Tadjikistan : l’aide humanitaire baisse fortement, Moscou reste en tête
Tadjikistan : l’aide humanitaire baisse fortement, Moscou reste en tête

Le Tadjikistan a reçu nettement moins d’aide humanitaire au cours des sept premiers mois de 2026. La valeur des cargaisons enregistrées a reculé de 38% sur un an, tandis que la Russie a pris la première place parmi les pays donateurs, devant les États-Unis et la Chine. Ce basculement redessine la hiérarchie des soutiens extérieurs au pays, sans que les statistiques disponibles permettent pour autant d’identifier les causes précises de la contraction.

Tadjikistan : l’aide humanitaire recule de 38% en sept mois

Entre janvier et juillet 2026, le Tadjikistan a reçu 17,96 millions de dollars d’aide humanitaire, apprend-on des statistiques rendues publiques par l’Agence des statistiques du Tadjikistan. Sur la même période de 2025, le Tadjikistan avait reçu 28,96 millions de dollars d’assistance, soit environ 24,8 millions d’euros au même taux de conversion. En un an, l’écart représente donc près de 9,4 millions d’euros. Il ne concerne pas seulement la valeur des livraisons : leur poids total a diminué de 10.264 tonnes à 6.195,5 tonnes, soit 4.068,5 tonnes de moins et une contraction de 39,6%. Le nombre de pays ayant envoyé de l’aide est, lui, passé de 36 à 34.

La baisse observée entre janvier et juillet 2026 est suffisamment importante pour modifier la physionomie des apports extérieurs. En valeur, le Tadjikistan a reçu 38% d’aide humanitaire de moins qu’un an plus tôt. Ce rythme est presque identique à la diminution du volume physique des cargaisons, évaluée à 39,6%. Autrement dit, le recul apparaît à la fois dans les montants déclarés et dans les tonnages enregistrés par les douanes.

Ces statistiques décrivent les flux effectivement comptabilisés à l’entrée du pays. Elles ne permettent cependant pas d’affirmer que tous les États donateurs ont décidé de réduire leurs engagements, ni d’identifier un facteur unique derrière la baisse. Néanmoins, une chose est sûre : sur les sept premiers mois de 2026, le niveau d’assistance reçu par le Tadjikistan est sensiblement inférieur à celui de la même période de 2025.

L’évolution est d’autant plus notable que la hiérarchie des partenaires a profondément changé. Un an plus tôt, la Chine représentait à elle seule 37,2% de la valeur de l’aide reçue. En 2026, sa part tombe à 11,4%. À l’inverse, la Russie passe de 5,7% à 23,5%. Le mouvement ne se résume donc pas à une contraction globale : il s’accompagne d’un rééquilibrage très visible entre pays donateurs.

Russie, États-Unis, Chine : le nouveau classement des donateurs du Tadjikistan

La Russie occupe désormais la première place avec 23,5% de la valeur totale de l’aide enregistrée entre janvier et juillet 2026. Sa contribution équivaut à 4,2 millions de dollars, soit près de 3,6 millions d’euros. Les États-Unis arrivent en deuxième position avec 19,3%, ce qui correspond à environ 3 millions d’euros sur la base du total déclaré. La Chine complète le trio de tête avec 11,4%, soit près de 1,8 million d’euros.

Derrière ces trois pays, la Corée du Sud représente 9,1% des apports, les Pays-Bas 7,7%, la Belgique 7,2% et l’Inde 6,6%. En équivalent monétaire, cela correspond approximativement à 1,4 million d’euros pour la Corée du Sud, 1,2 million pour les Pays-Bas, 1,1 million pour la Belgique et un peu plus de 1 million pour l’Inde. L’Iran suit avec 3,5%, puis le Japon avec 2,2% et l’Allemagne avec 1,4%.

À eux seuls, ces dix pays concentrent 91,9% de la valeur totale de l’assistance reçue. D’autres États figurent également parmi les fournisseurs, notamment la Turquie, le Danemark, la Biélorussie, les Émirats arabes unis, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Ouzbékistan, l’Australie et le Kazakhstan.

Au Tadjikistan, l’aide humanitaire change de centre de gravité

Le contraste avec 2025 est particulièrement frappant pour la Chine et la Russie. Entre les deux périodes comparées, la part chinoise a été divisée par plus de trois, passant de 37,2% à 11,4%. La part russe, elle, a été multipliée par plus de quatre, de 5,7% à 23,5%. Cette évolution suffit à faire de Moscou le premier pays donateur en valeur sur les sept premiers mois de 2026.

Les autres positions montrent davantage de continuité. Les États-Unis, déjà parmi les principaux contributeurs en 2025 avec 12,1% du total, progressent à 19,3% en 2026. Les Pays-Bas voient au contraire leur part reculer de 12,6% à 7,7%. La Belgique reste dans le groupe de tête, passant de 7,7% à 7,2%. Le Kazakhstan, qui représentait 7,1% de l’aide en valeur sur les sept premiers mois de 2025, n’apparaît plus parmi les dix premiers pays cités pour 2026.

Ce changement de classement doit néanmoins être lu avec prudence. Une hausse de la part relative d’un pays ne signifie pas nécessairement que la valeur absolue de son aide a augmenté : lorsque le total diminue fortement, la structure en pourcentage peut évoluer même si certains montants restent stables ou reculent moins vite que d’autres.

Par Rodion Zolkin
Le 10/07/2026

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