KAZ Minerals : Kassym-Jomart Tokaïev lance une usine de cuivre à Aktogaï
KAZ Minerals : Kassym-Jomart Tokaïev lance une usine de cuivre à Aktogaï

À Aktogaï, dans l’est du Kazakhstan, KAZ Minerals vient d’inaugurer un complexe métallurgique qui doit produire du métal raffiné sur place, avec le soutien du groupe chinois CNMC. Au-delà d’une usine supplémentaire, ce projet promet de renforcer la chaîne industrielle du pays, de créer des emplois et de prolonger un partenariat sino-kazakhstanais déjà ancien.

KAZ Minerals : lancement d’un nouveau complexe métallurgique à Aktogaï

Le 20 octobre 2026, le président Kassym-Jomart Tokaïev a donné, par visioconférence, le coup d’envoi officiel de la construction d’une fonderie de cuivre à Aktogaï, dans la région d’Abaï, à l’est du Kazakhstan. L’annonce marque l’ouverture d’un chantier majeur pour KAZ Minerals, dont les activités locales comprennent déjà l’extraction du minerai, sa concentration et une première production de cuivre cathodique.

L’objectif est désormais de franchir une étape supplémentaire : transformer une partie de cette matière première en cuivre cathodique, un métal raffiné destiné aux applications industrielles. Pour mener à bien cette opération, KAZ Minerals s’appuie sur NFC, filiale du groupe chinois CNMC. Cette association concerne à la fois la construction du complexe, les compétences techniques et, à plus long terme, l’exploration minière.

KAZ Minerals : une usine de cuivre intégrée au site d’Aktogaï

Le nouveau complexe doit s’implanter à proximité des installations minières et d’enrichissement d’Aktogaï, dans le district d’Ayagoz. Le choix du site n’a rien d’accessoire. KAZ Minerals y possède déjà une unité traitant les minerais oxydés, qui produit du cuivre cathodique, ainsi que deux usines consacrées aux minerais sulfurés, dont elles extraient du concentré de cuivre. La future fonderie permettra donc de transformer sur place une production intermédiaire actuellement issue de ces installations.

Le montant de l’investissement est évalué à environ 1,6 milliard d’euros. La capacité annoncée atteint 300.000 tonnes de cuivre cathodique par an. À cette production principale s’ajouteront de l’or métallique, de l’argent, de l’acide sulfurique et d’autres produits connexes, précise également la présidence. Il s’agit toutefois d’objectifs de production, et non de volumes déjà réalisés. La construction devrait déboucher sur plus de 1.000 nouveaux emplois. Le premier cuivre cathodique est attendu en 2030.

Pour Oleg Novachuk, président du conseil d’administration de KAZ Minerals, l’enjeu dépasse la construction d’une installation isolée. « L’importance fondamentale du projet réside dans la création d’un cycle de production complet, depuis l’extraction du minerai jusqu’à la fabrication du métal fini », a-t-il déclaré. En rapprochant les étapes d’extraction, d’enrichissement et de métallurgie, le groupe entend conserver une plus grande partie de la valeur créée par le cuivre au Kazakhstan.

KAZ Minerals : Kassym-Jomart Tokaïev lance une usine de cuivre à Aktogaï

© Akorda

Une usine destinée à renforcer la métallurgie kazakhstanaise

Cette ambition correspond à une priorité industrielle affirmée par Astana : développer davantage la transformation locale des ressources naturelles. Le Kazakhstan compte plus de 9.500 gisements et extrait chaque année environ 160 millions de tonnes de minerai, tandis que sa production de concentré de cuivre atteint quelque 3,5 millions de tonnes, selon les chiffres avancés par le président Tokaïev lors de la cérémonie. Ces volumes illustrent l’importance du secteur extractif, mais ne correspondent pas à autant de métal raffiné disponible.

Le président a également replacé le chantier dans un contexte de progression de l’industrie manufacturière. La valeur de sa production aurait atteint l’équivalent d’environ 53,33 milliards d’euros en 2025. Sur les trois dernières années, 540 projets industriels auraient été réalisés et environ 50.000 emplois permanents créés dans le pays. Le complexe d’Aktogaï doit rejoindre cette série d’investissements destinés à élargir les activités de transformation.

La nouvelle fonderie est également associée à une ambition commerciale. Avec ses 300.000 tonnes annuelles de capacité annoncée, le complexe devrait, couvrir les besoins du marché intérieur en cuivre cathodique. Le chef de l’État estime en outre que son démarrage ferait entrer le Kazakhstan parmi les dix principaux producteurs mondiaux de cuivre raffiné de haute qualité. Ces perspectives restent des projections officielles, dépendantes de la livraison du site, de sa montée en puissance et de l’évolution de l’industrie internationale.

Au niveau de l’entreprise, le changement est très concret. Un concentré de cuivre constitue une matière première préparée pour les étapes de fusion et de raffinage ; le cuivre cathodique représente, lui, un produit métallique utilisable par les industriels. L’intérêt économique du nouvel équipement réside donc dans cette transformation supplémentaire, appelée à être effectuée à Aktogaï plutôt que de s’arrêter à la seule production du concentré. C’est ce déplacement vers les produits finis qui donne au lancement sa portée stratégique.

