Le Kazakhstan pourrait devenir l’un des nouveaux terrains d’expérimentation des taxis autonomes en Asie centrale. inDrive, le spécialiste chinois de la conduite sans chauffeur Pony.ai et le géant américain NVIDIA unissent leurs compétences pour préparer un service inédit à Astana. Une alliance technologique ambitieuse, qui devra notamment relever le défi des hivers rigoureux de la capitale kazakhstanaise.
Taxis autonomes au Kazakhstan : Astana se prépare à accueillir inDrive, Pony.ai et NVIDIA
Le 23 octobre 2026, les entreprises inDrive, Pony.ai et NVIDIA ont officialisé un mémorandum d’entente visant à étudier le déploiement de taxis autonomes au Kazakhstan. Le projet doit permettre aux passagers de commander des véhicules sans conducteur directement depuis l’application inDrive. Astana a été retenue comme première ville d’expérimentation, avec la perspective d’étendre progressivement le dispositif à d’autres marchés. Toutefois, cet accord marque le début d’une phase préparatoire et non l’ouverture immédiate d’un service commercial.
L’annonce intervient alors que le Kazakhstan accélère sa transformation numérique et cherche à attirer des investissements dans l’intelligence artificielle. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale plus large visant à développer les nouvelles technologies dans les transports, l’industrie et les services. D’après les informations communiquées par Yuri Misnik, directeur technique d’inDrive, au média américain TechCrunch le 22 octobre 2026, les premiers essais pourraient débuter au premier semestre 2027. Une échéance qui reste conditionnée aux préparatifs techniques et aux autorisations nécessaires.
Taxis autonomes à Astana : les premiers essais envisagés en 2027
Les rues d’Astana pourraient accueillir les premières voitures expérimentales issues de cette coopération au cours du premier semestre 2027. Il ne s’agira toutefois pas, dans un premier temps, de véhicules circulant entièrement sans surveillance humaine. Les premiers essais devraient être réalisés avec un opérateur de sécurité présent à bord, chargé de superviser le fonctionnement du système et de pouvoir intervenir si nécessaire.
Ce fonctionnement progressif constitue une étape déterminante. Les partenaires souhaitent d’abord observer le comportement des véhicules dans la circulation réelle, vérifier leur capacité à gérer les situations complexes et mesurer leur adaptation aux infrastructures routières du Kazakhstan. La conduite entièrement autonome représente l’objectif à plus long terme. Pour l’heure, aucune date précise n’a été annoncée pour l’ouverture commerciale du service aux passagers.
Le futur dispositif doit s’intégrer à l’application inDrive, déjà utilisée pour les déplacements urbains. Les usagers pourraient ainsi réserver un robotaxi depuis leur téléphone, sans passer par une plateforme distincte. Cette intégration permettrait à l’entreprise de s’appuyer sur une infrastructure numérique existante, plutôt que de développer entièrement un nouveau service de réservation.
Le choix d’Astana n’est pas anodin. La capitale compte environ 1,7 million d’habitants. Son développement urbain et ses besoins en mobilité offrent aux entreprises un environnement pour évaluer l’utilité d’une nouvelle catégorie de transport. Les taxis autonomes sont présentés comme un complément potentiel aux déplacements existants, et non comme un remplacement immédiat des services classiques.
L’expérimentation nécessitera cependant une feuille de route détaillée. Celle-ci devra préciser les conditions de circulation, les modalités de supervision, les exigences techniques et le cadre commercial du dispositif. Les entreprises devront également trouver un accord avec les autorités nationales avant de pouvoir lancer leurs opérations. Les ambitions affichées restent donc dépendantes de plusieurs décisions réglementaires et opérationnelles.
Pony.ai, NVIDIA et inDrive : une alliance technologique internationale
Le partenariat repose sur une répartition précise des compétences. Pony.ai doit fournir ses robotaxis de septième génération, désignés Gen-7. inDrive prendra en charge la plateforme de réservation et l’organisation du service, tandis que NVIDIA apportera les outils informatiques et les technologies d’intelligence artificielle nécessaires au projet. L’objectif consiste à réunir des solutions déjà développées par chacun des partenaires au sein d’un dispositif adapté au Kazakhstan.
