Ouzbékistan : 103,7 millions d’euros pour renforcer la résilience climatique de ses paysages
Ouzbékistan : 103,7 millions d’euros pour renforcer la résilience climatique de ses paysages

L’Ouzbékistan va bénéficier d’une enveloppe de 103,7 millions d’euros pour restaurer ses forêts et ses pâturages, a annoncé le Comité national de l’écologie et du changement climatique. Ce financement s’inscrit dans CLiCA, un vaste programme régional soutenu par le Fonds vert pour le climat. Au-delà de la protection des écosystèmes, l’initiative doit permettre aux agriculteurs de mieux résister aux sécheresses, à la dégradation des sols et aux pressions croissantes sur les ressources naturelles

Ouzbékistan : une enveloppe majeure pour la résilience climatique

Le 29 octobre 2026, les autorités ouzbèkes ont annoncé l’approbation du programme « Paysages résilients au climat en Asie centrale », connu sous l’acronyme CLiCA. Cette décision, prise le 28 octobre par le Conseil du Fonds vert pour le climat (GCF), marque une nouvelle étape dans le financement de l’adaptation climatique en Asie centrale.

L’initiative associe l’Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan autour d’un objectif commun : restaurer les terres dégradées tout en réduisant la vulnérabilité des communautés rurales. Élaboré par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) avec les institutions des trois pays, le dispositif entend conjuguer investissements environnementaux, modernisation agricole et accès au financement. En Ouzbékistan, sa préparation a été coordonnée par le Centre national du changement climatique, rattaché au Comité national de l’écologie et du changement climatique.

Le financement annoncé dépasse largement le cadre d’une opération nationale isolée. CLiCA représente un budget régional de 264,4 millions d’euros, selon le Comité national ouzbek de l’écologie et du changement climatique. Sur cette somme, 103,7 millions d’euros sont destinés à l’Ouzbékistan. Tachkent bénéficie ainsi de la plus importante enveloppe nationale du programme, devant ses deux partenaires d’Asie centrale.

La répartition financière prévoit également 74,49 millions d’euros pour le Kirghizistan et 72,25 millions d’euros pour le Tadjikistan. À ces allocations s’ajoutent 13,89 millions d’euros réservés aux activités communes et aux coûts régionaux. Cette architecture doit permettre de répondre à des difficultés environnementales qui dépassent les frontières nationales, tout en adaptant les interventions aux besoins particuliers de chaque territoire.

Le rôle du Fonds vert pour le climat mérite toutefois une distinction importante. L’enveloppe globale ne correspond pas exclusivement à des subventions versées par cette institution. Environ 45,2% du financement régional proviendrait directement de subventions du GCF, contre 54,8% de cofinancements prévus. Ces derniers comprennent notamment une composante de prêts, avec une participation envisagée de la Banque européenne d’investissement. Leur mobilisation dépend encore de procédures financières et d’accords complémentaires.

Ouzbékistan : 103,7 millions d’euros pour renforcer la résilience climatique de ses paysages

© ГУП « Национальный PR-центр »

L’approbation de CLiCA intervient dans une période d’expansion des engagements du Fonds vert pour le climat. Lors de sa dernière réunion, l’institution a validé 21 projets et programmes. Son portefeuille atteint désormais 379 opérations. Le Fonds, spécialisé dans l’accompagnement climatique des pays en développement, cherche parallèlement à mobiliser davantage de capitaux privés et à renforcer les mécanismes de co-investissement.

Pour l’Ouzbékistan, cette décision ouvre donc une nouvelle possibilité de financement de sa politique environnementale. Elle ne signifie cependant pas que l’intégralité des ressources annoncées a déjà été transférée aux organismes chargés de leur utilisation. Les prochaines étapes dépendront de la mise en œuvre du programme, de ses partenaires financiers et des modalités opérationnelles retenues.