 

 

CNMC, partenaire chinois de KAZ Minerals dans la construction

Derrière le sigle CNMC se trouve China Nonferrous Metal Mining Group, un groupe chinois actif dans les mines et la métallurgie. Il ne faut pas le confondre avec NFC, sa filiale spécialisée dans l’ingénierie et la réalisation de projets industriels. Dans le dispositif d’Aktogaï, KAZ Minerals porte l’investissement et NFC intervient comme partenaire technique. Un accord concernant le lancement des travaux a été signé à Almaty le 19 octobre entre une entreprise de KAZ Minerals et une filiale kazakhstanaise de NFC.

Ce partenariat ne part pas de zéro. CNMC intervient au Kazakhstan depuis plus de vingt ans, tandis que les relations directes entre NFC et KAZ Minerals remontent à plus d’une décennie. NFC a notamment construit et mis en service des usines de traitement des minerais sulfurés et kaolinisés de Bozshakol, ainsi qu’une installation d’enrichissement des minerais sulfurés d’Aktogaï. Ces équipements constituent une expérience commune sur laquelle les partenaires comptent s’appuyer pour le nouveau chantier.

« Nous avons construit, avec CNMC, les meilleures installations au monde », a affirmé Oleg Novachuk, président du conseil d’administration de KAZ Minerals. Cette appréciation de dirigeant traduit la confiance affichée entre les groupes, mais le futur complexe représente un changement d’échelle technique : il s’agit désormais d’ajouter à l’activité minière des opérations métallurgiques permettant de produire du métal fini.

Le 20 octobre 2026, Kassym-Jomart Tokaïev a reçu Wen Gang, président du conseil d’administration de CNMC, à l’occasion du lancement. Le responsable chinois a assuré que son groupe s’engageait à respecter les délais de construction et à employer des technologies avancées, tout en accordant une attention particulière aux normes de sécurité industrielle et environnementale. Les deux parties ont également abordé la formation des spécialistes kazakhstanais et les perspectives d’une coopération plus large dans la transformation des métaux. La dimension diplomatique est explicite : pour Astana, ce chantier matérialise le partenariat économique avec la Chine.

KAZ Minerals : Kassym-Jomart Tokaïev lance une usine de cuivre à Aktogaï

© Akorda

Une usine entre emplois locaux, intelligence artificielle et exploration

Le lancement s’accompagne d’exigences sociales et technologiques. Kassym-Jomart Tokaïev a demandé que les actionnaires prennent en considération les besoins légitimes des salariés et que les autorités entretiennent un dialogue régulier avec les collectifs de travail. Le président du Kazakhstan a également appelé à intégrer largement les technologies numériques et l’intelligence artificielle. « L’application de solutions avancées contribue à accroître la productivité, à améliorer la sécurité du travail et à prévenir efficacement les accidents professionnels », a-t-il déclaré.

Cette modernisation ne dispense pas les entreprises de respecter les contraintes classiques d’un chantier industriel. « La priorité absolue est de garantir la qualité des travaux de construction et le respect des délais fixés », a insisté Kassym-Jomart Tokaïev. L’attention portée aux compétences locales s’inscrit dans la même logique. KAZ Minerals a déjà consacré plus de 1,78 million d’euros, à l’équipement d’ateliers pédagogiques dans six établissements de formation des régions d’Abaï, du Kazakhstan-Oriental et de Pavlodar.

Les retombées attendues ne se limitent pas aux emplois directs. À Aktogaï, le gouverneur de la région d’Abaï, Berik Ouali, et la dirigeante de KAZ Minerals Management, Aïjan Balabatyrova, ont participé à la pose d’une pierre commémorative après la cérémonie, rapporte Kursiv. La responsable a présenté le projet comme le point d’appui d’un pôle industriel susceptible de stimuler les fournisseurs locaux et les métiers de l’ingénierie. Pour l’heure, il s’agit d’une perspective de développement régional, et non d’un bilan économique déjà observable.

Une seconde initiative donne, parallèlement, une dimension plus longue au partenariat avec CNMC. Le 19 octobre à Almaty, KAZ Minerals et NFC ont signé un mémorandum distinct consacré à l’exploration géologique. Les entreprises veulent examiner l’utilisation de la télédétection, des méthodes géophysiques et géochimiques, de l’intelligence artificielle et de modèles géologiques en trois dimensions, notamment pour exploiter les archives existantes et identifier les zones où effectuer de nouveaux forages.

« Nous développerons ensemble les activités d’exploration géologique et examinerons les possibilités d’investissements conjoints dans le secteur minier », a déclaré Wen Gang, président du conseil d’administration de CNMC. Le mémorandum prévoit également des recherches communes, des échanges d’expertise, des initiatives de formation ainsi que la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer une feuille de route.

Par Rodion Zolkin
Le 10/21/2026

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