Au Kazakhstan, la police transforme la liaison ferroviaire Astana-Bourabaï en campagne anti-drogue
Au Kazakhstan, un train anti-drogue relie Astana à Bourabaï

Un train pas tout à fait comme les autres relie désormais Astana à Bourabaï. Derrière les vitres et sur les voitures, le voyage devient le support d’une campagne permanente de prévention contre la drogue, portée par la police de la capitale kazakhstanaise et plusieurs partenaires publics et associatifs.

Un train anti-drogue quotidien entre Astana et Bourabaï

Le soir du 12 août 2026, la gare Nūrly jol d’Astana a servi de décor au lancement d’un nouveau train de voyageurs à vocation préventive. Présenté par l’administration municipale comme le premier train thématique anti-drogue du Kazakhstan, le convoi doit désormais circuler quotidiennement entre la capitale et la station touristique de Bourabaï. L’objectif affiché n’est pas de modifier la fonction du trajet, mais d’utiliser cette liaison régulière pour placer les messages de prévention au contact direct des voyageurs.

Le projet est porté par le Département de police d’Astana, avec la participation de la police des transports et l’appui de l’administration du district de Sarayshyq. Des organisations de jeunesse et de la société civile y sont également associées, parmi lesquelles Astana Zhastary, des bénévoles du mouvement O.Y.A.N, le fonds public Zhasyl Zhelken et l’Association de Pencak Silat du Kazakhstan. Cette composition donne à l’opération une dimension qui dépasse la seule communication policière : les autorités cherchent à faire de la prévention un sujet visible dans la vie quotidienne.

Au Kazakhstan, un train anti-drogue relie Astana à Bourabaï

© YouTube @ Polisia KZ

Le principe est immédiatement perceptible. Les voitures ont été transformées en supports d’information : messages appelant à refuser les stupéfiants, promotion d’un mode de vie sain, rappels liés au respect de la loi et coordonnées de services permettant de signaler anonymement des faits de trafic de drogue.

La fréquence du service est au cœur de la stratégie. Le train doit rouler tous les jours sur l’axe Astana-Bourabaï et, selon les autorités, être emprunté quotidiennement par plusieurs centaines de passagers. Contrairement à une campagne ponctuelle organisée pendant quelques heures sur une place ou dans un établissement scolaire, le message accompagne ici un déplacement ordinaire. Le convoi est conçu comme une plateforme mobile de prévention susceptible d’atteindre en permanence une audience renouvelée.

Le choix de Bourabaï n’est donc pas présenté comme un détail logistique. La liaison permet au dispositif de sortir de la capitale tout en conservant son point d’ancrage dans l’un des espaces les plus fréquentés d’Astana : la gare Nūrly jol. La campagne associe ainsi deux lieux de passage, le terminal ferroviaire et les voitures elles-mêmes, afin que les affiches, vidéos et coordonnées utiles ne disparaissent pas une fois la cérémonie de lancement terminée.

 

 

La police d’Astana mise sur une prévention visible et interactive

À Nūrly jol, le lancement a pris la forme d’une opération beaucoup plus large qu’un simple départ inaugural. Des espaces interactifs et des stands de prévention ont été installés dans la gare. Des vidéos anti-drogue étaient diffusées sur les écrans d’information tandis que des brochures indiquant des lignes de confiance et des services d’aide étaient distribuées aux voyageurs. Une exposition artistique consacrée aux conséquences de la consommation de stupéfiants ainsi qu’un programme musical complétaient le dispositif.

La police a également choisi une mise en scène destinée à attirer les regards. Des membres de la brigade cynophile ont présenté le travail de chiens de service. Des sportifs ont participé à des démonstrations et un chien-robot de la police a été montré au public comme exemple des technologies utilisées par les forces de l’ordre. Cette combinaison de prévention, de spectacle et de démonstration technique vise notamment un public jeune, auquel les autorités disent vouloir parler avec des formats plus accessibles.