Forêts et pâturages : comment CLiCA doit transformer les paysages

L’une des priorités du programme consiste à enrayer la dégradation progressive des espaces naturels et agricoles. En Ouzbékistan, les interventions doivent concerner 164.000 hectares de forêts, de pâturages et de terreys cultivées. Il s’agit d’y introduire des pratiques de gestion capables de mieux résister aux contraintes climatiques, plutôt que de limiter l’action à des opérations ponctuelles de restauration.

Les pâturages occupent une place essentielle dans cette approche. Leur détérioration fragilise les ressources disponibles pour l’élevage et peut accentuer les difficultés économiques des exploitations rurales. La préservation des sols, la restauration de la couverture végétale et une utilisation plus rationnelle des terres constituent ainsi des enjeux complémentaires. Le programme entend également renforcer la protection des espaces forestiers et améliorer leur capacité à remplir leurs fonctions écologiques, conformément aux priorités présentées par les autorités ouzbèkes.

Dans le secteur agricole, l’ambition dépasse la seule conservation des paysages. CLiCA doit faciliter l’adoption de technologies et de méthodes de production adaptées aux changements du climat. Pour les agriculteurs, l’enjeu consiste notamment à limiter les conséquences des périodes de sécheresse, des tensions sur l’eau et de la dégradation des terres productives. Les mesures envisagées s’inscrivent dans une démarche de gestion durable des ressources naturelles, associant adaptation des pratiques et maintien des activités économiques rurales.

Ouzbékistan : 103,7 millions d’euros pour renforcer la résilience climatique de ses paysages

© ГУП « Национальный PR-центр »

Le programme comporte aussi une dimension sociale importante. En Ouzbékistan, 342.000 habitants devraient voir leur résilience face aux risques climatiques renforcée. Environ la moitié des bénéficiaires attendus sont des femmes, précise cette institution. Cette orientation vise à prendre en compte les populations les plus exposées aux conséquences économiques et environnementales du changement climatique, notamment dans les territoires dépendant directement de l’agriculture.

À ces objectifs d’adaptation s’ajoute une ambition de réduction de l’impact climatique des activités humaines. Les mesures prévues en Ouzbékistan doivent contribuer à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et à augmenter leur absorption, pour un effet combiné estimé à 1,07 million de tonnes équivalent CO2. Le programme associe donc deux dimensions distinctes : protéger les communautés des conséquences du réchauffement et améliorer le bilan climatique des paysages restaurés.

Les documents de présentation accessibles ne précisent cependant pas encore la répartition des surfaces par région ou par catégorie d’écosystème en Ouzbékistan. Le choix des zones d’intervention, les techniques effectivement déployées et la capacité à maintenir durablement les terres restaurées seront déterminants pour mesurer la portée des objectifs annoncés.

Ouzbékistan : des financements climatiques à rendre accessibles aux agriculteurs

La restauration des espaces naturels ne constitue qu’un volet de CLiCA. Le programme s’intéresse également aux obstacles financiers qui freinent l’adaptation des exploitations agricoles. Moderniser les pratiques de production, investir dans une meilleure gestion de l’eau ou adopter des technologies adaptées au climat nécessite des ressources auxquelles les petites exploitations n’ont pas toujours facilement accès.

Pour répondre à ces difficultés, l’initiative prévoit de renforcer les mécanismes de financement destinés aux agriculteurs et aux entreprises rurales. Les instruments régionaux envisagés comprennent des subventions, des dispositifs de crédit, une assistance technique et des formations. Le programme doit aussi améliorer la capacité des établissements financiers locaux à accompagner les investissements favorisant la résilience climatique.

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Cette approche repose sur une distinction entre les besoins des exploitations les plus vulnérables et ceux des entreprises capables de recourir à l’emprunt. Les premières pourraient bénéficier de dispositifs de soutien adaptés à leur situation économique, tandis que les autres seraient accompagnées dans leur accès à des financements spécialisés. L’objectif est d’éviter que l’adaptation au changement climatique demeure réservée aux seules structures agricoles disposant déjà de moyens d’investissement importants.

