Au Kazakhstan, les livreuses qui travaillent par l’intermédiaire de Yandex Go et traversent une période de crise disposent désormais d’un dispositif qui leur est spécifiquement destiné. Le projet pilote associe les pouvoirs publics, la plateforme numérique et une organisation sociale afin d’orienter les travailleuses concernées vers des aides juridiques, psychologiques, humanitaires ou sociales adaptées à leur situation.
Au Kazakhstan, un programme de soutien spécifique pour les livreuses de Yandex Go
Le dispositif s’adresse aux femmes effectuant des activités de livraison par l’intermédiaire de plusieurs services associés à Yandex Go et confrontées à des difficultés personnelles ou familiales suffisamment importantes pour nécessiter un accompagnement. Le principe retenu n’est pas celui d’une prestation uniforme : la situation de chaque candidate doit être examinée séparément afin de déterminer la forme de soutien qui lui correspond.
Cette initiative repose sur un mémorandum conclu entre le ministère kazakhstanais du Travail et de la Protection sociale de la population, Yandex Qazaqstan et le fonds public Centre de soutien « Isker ». Les trois partenaires entendent ainsi créer un point de passage entre l’activité exercée sur une plateforme de livraison et des mécanismes d’accompagnement social auxquels certaines travailleuses peuvent avoir besoin d’accéder.
Des livreuses au cœur d’un dispositif de soutien
L’accès au programme est assorti d’une première condition liée à l’activité professionnelle. Les candidates doivent avoir livré des commandes pendant au moins quatre semaines consécutives par l’intermédiaire des services Eda, Lavka ou Dostavka de Yandex Go. Ce seuil vise à réserver le dispositif aux femmes effectivement engagées dans une activité de livraison au sein de l’écosystème concerné.
Le projet cible ensuite les situations considérées comme particulièrement fragiles. Les mères élevant seules leurs enfants, les mères de familles nombreuses, les femmes en situation de handicap, celles qui élèvent un enfant ayant des besoins particuliers ainsi que celles qui prennent soin d’un membre de leur famille gravement malade doivent bénéficier d’une attention prioritaire lors de l’étude des dossiers. Cette priorité ne constitue toutefois pas une garantie d’obtention de l’aide.
Cette distinction est importante. Une femme appartenant à l’une de ces catégories ne reçoit pas automatiquement une prestation prédéterminée. Chaque demande doit au contraire être étudiée séparément, en tenant compte des difficultés rencontrées par la travailleuse et par sa famille. Le système est donc présenté comme un mécanisme d’aide ciblée plutôt que comme une nouvelle allocation générale destinée à l’ensemble des coursières.
Le ministre kazakhstanais du Travail et de la Protection sociale de la population, Askarbek Ertaïev, a insisté sur cette dimension familiale. « Il s’agit ici de femmes qui combinent un emploi dans le secteur de la livraison avec des responsabilités familiales et qui peuvent, dans le même temps, se retrouver dans une situation de vie difficile. Il est important que, dans de telles circonstances, une personne sache où s’adresser et quelle aide elle peut recevoir », a déclaré le ministre.
Yandex Go ouvre un canal de demande pour les livreuses
La procédure doit passer par les outils numériques déjà utilisés par les coursières dans le cadre de leur activité. Les informations relatives au programme sont mises à disposition dans l’application Yandex Pro, au sein de la rubrique consacrée aux éléments essentiels de la coopération avec la plateforme. Un contenu spécifique y présente l’aide destinée aux femmes exerçant comme coursières.
Les personnes concernées peuvent également se tourner vers le service d’assistance pour obtenir des informations sur les conditions de participation. Ce choix permet de rapprocher le mécanisme social d’un environnement numérique que les travailleuses connaissent déjà. Pour une livreuse active sur Yandex Go, la recherche d’informations ne nécessite donc pas, dans un premier temps, d’identifier seule une administration ou un organisme extérieur susceptible de répondre à ses difficultés.
Le rôle de la plateforme n’efface cependant pas celui des autres acteurs. Le mémorandum associe directement le ministère du Travail et de la Protection sociale de la population ainsi que le Centre de soutien « Isker ». Le programme repose ainsi sur une coopération entre trois types d’intervenants : l’administration chargée des politiques sociales, l’entreprise exploitant l’environnement numérique utilisé pour les commandes et une structure spécialisée dans l’accompagnement.
