Au forum AI & Digital Bridge-2026, Kassym-Jomart Tokaïev n’a pas limité son intervention aux promesses de l’intelligence artificielle. Le président du Kazakhstan a articulé une feuille de route plus large : transformer les avancées numériques en applications industrielles, soutenir les entreprises innovantes, former les compétences dont le pays aura besoin et encadrer les risques sans ralentir l’innovation.
Un enjeu plus large de souveraineté économique, de compétitivité et de modernisation de l’État
Le 1er octobre 2026 à Astana, le président kazakhstanais a pris la parole lors de l’AI & Digital Bridge-2026, ce grand évènement annuel eurasien consacré aux technologies émergentes, où se croisent entreprises, investisseurs, ingénieurs et chercheurs. Kassym-Jomart Tokaïev y a précisé la place qu’il entend donner à l’intelligence artificielle dans la transformation économique et administrative du pays.
Son intervention a suivi un fil directeur : le Kazakhstan veut accélérer sa mutation numérique, mais en reliant davantage les infrastructures technologiques à des usages économiques concrets. Kassym-Jomart Tokaïev a successivement abordé les modèles d’intelligence artificielle, les capacités de calcul, la robotique, le cadre juridique, la formation scientifique, la sécurité des systèmes et la coopération internationale. Il a ainsi placé le développement technologique dans une problématique plus large de souveraineté économique, de compétitivité et de modernisation de l’État.
AI & Digital Bridge-2026 : le président du Kazakhstan place l’intelligence artificielle au cœur de l’État numérique
Pour Kassym-Jomart Tokaïev, l’essor de l’IA n’est plus une perspective lointaine. Il a souligné que ces technologies modifient déjà l’industrie, la finance, l’éducation, la recherche scientifique, l’administration publique et les habitudes quotidiennes. C’est précisément cette diffusion rapide qui justifie, selon lui, l’élargissement progressif du programme de AI & Digital Bridge-2026 aux infrastructures de calcul, aux grands modèles linguistiques, à la robotique, mais aussi aux règles juridiques et aux questions de sécurité.
Le président a relié cette évolution à l’objectif de faire du Kazakhstan un État pleinement numérique. Pour étayer ce mouvement, il a rappelé que les exportations kazakhstanaises de services informatiques avaient dépassé en 2025 l’équivalent d’environ 890,84 millions d’euros, sur la base du montant de plus d’un milliard de dollars. Il a ajouté que les solutions numériques développées dans le pays étaient utilisées dans plus de 100 pays.
Ces résultats ne sont toutefois pas présentés par Kassym-Jomart Tokaïev comme une ligne d’arrivée. Son message aux entreprises et aux institutions publiques est plutôt celui d’une accélération. Le Kazakhstan doit, d’après lui, offrir un soutien concret aux start-up innovantes et favoriser des projets capables de déboucher sur des produits, des services ou des gains de productivité tangibles. Le propos déplace donc l’accent de la simple adoption technologique vers la capacité à transformer l’innovation en activité économique.

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Kassym-Jomart Tokaïev mise sur les start-up et une IA utile à l’industrie
Cette recherche d’applications concrètes s’est traduite par une proposition précise. Kassym-Jomart Tokaïev souhaite que soient recensés les problèmes industriels susceptibles d’être résolus par l’intelligence artificielle, en partant directement des besoins des entreprises et de l’économie. Sur cette base, le Kazakhstan organiserait un défi consacré à l’IA, ouvert aussi bien aux équipes nationales qu’étrangères. Les projets dont l’efficacité aurait été démontrée pourraient ensuite passer du stade de prototype à celui de la production.
Cette approche donne à l’écosystème des start-up une fonction très concrète. L’objectif formulé par le président n’est pas seulement d’accroître le nombre d’entreprises technologiques, mais de créer un circuit reliant problèmes industriels, développeurs, expérimentations et déploiement réel. Pour Astana, cette logique peut aussi servir à rapprocher les entreprises traditionnelles du secteur numérique et à orienter les compétences de l’écosystème technologique vers les besoins de l’économie productive.