Créée en 2016, Pony.ai s’est spécialisée dans la conduite autonome. L’entreprise affirme avoir déjà réalisé des transports commerciaux entièrement sans conducteur dans de grandes villes chinoises. Elle a également développé des activités et des expérimentations en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. Le Kazakhstan représenterait une nouvelle étape dans son expansion internationale.
« Le Kazakhstan représente une occasion particulièrement intéressante d’introduire la mobilité autonome sur un nouveau marché en Asie centrale », a déclaré James Peng, fondateur et directeur général de Pony.ai. L’entreprise entend s’appuyer sur son expérience chinoise tout en adaptant sa technologie aux contraintes de circulation, aux usages et aux conditions climatiques locales.
Les ambitions de Pony.ai dépassent largement cette expérimentation. L’entreprise dispose de 1.975 robotaxis à la fin de juin 2026 et visait une flotte mondiale de plus de 3.500 véhicules répartis dans plus de 20 villes d’ici la fin de l’année 2026. Ces objectifs illustrent la volonté du constructeur de passer progressivement de projets expérimentaux à des opérations de plus grande ampleur. Ils ne constituent toutefois pas une prévision du nombre de véhicules qui seront déployés au Kazakhstan.
Sur le plan technique, le projet repose notamment sur les systèmes embarqués des véhicules Gen-7. Ceux-ci combinent les informations recueillies par différents capteurs afin de percevoir leur environnement et d’analyser les mouvements autour d’eux. Pony.ai met également en avant des architectures redondantes, destinées à maintenir certaines fonctions essentielles lorsqu’un composant rencontre une défaillance. Cette conception cherche à renforcer la fiabilité d’un système appelé à fonctionner sans intervention humaine permanente.
NVIDIA apporte une autre dimension à cette architecture. Sa plateforme Hyperion associe des capacités de calcul et des capteurs destinés aux véhicules autonomes. Elle s’inscrit dans un ensemble technologique comprenant également Alpamayo, consacré aux systèmes d’intelligence artificielle pour la conduite, ainsi que Halos, orienté vers la sécurité. L’intérêt réside dans la possibilité de disposer d’une base technologique commune plutôt que de concevoir chaque élément séparément.
« Étendre la mobilité autonome à davantage de territoires exige une intelligence artificielle capable de gérer la complexité de la conduite dans des conditions réelles, avec la sécurité comme fondement », a expliqué Rishi Dhall, vice-président chargé de l’automobile chez NVIDIA. Pour les partenaires, l’innovation ne repose donc pas uniquement sur la suppression du conducteur, mais également sur la capacité du véhicule à réagir de manière fiable à son environnement.
Taxis autonomes au Kazakhstan : sécurité et réglementation au cœur du projet
L’arrivée de taxis autonomes au Kazakhstan soulève une question essentielle : dans quelles conditions ces véhicules pourront-ils circuler sur les routes publiques ? Le pays s’est engagé dans la création d’un cadre réglementaire consacré au transport automatisé, un élément mis en avant par Pony.ai pour expliquer le choix du marché kazakhstanais. Néanmoins, l’existence de nouvelles règles ne signifie pas que les entreprises disposent déjà de toutes les autorisations nécessaires.
Les véhicules envisagés sont conçus pour atteindre le niveau 4 d’autonomie. Ce niveau permet à un véhicule de se déplacer sans conducteur dans un périmètre géographique défini, lorsque les conditions prévues pour son fonctionnement sont réunies. Il ne signifie pas qu’une automobile peut circuler librement sur toutes les routes, quelles que soient les circonstances. Cette distinction sera particulièrement importante pour les essais à Astana.
Le gouvernement kazakhstanais suit directement les préparatifs. Le 23 octobre, Gizzat Baïtourssynov, vice-ministre de l’Intelligence artificielle et du Développement numérique, a confirmé que son ministère travaillait à un projet pilote de taxis autonomes à Astana auquel doivent participer inDrive, Pony.ai et NVIDIA. Ses déclarations mettent notamment l’accent sur la protection des passagers, la fiabilité des systèmes automatisés et leur adaptation aux conditions routières nationales.
