Le lac Issyk-Koul, au Kirghizstan, pourrait devenir un rendez-vous régulier de l’UIM F1H2O
Issyk-Koul : le Kirghizstan accueille la Formule-1 sur l’eau

Le lac Issyk-Koul a accueilli du 31 juillet au 2 août la première étape du championnat du monde UIM F1H2O organisée en Asie centrale. Pour le Kirghizstan, cette compétition spectaculaire a constitué à la fois un rendez-vous sportif inédit et une opération de visibilité internationale.

Un championnat mondial de motonautisme pour le plus grand plaisir du public venu nombreux

Le Kirghizstan vient de vivre un week-end sportif hors norme. Du 31 juillet au 2 août 2026, les rives d’Issyk-Koul ont servi de cadre au Grand Prix du Kirghizstan, première épreuve UIM F1H2O jamais disputée dans le pays et, plus largement, en Asie centrale. Le championnat mondial de motonautisme a ainsi fait escale sur l’un des principaux sites touristiques kirghizes, devant un public venu assister à des courses de monoplaces capables d’atteindre 250 km/h.

L’événement avait également une dimension régionale. Le 1er août, les présidents du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan ont participé à la cérémonie d’ouverture et donné ensemble le départ symbolique de la compétition. La présence des quatre dirigeants a transformé le rendez-vous sportif en vitrine de la coopération régionale, alors que les autorités kirghizes cherchent parallèlement à renforcer l’attractivité touristique et internationale du pays.

Pour cette première incursion en Asie centrale, l’UIM F1H2O a choisi un cadre particulièrement spectaculaire. La compétition s’est tenue à Baet, sur la rive du lac Issyk-Koul, entre les complexes touristiques Ak Maral et Chaika. Le circuit avait été spécifiquement aménagé pour accueillir les monoplaces du championnat, avec une longueur de 1.929 mètres, sept bouées et une largeur minimale de 45 mètres.

Issyk-Koul : le Kirghizstan accueille la Formule-1 sur l’eau

© Официальный сайт Президента Кыргызской Республики

Le choix du site n’est pas anodin. Situé à 1.607 mètres d’altitude, le lac offre un décor très différent de celui des étapes habituellement organisées sur des plans d’eau côtiers ou dans de grandes villes. Les pilotes ont dû composer avec les caractéristiques particulières de ce plan d’eau de montagne, tandis que le public bénéficiait d’une visibilité directe sur le circuit. La profondeur minimale annoncée du parcours atteignait trois mètres, un paramètre pris en compte dans la préparation de l’épreuve.

L’UIM F1H2O constitue l’un des principaux championnats internationaux de motonautisme sur circuit. Les bateaux, conçus comme de véritables monoplaces de course, évoluent à très grande vitesse sur des tracés délimités par des bouées. Leur vitesse maximale annoncée atteint 250 km/h. Cette combinaison entre accélérations, virages serrés et faible distance séparant les concurrents explique pourquoi la discipline est souvent comparée à une Formule-1 transposée sur l’eau.

À Issyk-Koul, le circuit pouvait accueillir jusqu’à 24 bateaux, même si le plateau présenté pour cette étape réunissait 18 pilotes répartis entre huit équipes. Les concurrents représentaient notamment les Émirats arabes unis, l’Australie et le Canada. Le championnat retrouvait ainsi sa dimension véritablement internationale au moment de sa première apparition dans cette partie du monde.

UIM F1H2O : un premier Grand Prix marqué par la compétition

L’ouverture officielle du Grand Prix a donné une dimension politique inhabituelle à un rendez-vous de sport automobile. Les dirigeants d’Asie centrale ont assisté au lancement de l’épreuve avant d’échanger avec les participants et de découvrir l’un des bateaux engagés. Cette séquence a souligné l’importance accordée par les autorités à la visibilité internationale de la compétition.

Le calendrier 2026 de l’UIM F1H2O comprend sept Grands Prix. L’étape kirghize a donc représenté une nouveauté importante pour la série, qui avait annoncé en avril son arrivée historique en Asie centrale. L’organisation a été préparée avec H2O Racing et la Fédération de motonautisme du Kirghizstan.

Sur l’eau, Jonas Andersson s’est d’abord distingué en décrochant la pole position à l’issue des qualifications. Les deux courses sprint disputées le 1er août ont ensuite été remportées respectivement par Jonas Andersson et Shaun Torrente. La journée principale devait finalement consacrer Torrente, vainqueur du premier Grand Prix de Kirghizstan.