Dans le même registre, le président a salué ce qu’il a présenté comme la récente signature, aux États-Unis, d’un accord consacré à la superintelligence par de grandes entreprises technologiques sous l’impulsion du président Donald Trump. Kassym-Jomart Tokaïev a estimé que cette démarche pourrait, après examen approfondi, fournir des éléments de réflexion à d’autres pays. Cette référence s’inscrivait dans son appel plus général à une responsabilité internationale face à des technologies dont les capacités progressent rapidement. Il s’agit ici de la présentation faite par le président kazakhstanais dans son discours.
AI & Digital Bridge-2026 : le Kazakhstan veut réguler sans étouffer l’innovation
La régulation constitue l’autre grand axe de l’intervention. Le président a rappelé que le Kazakhstan avait déjà posé les bases de son encadrement juridique avec une loi sur l’intelligence artificielle et un Code numérique. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’un dispositif proportionné aux risques. Pour Kassym-Jomart Tokaïev, le niveau d’exigence doit être élevé dès lors que sont concernés la sécurité, les droits des citoyens ou leurs intérêts essentiels, mais il ne devrait pas devenir un obstacle systématique à l’innovation.
Le chef de l’État a notamment mis en garde contre une accumulation de contraintes susceptible d’inciter les équipes technologiques, les projets ou les capitaux à se déplacer vers d’autres juridictions. Le raisonnement exposé à Astana consiste donc à différencier les usages de l’IA en fonction de leurs conséquences potentielles, plutôt qu’à appliquer un même niveau de contrôle à toutes les applications.
Kassym-Jomart Tokaïev n’a pas pour autant minimisé les dangers associés à la diffusion de systèmes toujours plus puissants. Il a cité la cybersécurité, la protection des données, la fiabilité de l’information, la transparence algorithmique et la responsabilité liée aux décisions parmi les sujets nécessitant une réponse rapide. Dans son raisonnement, la question déterminante reste l’usage humain de la technologie : un système d’intelligence artificielle peut accroître les capacités disponibles, mais ses effets dépendent des objectifs, des règles et des personnes qui le mettent en œuvre.

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L’intelligence artificielle, le capital humain et la coopération selon le président du Kazakhstan
La technologie, a également insisté Kassym-Jomart Tokaïev, ne se résume pas aux centres de données, aux puces ou aux capacités de calcul. Sans chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs et spécialistes capables de transformer ces ressources en produits utilisables, les infrastructures seules ne peuvent produire la rupture économique recherchée. Le président du Kazakhstan a ainsi appelé à bâtir une véritable école scientifique et d’ingénierie nationale, avec des professionnels suffisamment qualifiés pour développer des technologies destinées au marché.
La nouvelle Université de recherche Qazaq AI doit jouer un rôle dans ce dispositif. D’après le discours présidentiel, sa mission ne devrait pas s’arrêter à l’enseignement : elle doit également mener des recherches répondant aux besoins de l’industrie et de l’économie. Le modèle « IA+X » évoqué par Kassym-Jomart Tokaïev doit précisément faciliter l’application de l’intelligence artificielle dans des secteurs comme l’industrie, l’énergie, la santé, la finance ou encore l’administration publique. Dans le même temps, il a insisté sur l’importance persistante des connaissances, de l’esprit critique, de la capacité de décision et du sens des responsabilités à mesure que les systèmes technologiques gagnent en puissance.
Cette priorité donnée aux compétences se double d’une dimension internationale. Astana veut maintenir ouverts les canaux de recherche conjointe, d’investissement, de transfert technologique et de formation des talents. « L’intelligence artificielle ne doit pas créer de nouvelles lignes de fracture », a déclaré Kassym-Jomart Tokaïev. Pour le président kazakhstanais, la multiplication de barrières technologiques entre États risquerait au contraire d’accroître les écarts de développement.
Le dernier volet concerne directement la jeunesse. Kassym-Jomart Tokaïev considère que l’IA peut élargir l’accès à une formation de qualité, à condition que les nouvelles générations sachent utiliser ces outils sans abandonner leur capacité de jugement. Cette articulation entre technologie et responsabilité rejoint l’objectif assigné par le pouvoir kazakhstanais à l’Année de la numérisation et de l’intelligence artificielle : convertir les progrès techniques en bénéfices concrets pour la population et inscrire durablement cette transformation dans l’économie du Kazakhstan.
