À partir du 1er août 2026, le Kazakhstan appliquera un nouveau cadre réglementaire à la profession de guide touristique. Les guides étrangers ne pourront plus encadrer d’excursions dans le pays, tandis que de nouvelles obligations en matière de sécurité, d’information des touristes et d’enregistrement officiel entreront simultanément en vigueur.
Le Kazakhstan entreprend une révision globale de la politique touristique du pays
Le Kazakhstan poursuit la professionnalisation de son secteur touristique. Le 1er août 2026, un ensemble de règles adopté par le ministère du Tourisme et des Sports entrera officiellement en vigueur afin d’encadrer les activités des guides, des guides-conférenciers et des instructeurs de tourisme. La mesure qui retient le plus l’attention est l’interdiction faite aux ressortissants étrangers d’exercer ces professions sur le territoire kazakhstanais. Désormais, seuls les citoyens kazakhstanais pourront accompagner officiellement des groupes de visiteurs, sous réserve de satisfaire à l’ensemble des nouvelles exigences administratives et professionnelles.
Cette réforme intervient alors que les autorités cherchent à renforcer la qualité des services touristiques et à accompagner la croissance d’un secteur considéré comme stratégique pour la diversification de l’économie nationale. Elle s’inscrit également dans une révision plus large de la politique touristique du pays, dont la feuille de route a récemment été actualisée jusqu’en 2029 par le gouvernement kazakhstanais, avec un nombre accru de mesures destinées à améliorer les infrastructures, la formation des professionnels et l’accueil des visiteurs.
Le métier de guide sera réservé aux citoyens kazakhstanais
Le changement le plus marquant concerne les conditions d’accès à la profession. Les nouvelles règles prévoient qu’un guide touristique, un guide-conférencier ou un instructeur de tourisme devra obligatoirement posséder la nationalité kazakhstanaise pour exercer légalement cette activité. Cette disposition concerne aussi bien les visites urbaines que les excursions culturelles ou les accompagnements sur des itinéraires touristiques.
En parallèle, chaque professionnel devra déclarer officiellement le début de son activité via le portail gouvernemental eLicense.kz, conformément à la législation sur les procédures d’autorisation et de notification. Les autorités souhaitent ainsi disposer d’un cadre unique pour l’ensemble de la profession, avec des critères homogènes sur tout le territoire.

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Le ministère du Tourisme et des Sports mettra également en place un registre électronique national regroupant les guides, guides-conférenciers et instructeurs autorisés à exercer. Ce registre sera consultable sur les plateformes officielles du ministère ainsi que sur celles de Kazakh Tourism. L’objectif est de permettre aux touristes, aux agences de voyages et aux organisateurs d’excursions de vérifier facilement qu’un professionnel est bien enregistré auprès des autorités.
Les nouvelles dispositions laissent toutefois une certaine souplesse dans l’organisation du travail. Les guides pourront choisir leur mode d’exercice professionnel et bénéficier, lorsque les conditions prévues par la législation seront réunies, du statut de travailleur indépendant. Cette évolution vise notamment à simplifier les démarches administratives tout en renforçant le contrôle officiel de la profession.
Excursions de montagne et zones isolées : les touristes devront signer une décharge
La réforme ne se limite pas aux seules conditions d’accès à la profession. Elle redéfinit également les obligations quotidiennes des guides vis-à-vis des touristes. Ceux-ci devront fournir des informations fiables sur les sites visités, présenter avec précision les caractéristiques des itinéraires et informer les visiteurs de tous les risques susceptibles d’affecter leur sécurité.
Une attention particulière est accordée aux excursions en montagne, dans les zones isolées ou sur tout autre parcours présentant un danger potentiel. Dans ces situations, le guide devra recueillir une confirmation écrite attestant que le touriste a été informé des risques avant le départ. Cette formalité vise à renforcer la transparence entre les professionnels et leurs clients tout en clarifiant les responsabilités de chacun.

