Plus d’une tonne de médicaments périmés a été collectée en un an à Almaty, une première au Kazakhstan. Cette initiative marque le début de la mise en place d’une véritable filière de collecte des déchets pharmaceutiques, un dispositif déjà bien ancré dans les pays développés.
Collecte de médicaments périmés : Almaty donne le coup d’envoi
Le 26 juin 2026, les responsables du programme de collecte des médicaments périmés à Almaty ont dressé le bilan de la première année de fonctionnement du dispositif. Les résultats témoignent d’une évolution rapide des pratiques : 1.171 kg de médicaments inutilisés ou arrivés à expiration ont été récupérés auprès des habitants.
Cette initiative est encore inédite à l’échelle du Kazakhstan. Jusqu’à récemment, la plupart des médicaments inutilisés finissaient dans les poubelles domestiques ou étaient évacués dans les canalisations. Or, ces pratiques favorisent la pollution des sols et des ressources en eau, tandis que certaines substances pharmaceutiques peuvent également contribuer au développement de résistances aux antibiotiques. Les autorités sanitaires d’Almaty insistent désormais sur la nécessité de traiter ces déchets dans une filière spécifique.
Pour répondre à cet enjeu, la municipalité a déployé un réseau de 38 points de collecte, dont 36 sont installés dans des polycliniques municipales. Les habitants peuvent y déposer gratuitement comprimés, sirops, pommades, ampoules ou encore flacons devenus inutilisables. En revanche, les seringues, aiguilles et autres déchets médicaux contaminés restent exclus du dispositif.
Les médicaments récupérés sont ensuite pris en charge par une entreprise spécialisée. Ils sont détruits dans des installations fonctionnant à des températures pouvant atteindre 1.200 °C avant que les résidus ne soient dirigés vers des sites de stockage adaptés. L’objectif est d’éviter toute dispersion de molécules pharmaceutiques dans l’environnement.
Médicaments périmés : une mobilisation encourageante à Almaty
Au-delà du volume collecté, les organisateurs mettent en avant l’évolution des comportements. Lorsque le projet a été lancé, en juin 2025, rien ne garantissait que les habitants accepteraient de modifier leurs habitudes. Un an plus tard, les responsables estiment que le pari est en passe d’être gagné.
« Il y a un an, nous nous demandions si les habitants étaient prêts à participer à ce programme. Aujourd’hui, nous pouvons dire que les habitants ont activement soutenu le projet », a déclaré Natalya Garipova, directrice générale de STADA Kazakhstan, lors de la présentation des résultats.
Le projet est porté par l’organisation environnementale ECO Network avec le soutien de STADA Kazakhstan, de l’Association de soutien au développement des activités pharmaceutiques du Kazakhstan, du groupe Acler ainsi que de la municipalité d’Almaty. Plusieurs campagnes d’information ont également été organisées afin d’expliquer pourquoi les médicaments ne doivent jamais être jetés avec les déchets ménagers.
Une opération de sensibilisation organisée en avril dernier a d’ailleurs permis de récupérer plusieurs kilogrammes supplémentaires de médicaments en seulement deux jours, preuve que le sujet commence progressivement à être connu du grand public.
Afin de mesurer l’efficacité du dispositif, un audit indépendant a été réalisé avec la participation d’étudiants de la Satbayev University. Trente-quatre polycliniques ont été évaluées. Selon les résultats présentés, plus de 70% des établissements se sont fortement investis dans le programme. Les polycliniques n°1, n°23 et n°4 figurent parmi les plus performantes, chacune ayant recueilli plus de 70 kilogrammes de médicaments sur une année.
Pour Yerkyn Nourlykhanov, représentant de la direction municipale de la Santé d’Almaty, cette première année constitue « une avancée majeure » pour la ville. Au-delà des chiffres, les autorités voient dans cette initiative le point de départ d’une politique plus ambitieuse de gestion des déchets pharmaceutiques, un domaine encore largement inexploité au Kazakhstan.
Illustration www.magnific.com.