« Le développement des transports sans conducteur constitue l’un des domaines prometteurs de la transformation numérique du Kazakhstan », a déclaré Gizzat Baïtourssynov. Le responsable a également souligné la nécessité d’une introduction progressive de ces technologies dans les transports urbains. Cette approche devra permettre de tester les véhicules tout en conservant des garanties de sécurité.
Au-delà de la réglementation, les partenaires devront démontrer la viabilité économique du futur service. Le développement des robotaxis mobilise des équipements sophistiqués, des systèmes informatiques complexes et des moyens de supervision. NVIDIA estime que ses solutions communes de calcul et de détection pourraient contribuer à réduire certains coûts de développement et d’intégration.
« Ces économies sont particulièrement importantes sur les marchés émergents, où les courses avec chauffeur sont déjà relativement abordables et où les services autonomes doivent rester compétitifs sur les coûts », a expliqué Ali Kani, vice-président chargé de l’automobile chez NVIDIA, dans l’entretien accordé à TechCrunch.
InDrive entend pour sa part privilégier un modèle reposant sur les compétences de partenaires spécialisés. « Notre approche est conçue pour nécessiter peu de capitaux », a indiqué son directeur technique Yuri Misnik à TechCrunch, le 22 octobre. Cette organisation permettrait à la plateforme de se concentrer sur la gestion du service et la relation avec les usagers, tandis que ses partenaires assureraient les fonctions technologiques correspondantes.
Plusieurs paramètres essentiels restent néanmoins inconnus. Les entreprises n’ont pas communiqué le montant des investissements prévus, le nombre de véhicules qui pourraient circuler à Astana, les prix des futures courses ou les modalités définitives d’exploitation. Ces questions devront être traitées au cours des prochaines étapes préparatoires, avant toute ouverture commerciale.
Astana, un laboratoire hivernal pour inDrive et ses partenaires
Au-delà des enjeux réglementaires, la capitale kazakhe présente un défi technique particulièrement intéressant : son climat continental rigoureux. Les hivers prolongés, les chutes de neige et la présence de verglas compliquent la circulation et peuvent perturber la perception de l’environnement par les véhicules automatisés. Les partenaires voient dans ces conditions une occasion d’évaluer les limites de leurs technologies.
« Lancer le projet ici constituera une occasion importante d’évaluer la conduite autonome dans des conditions hivernales difficiles », a déclaré Arsen Tomsky, fondateur et directeur général d’inDrive. Pour le dirigeant, les résultats obtenus à Astana pourraient fournir des enseignements utiles à d’autres territoires confrontés à des conditions météorologiques comparables.
La neige peut modifier l’apparence des chaussées, rendre certains marquages moins visibles et compliquer l’identification des limites de circulation. Le verglas impose également une attention particulière au comportement des véhicules. Ces contraintes donnent une importance accrue à la combinaison des capteurs, au traitement des données et aux mécanismes de sécurité intégrés aux robotaxis. Leur efficacité dans le contexte kazakhstanais reste précisément l’un des aspects que les essais devront permettre d’évaluer.
L’opération présente aussi un intérêt stratégique pour inDrive. Selon les chiffres communiqués par l’entreprise le 23 octobre 2026, son application dépasse les 400 millions de téléchargements et sa plateforme est présente dans plus de 1.200 villes réparties dans 47 pays. Une implantation internationale qui pourrait, à terme, faciliter l’étude d’autres marchés pour les services autonomes, si le modèle expérimenté au Kazakhstan se révèle techniquement et commercialement viable.
Pour les entreprises participantes, Astana pourrait ainsi jouer le rôle d’un premier site d’expérimentation avant de nouvelles implantations. Les partenaires ont indiqué qu’ils étudieraient la possibilité d’étendre les services à d’autres villes du Kazakhstan, puis à certains marchés internationaux où inDrive est déjà présente. Aucune destination supplémentaire ni aucun calendrier de déploiement n’ont cependant été arrêtés. La définition des itinéraires, le dimensionnement de la flotte et les procédures opérationnelles à Astana figurent encore parmi les éléments à préciser.
