Le projet de second aéroport d’Astana entre dans une nouvelle phase. Les autorités kazakhstanaises prévoient de lancer les travaux en 2027, alors que le site d’implantation reste encore à déterminer. Entre saturation de l’infrastructure actuelle, croissance touristique et ambitions logistiques, la capitale prépare une extension majeure de sa capacité aérienne.
Un nouvel aéroport à Astana prévu pour 2027
La décision de construire un nouvel aéroport à Astana n’est plus seulement une hypothèse à long terme. Le gouvernement kazakhstanais vise désormais un démarrage du chantier en 2027, conformément aux orientations données par le président Kassym-Jomart Tokaïev. Le projet doit s’inscrire dans un programme plus large de modernisation des infrastructures aéroportuaires du pays. Le calendrier commence toutefois à se préciser plus vite que la localisation : fin juillet 2026, l’administration municipale travaillait encore sur plusieurs possibilités.
Le gouvernement kazakhstanais considère désormais la création d’une deuxième infrastructure aéroportuaire comme l’une des priorités du développement des transports à Astana. Le ministre des Transports Nurlan Sauranbaïev a indiqué que la préparation du projet était en cours et que la construction devait commencer en 2027.
Cette échéance répond à une demande formulée au plus haut niveau de l’État. Le Premier ministre Olzhas Bektenov a rappelé que le président Kassym-Jomart Tokaïev avait demandé d’accélérer le développement des infrastructures de transport et de logistique, ainsi que le lancement du nouvel aéroport de la capitale.
Le projet ne doit toutefois pas être confondu avec la modernisation de l’aéroport existant. Les deux opérations sont appelées à avancer parallèlement. Le terminal intérieur T2 doit notamment faire l’objet d’une reconstruction progressive, avec des travaux prévus jusqu’en juin 2027.
Cette modernisation répond à une pression déjà visible sur l’infrastructure actuelle. En 2025, le terminal T2 a accueilli 6,3 millions de passagers alors que sa capacité théorique était de 3 millions de voyageurs par an, selon BES.media. Le décalage donne une indication de l’enjeu auquel les autorités cherchent à répondre avec le futur aéroport.
La construction d’une nouvelle plateforme doit ainsi permettre d’augmenter durablement la capacité aérienne de la capitale, plutôt que de compter uniquement sur l’agrandissementdes installations existantes. Le choix est d’autant plus stratégique que l’activité aérienne kazakhe doit accompagner le développement d’Astana comme centre administratif, économique, touristique et logistique.
L’emplacement du nouvel aéroport reste encore à déterminer
Le principal élément encore indéterminé concerne précisément le terrain sur lequel sera construit le second aéroport. Plusieurs territoires continuent d’être étudiés, avec une analyse portant notamment sur l’urbanisme, les infrastructures, l’environnement, les contraintes sanitaires et les exigences de navigation aérienne, selon la direction de l’architecture et de l’urbanisme de la capitale.
Le processus a connu plusieurs étapes. Le 15 mai, le vice-maire d’Astana, Ersin Otebaïev, avait évoqué trois directions : Koschy, l’axe de la route de Karaganda et celui de la route de Pavlodar, selon Inbusiness.kz. Quelques jours plus tard, le 19 mai, Nurlan Sauranbaïev précisait que deux emplacements principaux étaient alors étudiés.
À cette date, la direction de Balqaragai apparaissait comme l’option privilégiée. Le ministre des Transports avait toutefois souligné que le choix devait encore être confirmé par l’étude de faisabilité technico-économique. Autrement dit, la préférence exprimée par les autorités ne constituait pas encore une décision définitive.
Une autre hypothèse avait ensuite alimenté les informations publiées sur le projet. Début juin 2026, un secteur situé au nord-ouest d’Astana, en direction de Shortandy et le long de la route Astana-Kokchetaou, apparaissait dans la planification urbaine comme une zone potentiellement favorable à l’implantation d’un aéroport. L’information avait cependant été rapidement nuancée. D’après la mairie d’Astana, ce secteur ne correspondait pas à un emplacement définitivement choisi et se situait en dehors des limites administratives de la capitale. La question du foncier demeure donc étroitement liée aux études techniques et à la planification territoriale.
Le futur aéroport devra également être suffisamment accessible pour ne pas déplacer le problème de saturation vers celui de la desserte. Les autorités examinent ainsi la possibilité d’une connexion avec les infrastructures de transport existantes ou futures. Dans l’hypothèse du site évoqué dans la planification urbaine, une liaison ferroviaire pourrait jouer un rôle important dans l’accès à la nouvelle plateforme.
Cette question sera déterminante pour l’attractivité du projet. Un aéroport supplémentaire ne constitue pas seulement une piste et des terminaux : son efficacité dépend aussi de sa connexion avec le tissu urbain, les principaux axes routiers et les réseaux de transport collectif. À Astana, où l’urbanisation progresse rapidement autour de la capitale, le choix du site devra donc intégrer cette dimension dès la conception.