Issyk-Koul s’impose sur la carte mondiale de la compétition UIM F1H2O

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Le résultat revêt une dimension particulière pour le pilote américain. Shaun Torrente était déjà le champion du monde en titre et comptait quatre couronnes mondiales avant la saison 2026. Le championnat avait par ailleurs annoncé que cette saison serait sa dernière avant sa retraite sportive. Sa victoire à Issyk-Koul intervient donc dans un contexte particulier, alors que le pilote poursuit sa dernière campagne dans la discipline.

La course s’est déroulée sur 40 tours. Quinze des 18 pilotes engagés auraient franchi la ligne d’arrivée. Eduard Kubatov, directeur de l’Agence nationale pour le développement du tourisme, a estimé que « malgré la vitesse élevée et la complexité du circuit, de graves collisions et accidents majeurs ont pu être évités ».

Ce bilan a aussi permis aux organisateurs de mettre en avant les dispositifs de sécurité déployés autour de l’épreuve. Un incident technique a touché un concurrent, tandis que trois autres pilotes n’ont pas terminé la course, selon le même responsable. Pour une première organisation à une telle altitude et sur un circuit inédit, la capacité à assurer le déroulement sportif dans de bonnes conditions constituait un enjeu important.

Le Kirghizstan veut inscrire la compétition dans la durée

Au-delà du résultat sportif, l’étape d’Issyk-Koul devait servir de démonstration pour le secteur touristique kirghize. Les autorités ont présenté la compétition comme un moyen d’attirer l’attention internationale sur le pays et de faire connaître davantage la région d’Issyk-Koul, déjà considérée comme l’une des principales destinations touristiques du Kirghizstan.

Le président Sadyr Japarov avait notamment associé l’organisation de l’UIM F1H2O à des objectifs plus larges en matière de tourisme, d’investissements et de développement sportif. La compétition était également accompagnée de rencontres et de manifestations consacrées au tourisme et au sport en Asie centrale. Le rendez-vous dépassait donc le simple cadre d’une course automobile : il s’inscrivait dans une stratégie de promotion du pays auprès d’un public international.

Cette volonté pourrait surtout se traduire par une nouvelle édition. Avant même la fin de l’événement, les autorités touristiques kirghizes avaient engagé des discussions avec les représentants du championnat et de l’Union internationale motonautique. Eduard Kubatov a indiqué qu’un mémorandum préliminaire avait été signé afin d’envisager l’organisation régulière du Grand Prix à Issyk-Koul.

À Issyk-Koul, le championnat du monde UIM F1H2O a fait ses débuts en Asie centrale

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Si cette perspective se concrétise, Issyk-Koul pourrait donc devenir une étape récurrente du calendrier mondial. Le lac ne serait plus seulement le théâtre d’une première historique pour le Kirghizstan : il pourrait progressivement s’installer comme l’un des sites identifiés du championnat UIM F1H2O.

L’organisation avait par ailleurs intégré un volet environnemental à la préparation de l’événement. Les organisateurs locaux ont annoncé différentes actions autour du nettoyage du littoral, de la plantation d’arbres et de la réduction de l’empreinte environnementale. En amont de la course, une expertise écologique avait également été réalisée pour évaluer les conséquences de l’organisation de l’épreuve sur le site.

Cette dimension était particulièrement sensible dans le cas d’Issyk-Koul, dont la valeur touristique repose précisément sur la qualité de ses paysages et de son environnement. Le défi consistait donc à accueillir une compétition internationale à très forte visibilité tout en limitant son impact sur le cadre naturel. Les organisateurs ont présenté les mesures environnementales comme l’un des éléments accompagnant la tenue du Grand Prix.

Avec cette première édition, le Kirghizstan a ainsi franchi une étape supplémentaire dans sa stratégie d’accueil de grands événements internationaux. L’UIM F1H2O lui a offert une exposition sportive mondiale, tandis que la présence simultanée des dirigeants des quatre principaux pays d’Asie centrale a donné au rendez-vous une portée régionale inhabituelle. Reste désormais à savoir si cette première course restera un événement ponctuel ou si le lac Issyk-Koul deviendra durablement l’un des rendez-vous du championnat du monde.

Par Païsiy Ukhanov
Le 08/10/2026

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