Cette organisation reflète aussi la nature des problèmes auxquels le projet entend répondre. La précarité d’une situation familiale ne se réduit pas nécessairement à la question des revenus tirés des livraisons. Une même personne peut avoir besoin de conseils juridiques, d’un accompagnement psychologique, de produits essentiels ou simplement d’informations fiables pour comprendre quelles prestations publiques et quels services sociaux lui sont accessibles.
Un soutien individualisé autour de la livraison
Plusieurs formes d’aide sont prévues. Les participantes peuvent notamment recevoir un soutien juridique, psychologique ou humanitaire en fonction de leur situation. L’accompagnement peut également consister à expliquer les dispositifs publics existants et à aider les intéressées à s’orienter parmi les services sociaux disponibles. Dans certains cas, une intervention destinée à faciliter l’accès à une prise en charge médicale est également envisagée.
Cette palette d’interventions place l’évaluation individuelle au centre du projet. Deux livreuses présentant des difficultés différentes ne sont donc pas censées recevoir mécaniquement la même réponse. L’une peut avoir avant tout besoin d’une information sur un droit social ; une autre peut nécessiter une assistance juridique ou psychologique. Une troisième peut se trouver confrontée à une situation familiale nécessitant une aide humanitaire.
Le mécanisme vise ainsi à connecter l’activité de livraison à un réseau de ressources plus large. Il ne transforme pas, à lui seul, les conditions générales du travail exercé par l’intermédiaire d’une plateforme. En revanche, il cherche à créer un canal identifiable pour certaines travailleuses confrontées à des difficultés qui dépassent leur activité quotidienne de coursière.
Cette approche est particulièrement visible dans la priorité accordée aux charges familiales lourdes. Une femme qui assume seule l’éducation d’un enfant, qui s’occupe d’un proche gravement malade ou qui doit composer avec un handicap peut continuer à exercer une activité de livraison tout en rencontrant des besoins sociaux spécifiques. Le programme entend précisément traiter ces situations au cas par cas, sans considérer le seul statut professionnel comme suffisant pour définir l’aide.
Un projet pilote de soutien appelé à être évalué au Kazakhstan
Le caractère pilote du dispositif reste un élément central. Les partenaires n’ont pas présenté le programme comme un mécanisme définitivement installé dans le paysage social kazakhstanais. Ils doivent d’abord observer son fonctionnement, mesurer l’intérêt qu’il suscite auprès des livreuses et examiner la manière dont les différentes formes de soutien sont mobilisées.
À l’issue de cette phase, le ministère, Yandex Qazaqstan et le Centre de soutien « Isker » doivent notamment pouvoir déterminer si l’aide répond à une demande réelle et s’il est pertinent de poursuivre son développement. Cette logique d’expérimentation laisse donc ouverte la question de son évolution future, de son éventuelle extension ou de l’adaptation de ses modalités.
Le choix des bénéficiaires constitue, à cet égard, un indicateur déterminant. Le programme ne s’adresse pas indistinctement à toutes les personnes actives dans la livraison. Il combine un critère minimal d’activité, fixé à quatre semaines consécutives, et une appréciation de la situation personnelle ou familiale. Les catégories considérées comme vulnérables bénéficient d’une priorité, mais l’examen reste individualisé.
Pour les livreuses concernées, l’enjeu immédiat tient surtout à l’existence d’un point d’entrée clairement identifié. Une travailleuse confrontée à une crise personnelle peut se renseigner par l’intermédiaire de Yandex Pro ou du service d’assistance, puis voir sa situation examinée dans le cadre du programme. Le projet rapproche ainsi un outil de travail numérique et des formes d’accompagnement social qui, jusqu’ici, n’étaient pas nécessairement réunies dans un même parcours.
La mise en œuvre permettra enfin aux partenaires de mesurer la demande concrète. C’est à partir de cette expérience que sera étudiée la possibilité de développer davantage le programme. Pour l’heure, le Kazakhstan expérimente donc un modèle ciblé : partir de l’activité de livraison exercée par des femmes sur une plateforme pour repérer certaines situations de vulnérabilité et les orienter vers un soutien adapté, sans instaurer pour autant un droit automatique à l’aide.
