interactive, consacrée à la question du plastique, était annoncée comme un échange sur les difficultés et les possibilités liées à la gestion de cette matière. La problématique était particulièrement cohérente avec le volet pratique de la manifestation, puisque les sacs plastiques figuraient parmi les déchets que les visiteurs pouvaient déposer dans les points de collecte prévus sur place.
Au même horaire, une autre discussion a abordé les rapports entre changement climatique et inégalités de genre. Elle était confiée à Shakhzoda Mirakova, journaliste et documentariste ayant participé en 2023 au Conseil consultatif de la jeunesse de l’Union européenne. Cette rencontre, programmée en anglais, portait sur l’écoféminisme et sur la question de savoir si les femmes et les hommes sont touchés de la même manière par les conséquences du changement climatique. En intégrant ce sujet, la programmation ouvrait le débat à la dimension sociale des transformations environnementales.
La dernière partie de la journée devait donner une place plus importante à la musique. Entre 17 heures et 18 heures, deux artistes ouzbeks étaient annoncés : Mansour Tochmatov, artiste du peuple d’Ouzbékistan, et Sevara Toulanova. Cette dernière est notamment titulaire de la médaille Kelajak Bunyodkori et a participé à la deuxième saison de l’émission musicale Ovoz. Ces prestations devaient clôturer la programmation principale, après les conférences, les ateliers et les activités destinées aux familles.
Collecte de déchets : cinq catégories de matières acceptées
Parmi les initiatives les plus concrètes annoncées pour Yashil Uyim figurait la mise en place de points de collecte sélective. Les visiteurs devaient pouvoir y apporter des piles usagées, de l’huile végétale alimentaire utilisée, du papier, des sacs plastiques et de l’aluminium. Ces cinq catégories donnaient une dimension pratique aux messages diffusés pendant la journée. Le dispositif proposait ainsi aux participants de ne pas se limiter à écouter les intervenants, mais de contribuer directement à une opération de récupération de matières.
Cette initiative occupait une place particulière dans la conception de l’évènement. Les objets acceptés correspondaient à plusieurs catégories de déchets domestiques, généralement produites ou rencontrées dans la vie courante. Leur regroupement dans des points de collecte devait attirer l’attention sur la nécessité de les distinguer plutôt que de les traiter comme un ensemble indifférencié. Les organisateurs souhaitaient, selon la délégation européenne, encourager la séparation des déchets, la valorisation des matières et une utilisation plus responsable des ressources.
La présence de piles et d’huile végétale usagée, aux côtés du papier, du plastique et de l’aluminium, élargissait également le sujet au-delà des seuls emballages. Le programme invitait les participants à s’intéresser à différents types de résidus et à leur devenir après utilisation. Il ne précisait cependant ni les quantités attendues, ni les volumes effectivement récupérés, ni les modalités de traitement ultérieur. Faute de bilan rendu public dans les sources consultées, il n’est donc pas possible de mesurer les résultats matériels de cette opération.
Le programme comprenait parallèlement un marché consacré aux produits respectueux de l’environnement. Les visiteurs devaient pouvoir découvrir cette offre aux côtés d’autres propositions, notamment une zone scientifique et un espace d’échange de livres. L’ensemble associait la sensibilisation à la consommation responsable, la découverte de produits et la possibilité de prolonger l’utilisation d’ouvrages déjà disponibles.
L’échange de livres constituait justement un volet distinct du dispositif de collecte. Il ne s’agissait pas de déposer des ouvrages parmi les déchets, mais de participer à une activité de partage. Dans le même espace d’animations, des parties d’échecs étaient également annoncées. Ces propositions montraient la volonté des organisateurs de faire du rendez-vous un lieu de rencontre et de circulation d’idées, où les échanges informels pouvaient accompagner les ateliers consacrés à des thèmes environnementaux plus directement identifiés.
Un évènement familial entre sciences, robotique et éducation
Les familles disposaient d’une programmation spécifique, pensée pour associer apprentissage et découverte. Dans l’espace réservé aux enfants, les organisateurs avaient annoncé des expériences scientifiques destinées à éveiller la curiosité des plus jeunes. La démarche devait privilégier une approche concrète des sciences, avec des démonstrations intégrées à l’ambiance générale de la manifestation. Cette offre éducative permettait d’élargir le public visé, tout en donnant aux enfants des activités distinctes des discussions proposées aux adultes.
Une initiation à la robotique figurait également parmi les animations prévues. Cette activité devait côtoyer des jeux consacrés au développement des capacités neuromotrices. L’association de ces propositions témoignait d’une programmation qui ne réduisait pas l’éducation environnementale à un ensemble de recommandations. Le festival prévoyait aussi des moments de découverte technologique et d’apprentissage par le jeu, afin de proposer aux familles des activités diversifiées.
Les parents n’étaient pas oubliés. Des conseils pratiques devaient leur être proposés pour préparer leurs enfants à l’entrée à l’école sans stress, d’après le programme communiqué par la délégation européenne. Cette séquence portait sur un sujet éducatif différent de celui des déchets ou du changement climatique, mais s’inscrivait dans la volonté affichée de proposer un rendez-vous accessible aux familles. Elle complétait les ateliers scientifiques et les exercices destinés aux enfants, en donnant aussi aux adultes un espace de sensibilisation adapté à leurs préoccupations.
La zone scientifique ouverte aux visiteurs devait fonctionner parallèlement à ces animations familiales. Elle offrait un autre point d’entrée dans la découverte et l’expérimentation, en dehors des conférences consacrées au plastique ou aux questions climatiques. En répartissant les activités entre plusieurs espaces et plusieurs tranches d’âge, le programme permettait aux visiteurs de s’orienter vers les propositions correspondant à leurs intérêts, qu’il s’agisse de sciences, de vie quotidienne, de consommation ou de pratiques culturelles.
Ce dispositif familial complétait la stratégie de sensibilisation portée par les Semaines de la diplomatie verte. La délégation de l’Union européenne présentait le festival comme un moyen d’encourager des initiatives pouvant se prolonger dans les foyers et les communautés. Les activités scientifiques, les ateliers, l’échange de livres et la récupération de déchets répondaient à cette ambition par des approches différentes.