Au Kazakhstan, la police transforme la liaison ferroviaire Astana-Bourabaï en campagne anti-drogue

© YouTube @ Polisia KZ

La démarche s’inscrit dans une campagne beaucoup plus vaste menée dans la capitale. D’après a mairie d’Astana, plus de 500 actions de prévention ont déjà été organisées depuis le début de l’année 2026. Le nouveau dispositif ferroviaire vient donc compléter une succession d’interventions et d’événements consacrés à la lutte contre les infractions liées aux stupéfiants. La mairie le rattache au plan visant à faire d’Astana une « ville sans drogue » et au principe plus large de « La Loi et l’Ordre ».

Pour Alia Kibatkyzy, responsable au sein de l’unité de prévention de la police antidrogue d’Astana, cette continuité est déterminante. « Le projet ne se limite pas à une seule journée de lancement », a-t-elle déclaré. La responsable insiste également sur une idée mise en avant par les organisateurs : la prévention ne doit pas relever uniquement des forces de l’ordre, mais associer citoyens, bénévoles, sportifs, associations et mouvements de jeunesse.

Un train inscrit dans la stratégie de lutte contre la drogue

L’intérêt du train tient précisément à cette répétition. À chaque rotation, les mêmes messages peuvent être vus par de nouveaux voyageurs. À chaque passage dans la gare, les supports permanents prolongent la campagne. Les autorités espèrent ainsi faire du refus des stupéfiants, du respect de la loi et de la responsabilité individuelle des réflexes davantage intégrés à la vie quotidienne, plutôt que des thèmes cantonnés aux seules opérations policières.

Cette approche explique aussi la diversité des partenaires mobilisés. Aux policiers et agents des transports se joignent des bénévoles, des représentants d’organisations publiques, des jeunes et des sportifs de pencak-silat. Lors du lancement, ils étaient présents sur le quai au moment où les voyageurs se préparaient à embarquer. Le message était ainsi délivré dans un contexte de déplacement réel, sans créer un événement entièrement séparé du fonctionnement de la gare.

Au Kazakhstan, un train anti-drogue relie Astana à Bourabaï

© YouTube @ Polisia KZ

Les autorités misent par ailleurs sur l’accès à une information immédiatement utilisable. Les supports ne se bornent pas à rappeler les risques associés à la drogue : ils indiquent aussi comment contacter anonymement les services compétents lorsqu’une personne souhaite signaler un trafic ou rechercher de l’aide. Cet aspect pratique est repris dans les communications du ministère de l’Intérieur comme dans celles de l’administration municipale.

Le format choisi permet enfin de déplacer physiquement la campagne hors d’un lieu institutionnel. Chaque jour, le message quitte Nūrly jol avec les voyageurs, parcourt la liaison jusqu’à Bourabaï puis revient dans le circuit ferroviaire. La police entend précisément capitaliser sur ce caractère mobile pour maintenir une exposition régulière, là où une affiche temporaire ou un événement unique disparaîtrait rapidement de l’espace public.

À BaiQymyz-2026, la police d’Astana privilégie aussi le contact direct

Cette logique d’aller à la rencontre du public avait déjà été visible un mois auparavant. Le 11 juillet 2026, pendant le festival gastronomique BaiQymyz-2026 à Astana, une autre opération « Loi et ordre » avait réuni la police chargée de la lutte contre les stupéfiants, le parquet de la ville, Astana Zhastary et des volontaires. Les personnages Tärtipbek et Tazabek participaient également à l’animation du dispositif.

Au Kazakhstan, la police transforme la liaison ferroviaire Astana-Bourabaï en campagne anti-drogue

© Департамент полиции Астаны

Pour les visiteurs, la police avait proposé plusieurs niveaux d’information. Des volontaires expliquaient les dangers liés aux drogues et les moyens de contribuer à la lutte contre les infractions associées aux stupéfiants. Des panneaux présentaient des numéros permettant de signaler anonymement des faits de consommation ou de distribution de substances interdites et, le cas échéant, d’obtenir une aide. L’enjeu consistait donc autant à prévenir qu’à expliquer concrètement vers qui se tourner.

Un micro ouvert permettait en parallèle aux visiteurs de poser directement leurs questions à des spécialistes sur la législation, l’ordre public, la prévention de la toxicomanie et, plus largement, la sécurité. Alia Kibatkyzy avait alors présenté le festival comme un espace adapté pour expliquer ces questions dans un langage accessible.

Par Païsiy Ukhanov
Le 08/14/2026

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