Ouzbékistan : 4.367 euros d’aides pour entreprendre au retour de l’étranger
Ouzbékistan : 4.367 euros d’aides pour entreprendre au retour de l'étranger

L’Ouzbékistan veut transformer l’expérience acquise par ses ressortissants à l’étranger en activité économique sur son propre territoire. Les travailleurs migrants revenus au pays peuvent désormais candidater à un dispositif d’aides à l’entrepreneuriat dont le plafond atteint 60 millions de soums, soit environ 4.367 euros, la priorité étant donnée aux projets capables de créer des emplois durables.

En Ouzbékistan, des aides jusqu’à 4.367 euros pour développer une activité

Le dispositif a été officiellement annoncé le 7 septembre 2026 par l’Agence des migrations d’Ouzbékistan. Il associe l’administration ouzbèke à l’Organisation internationale pour les migrations, l’OIM, avec un financement apporté par le ministère de la Justice de Suède. Ces aides doivent soutenir des ressortissants qui ont travaillé à l’étranger avant de revenir dans leur pays et qui souhaitent consolider leur insertion économique par l’entrepreneuriat.

La campagne vise les citoyens ayant travaillé hors d’Ouzbékistan en 2025 ou 2026 puis étant revenus dans le pays. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 21 septembre 2026. Les projets sélectionnés peuvent recevoir jusqu’à 60 millions de soums, soit 4.367 euros.

L’objectif affiché ne consiste pas simplement à distribuer un soutien financier aux personnes rentrées de l’étranger. Le mécanisme repose sur une sélection des projets. L’Agence des migrations indique que les dossiers seront notamment examinés en fonction de la solidité de l’idée présentée, de la possibilité de créer de nouveaux emplois ainsi que de la stabilité et de l’efficacité de l’entreprise. Autrement dit, l’expérience professionnelle acquise pendant la migration doit pouvoir être convertie en projet économique crédible une fois le retour effectué.

Le montant maximal est conséquent à l’échelle d’un petit projet entrepreneurial. Les fonds doivent être distribués sur une base concurrentielle. Il ne s’agit donc pas d’une allocation automatique accordée à chaque migrant revenu au pays, mais d’un financement destiné aux dossiers retenus après examen. L’administration précise que le choix des bénéficiaires intégrera aussi une dimension sociale. La participation active des femmes sera particulièrement soutenue.

Suède et Ouzbékistan : une coopération migratoire qui dépasse le financement

La présence de la Suède dans ce mécanisme n’est pas isolée. Le ministère suédois de la Justice apporte le soutien financier au programme conduit avec l’OIM et l’Agence des migrations. Cette implication intervient quelques mois après un rapprochement plus large entre Tachkent et Stockholm dans le domaine de la mobilité professionnelle. En juin 2026, l’Ouzbékistan et la Suède ont conclu un accord de partenariat consacré à la migration et à la mobilité. Le partenariat doit favoriser des voies de migration régulière et renforcer les échanges entre les deux pays.

Le dispositif vise notamment à mieux articuler mobilité internationale, qualification professionnelle et débouchés légaux. Il ne s’agit plus uniquement d’organiser les départs de travailleurs ouzbeks, mais aussi de réfléchir à ce qui se passe après leur retour. Le financement d’entreprises constitue, dans cette perspective, un instrument de réintégration économique.

Cette logique correspond directement aux critères retenus pour le concours. Une expérience à l’étranger n’est pas considérée comme une fin en soi : elle peut apporter un savoir-faire, une capacité d’épargne, des compétences professionnelles ou une connaissance de certaines méthodes de travail. Le nouveau mécanisme cherche à canaliser ces acquis vers une activité viable en Ouzbékistan, avec l’emploi local comme l’un des principaux indicateurs de sélection.

Un autre engagement porte sur le suivi après attribution. Les participants doivent accepter de coopérer avec l’Organisation internationale pour les migrations pendant les deux années suivantes. Cette période doit permettre aux experts d’évaluer les effets du programme sur les conditions de vie des bénéficiaires. Le financement devient ainsi aussi un outil d’observation : au-delà du lancement de l’entreprise, les partenaires veulent mesurer son impact social et économique dans la durée.

Illustration www.magnific.com.

Par Païsiy Ukhanov
Le 09/10/2026

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