Un projet d’aéroport lié à la croissance touristique d’Astana
Le futur aéroport doit aussi répondre à une transformation progressive du rôle d’Astana. La capitale kazakhe cherche à renforcer son attractivité touristique et son statut de plateforme internationale, ce qui accroît mécaniquement les besoins en infrastructures de transport. En 2025, Astana a accueilli 1,6 million de touristes, dont plus de 380.000 visiteurs étrangers, selon l’administration de la capitale dans un bilan publié en juillet 2026.
La dynamique s’est poursuivie au début de 2026. Au premier trimestre, 352.200 touristes ont séjourné dans la capitale, soit 12% de plus qu’au cours de la même période de 2025, d’après les mêmes données officielles. Cette progression ne suffit évidemment pas, à elle seule, à justifier la construction d’une seconde plateforme aérienne, mais elle renforce l’argument en faveur d’une capacité supplémentaire à moyen et long terme.
Le développement touristique s’accompagne d’ailleurs d’une multiplication des liaisons aériennes. Pour 2026, le Kazakhstan prévoit 60 liaisons intérieures régulières représentant 813 vols par semaine, selon le ministère des Transports. Le dispositif prévoit également des liaisons supplémentaires au départ d’Astana pendant la période estivale, notamment vers Balkhach, Ourjar et Oucharal.
Cette croissance doit être replacée dans un mouvement plus large de modernisation du transport aérien kazakhstanais. Les autorités cherchent notamment à améliorer les procédures dans les aéroports existants. Un audit réalisé avec SITA sur 14 aéroports publics a ainsi évalué à seulement 38% le niveau moyen de déploiement des principaux systèmes de traitement des passagers et des bagages.
La modernisation envisagée ne concerne donc pas uniquement les capacités physiques. Les autorités travaillent également sur l’automatisation de l’enregistrement, la gestion des bagages, la fluidification des flux de voyageurs et l’utilisation de technologies biométriques. Le futur aéroport d’Astana devra s’inscrire dans cette évolution s’il veut répondre aux standards auxquels le Kazakhstan cherche désormais à conformer ses principales infrastructures aériennes.
Pour la capitale, l’enjeu dépasse par conséquent la simple création d’un équipement supplémentaire. Il s’agit de construire une capacité appelée à accompagner l’évolution démographique et économique de la ville, tout en renforçant sa connexion avec les autres régions du Kazakhstan et avec les marchés étrangers.
Le financement et les infrastructures restent à préciser
Si le calendrier de 2027 commence à se dessiner, le montage financier du projet demeure beaucoup moins avancé. En mai, Nurlan Sauranbaïev expliquait que les autorités recherchaient encore des partenaires pour conduire l’opération. Le ministre soulignait notamment la nécessité de trouver un partenaire technologique disposant de l’expérience nécessaire pour réaliser un projet aéroportuaire de grande ampleur.
Aucun budget définitif n’avait alors été communiqué et aucun investisseur n’avait été officiellement désigné. Le projet restait piloté par l’administration d’Astana, qui menait des discussions avec plusieurs entreprises. Cette phase de négociation constitue une étape importante avant le lancement effectif du chantier, car l’ampleur de l’investissement dépendra directement des caractéristiques retenues pour la future plateforme.
Le choix de l’emplacement aura lui aussi des conséquences financières. Une implantation éloignée du centre urbain peut offrir davantage d’espace pour les pistes, les terminaux et les installations logistiques, mais elle impose en contrepartie de créer ou de renforcer les accès routiers et ferroviaires. À l’inverse, un site plus proche de la capitale peut simplifier la desserte, tout en étant soumis à davantage de contraintes foncières, urbanistiques et environnementales.
Les autorités ont précisément intégré ces paramètres dans l’analyse des différents terrains. L’administration d’Astana examine notamment les documents de planification territoriale, la disponibilité des infrastructures d’ingénierie et de transport, les contraintes environnementales, les exigences sanitaires et les conditions de navigation aérienne.
Cette approche explique en partie pourquoi l’emplacement n’est pas encore arrêté malgré l’annonce d’un début des travaux en 2027. La localisation d’un grand aéroport engage en effet l’organisation de la capitale pour plusieurs décennies. Elle détermine non seulement la configuration du trafic aérien, mais aussi l’évolution des quartiers périphériques, les infrastructures de transport à construire autour du site et les réserves foncières nécessaires à son développement futur.
Dans l’immédiat, Astana devra donc continuer à s’appuyer sur son aéroport actuel. La reconstruction du terminal T2 doit précisément permettre de maintenir et d’améliorer ses capacités pendant la période précédant la mise en service de la nouvelle infrastructure. Cette stratégie à deux niveaux permet aux autorités de répondre à la pression actuelle tout en préparant une solution structurelle pour les années suivantes.
Le calendrier du second aéroport reste néanmoins soumis à plusieurs étapes. Après le choix du terrain devront notamment intervenir les études de faisabilité, la définition précise du programme, le montage financier et la sélection des partenaires. À ce stade, la seule échéance clairement affichée est celle du démarrage des travaux en 2027.
Pour Astana, les prochains mois seront donc déterminants. La capitale devra transformer une orientation politique déjà actée en un projet techniquement et financièrement défini. Le choix du terrain constituera la prochaine décision majeure, alors que plusieurs secteurs ont encore été évoqués et qu’aucun n’a reçu le statut d’emplacement définitif.
