Lors de la rencontre de haut niveau « Asie Centrale – États-Unis » le 19 octobre 2026, le Kazakhstan a cherché à donner une dimension économique plus concrète à son partenariat avec Washington. La rencontre entre son ministre des Affaires étrangères, Mukhtar Tileuberdi, et Marco Rubio met en lumière trois priorités : les investissements, les ressources stratégiques et les nouvelles voies commerciales reliant l’Asie centrale aux marchés internationaux.
Marco Rubio et le Kazakhstan : priorité au partenariat économique
Le lundi 19 octobre 2026, le ministre kazakhstanais des Affaires étrangères, Mukhtar Tileuberdi, s’est entretenu avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio en marge de la réunion ministérielle C5+1 organisée à Samarcande, en Ouzbékistan. Sous présidence ouzbèke, le C5+1 rassemble Washington et les cinq pays d’Asie centrale. Au-delà des déclarations diplomatiques, Astana et Washington ont affiché leur volonté d’élargir les échanges commerciaux, de favoriser les investissements croisés et de poursuivre les projets engagés au plus haut niveau. La diplomatie kazakhstanaise l’inscrit dans le prolongement de la rencontre Tokaïev-Trump de novembre 2025. Les deux délégations ont souligné la dynamique positive des relations bilatérales. Il s’agit de traduire le partenariat stratégique renforcé en commerce supplémentaire et en investissements conjoints.
Un élément retient particulièrement l’attention. Marco Rubio a exprimé son intérêt pour une visite officielle complète au Kazakhstan après le prochain sommet du G20 à Miami. Aucune date de déplacement à Astana n’a toutefois été fixée publiquement.
La préparation du G20 a également été évoquée. L’éventuelle venue de Marco Rubio pourrait permettre de préciser les projets discutés, mais aucun calendrier bilatéral n’a été arrêté.

© Ministère kazakhstanais des Affaires étrangères
Le ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan mise sur les ressources d’Asie centrale
Mukhtar Tileuberdi a identifié plusieurs secteurs prioritaires : l’énergie, les minerais critiques, la numérisation, les transports et la logistique. Selon le ministère kazakhstanais, Astana souhaite notamment attirer des capitaux américains et des technologies avancées. L’objectif va au-delà des seules exportations de matières premières.
La question des minerais critiques occupe une place centrale dans les échanges régionaux. Washington cherche à diversifier ses approvisionnements ; les pays centrasiatiques souhaitent développer leurs activités de transformation. « L’une de nos principales priorités consiste à construire un partenariat stratégique sur les minerais critiques, depuis l’exploration géologique et la transformation jusqu’à la création de pôles industriels locaux », a déclaré le ministre ouzbek des Affaires étrangères, Bakhtiyor Saidov.
De son côté, Marco Rubio a défendu la diversification des chaînes d’approvisionnement. « Nous ne cherchons pas à venir ici pour dire : cessez de parler à quelqu’un d’autre ou de travailler avec un autre pays », a-t-il expliqué. Il présentait ainsi une offre de coopération non exclusive.
Marco Rubio et le Kazakhstan au cœur des nouvelles routes commerciales
Le C5+1 a également placé la connectivité régionale au premier plan. Le Kazakhstan a insisté sur le développement des infrastructures de transport et de logistique ainsi que sur la diversification des itinéraires d’approvisionnement. Ce programme rejoint l’objectif américain de renforcer les débouchés commerciaux de l’Asie centrale.
« Nous allons améliorer les infrastructures de la route commerciale transcaspienne et offrir à nos partenaires davantage de moyens d’accéder aux marchés américains et centrasiatiques », a affirmé Marco Rubio lors de la réunion ministérielle. Cet axe commercial intéresse directement le Kazakhstan, dont le territoire fait partie du corridor transcaspien.
Cette ambition s’accompagne d’une mobilisation du secteur privé. Plus de 200 dirigeants d’entreprise américains ont accompagné le déplacement du secrétaire d’État. Marco Rubio a également évoqué la présence de près de 300 entreprises américaines.
Devant les ministres, Marco Rubio a également évoqué la formation de milliers de jeunes professionnels aux technologies américaines. Les compétences techniques et le numérique figurent donc aussi à l’agenda. Le responsable américain a rappelé que le sommet de Washington de novembre 2025 avait généré des accords d’environ 22,3 milliards d’euros.
Le Kazakhstan parmi les six signataires d’une déclaration commune
La réunion de Samarcande s’est achevée par l’adoption d’une déclaration commune des six États. Le texte réaffirme le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale. « Nous envisageons les États-Unis et l’Asie centrale comme des partenaires de choix durables », peut-on lire dans cette déclaration. Le document prévoit notamment un approfondissement des échanges commerciaux, une meilleure coordination douanière, le développement du corridor transcaspien et l’utilisation de technologies numériques sécurisées. Il reconnaît également le rôle du dialogue entre entreprises et gouvernements à travers le format B5+1, destiné à faire émerger des projets susceptibles d’intéresser les investisseurs des deux côtés. Sur les questions de sécurité, les signataires mentionnent la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, les trafics et les cybermenaces. Ils souhaitent aussi poursuivre la coopération autour de la protection des matières nucléaires et des usages pacifiques de l’énergie atomique.
Le cadre multilatéral « C5+1 » existe depuis septembre 2015. Cette année, la déclaration rappelle les 35 ans d’indépendance des cinq pays centrasiatiques et les 250 ans de l’indépendance des États-Unis. Elle aborde enfin les échanges éducatifs, professionnels et culturels. Les responsables ont ainsi fixé un programme étendu, dont la mise en œuvre dépendra des initiatives et négociations à venir.