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Les nouvelles règles imposent également une réaction rapide en cas d’accident ou de situation d’urgence. Les guides devront prévenir sans délai les services compétents et, lorsque les circonstances l’exigent, informer les proches des personnes concernées. Les prestations touristiques devront en outre être encadrées par un contrat précisant les droits et obligations des différentes parties ainsi que les informations essentielles concernant les bénéficiaires des services.
Ces exigences s’inscrivent dans une volonté plus large d’améliorer la qualité globale de l’offre touristique au Kazakhstan. Les autorités espèrent ainsi renforcer la confiance des visiteurs étrangers tout en professionnalisant un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans l’économie du pays.
L’exigence de nationalité pour les guides, une règle déjà largement appliquée dans le monde
Si l’interdiction faite aux guides étrangers peut apparaître comme un durcissement de la réglementation, elle est loin d’être une exception à l’échelle internationale. De nombreux États considèrent en effet que les guides touristiques exercent une activité directement liée à la valorisation du patrimoine national, de l’histoire et de la culture, ce qui justifie un encadrement spécifique.
Plusieurs pays réservent ainsi cette profession à leurs ressortissants ou imposent l’obtention d’une licence nationale difficilement accessible aux non-résidents. C’est notamment le cas de la Grèce, où les guides officiels doivent suivre une formation reconnue par l’État, mais aussi de la Turquie, dont la législation exige l’appartenance à l’ordre professionnel des guides et la nationalité turque dans la plupart des situations. En Asie, des réglementations comparables existent également en Thaïlande, en Indonésie, au Vietnam ou encore en Chine, où les autorités limitent fortement l’exercice de cette profession par des étrangers afin de préserver le contrôle de l’information délivrée aux visiteurs et de protéger le marché national de l’emploi.
À l’inverse, certains pays européens, notamment la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, appliquent des règles plus souples selon les régions ou le type de visites proposées. Les exigences portent davantage sur les qualifications professionnelles, les certifications ou les connaissances du patrimoine que sur la nationalité elle-même, même si certaines activités patrimoniales très réglementées demeurent soumises à des conditions particulières.
L’approche retenue par le Kazakhstan s’inscrit donc dans une tendance déjà observée dans plusieurs grandes destinations touristiques. Les autorités kazakhes estiment que les guides jouent un rôle essentiel dans la transmission de l’image du pays auprès des visiteurs étrangers et souhaitent garantir un niveau homogène de compétences, de responsabilité et de qualité de service.

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Kazakhstan : bientôt un registre électronique national des guides
Cette réforme dépasse le simple cadre administratif. Elle accompagne la stratégie nationale de développement du tourisme engagée par le gouvernement, qui entend faire de cette activité un moteur supplémentaire de croissance économique et d’attractivité internationale. Mi-juillet, le ministère du Tourisme et des Sports a d’ailleurs actualisé sa feuille de route jusqu’en 2029. Celle-ci comprend désormais 66 mesures, contre 45 dans la version précédente, afin d’accélérer les investissements dans les infrastructures, la numérisation des services, la formation des professionnels et la promotion des destinations du pays.
Le registre électronique national des guides constitue l’un des outils de cette modernisation. Accessible au public, il permettra aux voyageurs de vérifier facilement si leur accompagnateur est officiellement enregistré. En parallèle, la plateforme www.Kazakhstan.travel poursuit le développement de ses services destinés aux professionnels, avec des formations, des procédures de certification et la délivrance de badges dotés d’un QR Code permettant de confirmer rapidement le statut officiel d’un guide.
Le gouvernement espère que cette professionnalisation contribuera à améliorer l’expérience des visiteurs tout en renforçant la réputation du Kazakhstan sur un marché touristique régional de plus en plus concurrentiel. Les nouvelles obligations en matière de sécurité, de transparence et de qualification répondent également aux attentes d’une clientèle internationale toujours plus attentive à la fiabilité des prestataires.
Pour les guides étrangers qui intervenaient ponctuellement au Kazakhstan, cette évolution marquera toutefois un changement important. À compter du 1er août 2026, ils ne pourront plus assurer officiellement des excursions dans le pays. Les opérateurs touristiques devront donc adapter leur organisation en s’appuyant exclusivement sur des professionnels kazakhstanais enregistrés, tandis que les visiteurs disposeront désormais d’un cadre réglementaire plus strict pour identifier les guides autorisés.