À l’échelle des trois pays participants, CLiCA devrait se déployer sur sept ans. Les documents du programme évoquent également une intervention dans 180 municipalités. L’action locale doit notamment s’appuyer sur des plans d’adaptation préparés avec les acteurs concernés, des formations agricoles et des investissements dans la restauration des terres.

Les modalités concrètes de financement restent néanmoins un point à surveiller. Au Tadjikistan, par exemple, le montage prévoit un prêt de 30 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement, qui précise que cet engagement n’est pas encore définitivement contractualisé. Ce montant concerne le volet tadjik et ne doit pas être confondu avec l’allocation ouzbèke.

Paysages et résilience climatique : une coopération à l’échelle de l’Asie centrale

CLiCA repose sur un constat : les difficultés environnementales auxquelles sont confrontés les pays d’Asie centrale présentent de nombreuses caractéristiques communes. La pression sur les ressources hydriques, la dégradation des sols, la vulnérabilité des activités agricoles et les risques liés aux sécheresses affectent des espaces parfois contigus. La coopération régionale doit permettre de mieux coordonner les réponses et de partager les outils nécessaires à l’adaptation.

Les interventions prévues chez les partenaires de l’Ouzbékistan illustrent cette logique. Au Tadjikistan, le programme doit notamment concerner la vallée de Ferghana et la région de Khatlon. Les mesures envisagées comprennent le développement de techniques d’irrigation économes, l’amélioration des pratiques horticoles, l’utilisation de cultures résistantes à la sécheresse et la restauration de la fertilité des sols.

Au Kirghizistan, les documents préparatoires mentionnent les régions d’Och, de Djalal-Abad et de Batken. Ces territoires sont concernés par des interventions sur les pâturages, la disponibilité de l’eau et la protection des terres agricoles. Une telle répartition traduit la volonté de relier des actions locales à une stratégie environnementale plus large, plutôt que de multiplier des projets indépendants sans coordination régionale.

Ouzbékistan : 103,7 millions d’euros pour renforcer la résilience climatique de ses paysages

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Les ambitions de CLiCA sont sensiblement plus étendues lorsqu’on considère l’ensemble des pays participants. Le programme prévoit des actions de gestion durable, de conservation ou de restauration sur 939.354 hectares. Les bénéficiaires directs devraient dépasser le million de personnes, tandis que les effets directs et indirects pourraient concerner environ 2,5 millions d’habitants.

Le programme poursuit également un objectif climatique régional combiné d’environ 6,95 millions de tonnes équivalent CO2. Ce résultat prévisionnel englobe l’ensemble des interventions des trois pays. Il ne doit donc pas être assimilé aux seuls résultats attendus en Ouzbékistan, dont les engagements sont comptabilisés séparément dans les documents nationaux.

L’Agence allemande de coopération internationale, qui a contribué à préparer le programme, insiste sur la dimension collective de cet engagement : « Cette approbation constitue une étape importante vers des communautés et des paysages plus résilients ». L’organisme allemand souligne également sa volonté de transformer cette coopération en résultats durables pour les habitants et les milieux naturels des pays concernés. Sur le terrain, cette ambition devra se traduire par une articulation entre les institutions publiques, les acteurs financiers et les communautés rurales. La préparation des plans locaux, la sélection des projets, l’accompagnement des agriculteurs et le suivi des surfaces restaurées constitueront des étapes essentielles de cette mise en œuvre. Pour l’Ouzbékistan, le défi opérationnel sera notamment de faire bénéficier les territoires les plus exposés des moyens techniques et financiers annoncés, tout en vérifiant, dans la durée, les améliorations obtenues sur les paysages et les activités agricoles.

Par Rodion Zolkin
Le 10/30/2026

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