Du réseau de plus de dix mille bureaux aux urnes transportées dans les chambres d’un centre périnatal, les élections du nouveau Kouroultaï ont mobilisé, le 23 août 2026, une vaste mécanique administrative au Kazakhstan. Transports gratuits, dispositifs pour les personnes handicapées, bureaux à l’étranger et remontée régulière de la participation ont rythmé une journée électorale pensée à l’échelle d’un pays immense.
Élections du Kouroultaï : une mécanique nationale de 10.423 bureaux de vote
Le Kazakhstan a organisé dimanche 23 août 2026 ses premières élections destinées à former le nouveau Kouroultaï, le nouveau Parlement monocaméral issu de la récente réorganisation institutionnelle. Cent quarante-cinq députés étaient à élire sur des listes de partis. Sept formations figuraient sur le bulletin, avec également une case permettant de voter contre toutes les listes.
Au-delà de cette nouveauté institutionnelle, la journée a surtout constitué une opération logistique de grande ampleur. L’administration électorale avait préparé un réseau couvrant les villes, les zones rurales, certains établissements de santé, des lieux de séjour temporaire et plusieurs dizaines de représentations diplomatiques. À cette infrastructure classique se sont ajoutées différentes mesures locales pour faciliter l’accès aux bureaux et informer les électeurs.
Au total, 10.423 bureaux de vote avaient été constitués pour ces élections du Kouroultaï. Parmi eux, 79 bureaux dans 61 pays devaient permettre aux citoyens se trouvant à l’étranger de participer. Le fonctionnement normal était prévu de 7 heures à 20 heures. Toutefois, 107 bureaux avaient reçu l’autorisation d’ouvrir dès 6 heures, afin d’adapter les horaires aux réalités locales.
À 7 heures, 10.363 bureaux dans vingt régions avaient déjà commencé à recevoir les électeurs. À ce même moment, 19 bureaux situés dans seize pays étaient également ouverts. Les autorités électorales avaient par ailleurs comptabilisé 17.132 certificats permettant à leurs détenteurs de voter hors de leur localité de résidence. Ce dispositif complétait la possibilité de voter à domicile lorsque l’état de santé d’un électeur, ou la nécessité de s’occuper d’un proche malade, empêchait de se déplacer.
La préparation avait commencé bien avant le dimanche électoral. Plus de 7.000 séminaires de formation avaient réuni plus de 71.000 membres des commissions territoriales et locales. Quelque 23.000 autres participants au processus électoral avaient également été formés. Les formations combinaient enseignement théorique, cas pratiques, sessions en ligne et transmission des méthodes de formateur à formateur.
Deux jours avant le scrutin, les commissions territoriales avaient indiqué que les bulletins avaient été livrés dans les quantités prévues et placés sous protection. Des invitations individuelles précisant le lieu, l’heure du vote et l’adresse du bureau avaient aussi été distribuées. Cette préparation matérielle s’accompagnait de services numériques permettant aux citoyens de vérifier leur rattachement à un bureau, tandis qu’une plateforme d’information baptisée Qurultai LIVE avait été lancée à quelques jours du vote.
Transports, accessibilité et vote hors des bureaux
Une partie importante de l’organisation du Kouroultaï a porté sur l’accessibilité. La Commission électorale centrale avait prévu dans chaque bureau un gabarit en braille reproduisant le bulletin. Des espaces spécifiques devaient également proposer des informations audio et vidéo, un casque, un éclairage supplémentaire et une loupe. L’objectif affiché était de permettre notamment aux personnes malvoyantes d’effectuer seules les opérations de vote.
À Almaty, ce dispositif a été complété par un service de transport adapté. Cent soixante-dix véhicules devaient être mobilisés : 36 véhicules spécialement équipés et 134 voitures particulières. Vingt véhicules de permanence supplémentaires avaient été prévus. Le service gratuit s’adressait notamment aux personnes utilisant un fauteuil roulant, présentant des limitations de l’appareil locomoteur ou souffrant de déficiences visuelles.
La gratuité des transports publics a constitué une autre mesure visible. À Almaty, les autobus, trolleybus et le métro étaient accessibles sans paiement pendant toute la journée du scrutin. Astana a adopté une mesure comparable pour les autobus urbains, les lignes express, les dessertes suburbaines et le Tarlan. L’opérateur expliquait que le dispositif devait « faciliter les déplacements des citoyens et améliorer l’accessibilité des bureaux de vote ».
L’organisation s’est aussi déplacée là où se trouvaient certains électeurs. Au centre périnatal régional d’Atyraou, environ 100 femmes ont pu participer au scrutin. Un bureau fermé, le numéro 22, fonctionnait dans l’établissement, tandis que des urnes mobiles ont été apportées jusque dans les services d’accouchement et de réanimation pour les patientes ne pouvant rejoindre le bureau.
Élections du Kouroultaï : information, observation et mobilisation locale
Les élections du Kouroultaï ont également donné lieu à une campagne d’information très visible. À Almaty, des véhicules équipés de haut-parleurs ont parcouru les districts de la ville pour rappeler aux habitants qu’ils pouvaient voter. Les messages étaient diffusés en kazakh et en russe. À quelques jours du scrutin, le débat télévisé final avait par ailleurs permis de transmettre des questions par QR code et via un centre de contact. Environ 59.000 questions avaient été reçues de citoyens au Kazakhstan et à l’étranger.
Certaines collectivités ont associé la journée électorale à des initiatives locales. À Almaty, 21 emplacements supplémentaires de foires agricoles ont été programmés près de certains bureaux : 11 dans le district d’Almaly et 10 dans celui de Bostandyk. Plus de 1.000 références de produits provenant de 315 producteurs étaient annoncées. Ailleurs, plusieurs bureaux ont accueilli des animations ou des électeurs costumés, donnant à certains lieux de vote une atmosphère moins administrative.
Un autre électeur a transformé son déplacement vers les urnes en événement à part entière. L’ultramarathonien Mendybaï Alimgazinov, âgé de 58 ans, est arrivé le 23 août au bureau numéro 545 d’Almaty après être parti d’Astana le 10 août. Son parcours avoisinait 1.300 kilomètres, réalisés en treize jours. L’épisode reste anecdotique, mais il s’est inscrit dans l’importante communication locale autour de la participation.
La surveillance internationale représentait, elle, un dispositif beaucoup plus formalisé. 777 observateurs internationaux ont été accrédités pour le scrutin. Parmi eux figuraient 160 représentants de 42 États et 617 représentants de treize organisations internationales. La délégation globale comprenait également 138 parlementaires issus de 41 pays. Les chiffres définitifs d’accréditation, annoncés le 18 août, étaient nettement supérieurs aux premières listes communiquées pendant la phase préparatoire.
Au soir du 24 août 2026, 9.351.539 électeurs, sur les 12.623.289 inscrits, ont voté, ce qui établissait la participation préliminaire à 74,08%.
