En visite au Kazakhstan, une délégation de l’entreprise OpenAI, l’éditeur de ChatGPT, a révélé que le Kazakhstan domine l’Asie centrale dans l’adoption de l’intelligence artificielle. Le Kazakhstan fait d’ailleurs partie du Top 30 des pays les plus utilisateurs de ChatGPT.
L’intelligence artificielle transforme l’écosystème numérique du Kazakhstan
Une délégation d’OpenAI s’est rendue au Kazakhstan pour y présenter des données particulièrement éloquentes sur l’adoption de l’intelligence artificielle dans ce pays d’Asie centrale. Ces chiffres témoignent d’une transformation numérique que peu observateurs auraient anticipée à cette vitesse, et qui place désormais la nation dans une position de leader régional incontesté face à ses voisins.
Lors d’une rencontre avec Zhaslan Madiev, vice-Premier ministre et ministre de l’Intelligence artificielle et du Développement numérique, les représentants d’OpenAI ont révélé que le Kazakhstan figure désormais dans le top 30 mondial des pays utilisateurs de ChatGPT. Une performance qui contraste avec celle de ses voisins centrasiatiques.

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Lors de sa visite au Kazakhstan, Valerie Focke, responsable du département éducation international d’OpenAI, a rapplé « l’extraordinaire niveau d’adoption de ChatGPT au Kazakhstan et la répartition équilibrée entre différents groupes d’utilisateurs ». Elle a particulièrement insisté sur les programmes éducatifs à venir et la formation pédagogique comme prochaines étapes décisives.
Adoption de l’intelligence artificielle : un écart significatif avec les pays voisins d’Asie centrale
Les statistiques présentées par OpenAI dessinent un fossé considérable entre le Kazakhstan et ses homologues régionaux. Tandis que le pays se hisse dans les trente premières positions mondiales, le Kirghizstan se contente de la 52e place dans le classement global d’utilisation de ChatGPT par habitant, et l’Ouzbékistan pointe à la 58e position. L’avance technologique du Kazakhstan sur ses voisins s’avère ainsi substantielle, presque sans commune mesure à l’échelle d’une même région.
Cette domination s’explique en grande partie par une stratégie gouvernementale résolument volontariste. Conformément aux ordres du président Kassym-Jomart Tokaïev, le ministère dirigé par Zhaslan Madiev a adopté une approche résolument pragmatique de l’intégration de l’intelligence artificielle dans la société kazakhstanaise, en privilégiant l’adoption massive plutôt que les expérimentations à portée limitée.
Au Kazakhstan, l’utilisation de l’intelligence artificielle reste l’apanage des jeunes
L’analyse démographique fournie par OpenAI éclaire des tendances pour le moins frappantes. Les utilisateurs âgés de 18 à 24 ans représentent 36,2% des interactions avec ChatGPT au Kazakhstan, tandis que la tranche des 25-34 ans en constitue 35,8%. Cette concentration de près de 72% des utilisateurs parmi les moins de 35 ans illustre une appropriation générationnelle massive des outils d’IA, portée par une jeunesse connectée et avide de nouveaux usages.

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Tout aussi notable, la répartition équilibrée entre hommes et femmes démontre que l’intelligence artificielle transcende les clivages traditionnels. Cette parité d’usage témoigne d’une démocratisation réussie des technologies d’IA au sein de la société kazakhstanaise, bien au-delà des cercles technophiles habituels.
Dans 42% de leurs requêtes, les Kazakhstanais utilisent ChatGPT comme simple moteur de recherche
Les données d’utilisation révèlent trois grandes orientations dans la façon dont les Kazakhstanais s’approprient ChatGPT. 42% des requêtes concernent la recherche d’informations et les questions pratiques du quotidien. 32% portent sur l’exécution de tâches spécifiques et l’obtention d’instructions concrètes. Les 26% restants relèvent de l’expression créative et de la production de contenu original.
Ces chiffres témoignent d’une maturité d’usage remarquable, qui dépasse largement la simple curiosité technologique pour s’ancrer dans des besoins réels, aussi bien professionnels que personnels. À l’image de ce que l’on observe dans des pays comme le Japon ou la Corée du Sud, l’IA devient un levier économique structurant dès lors qu’elle irrigue les pratiques quotidiennes.
Le Kazakhstan expérimente ChatGPT dans les établissements scolaires
Le projet national d’intégration de l’intelligence artificielle dans le système éducatif constitue sans doute l’un des piliers les plus ambitieux de cette réussite. 165.000 professeurs kazakhstanais ont obtenu l’accès à ChatGPT Edu dans le cadre d’une initiative sans précédent en Asie centrale, faisant du Kazakhstan le premier pays de la région à déployer ChatGPT Edu dans l’enseignement.
La stratégie de déploiement s’organise autour de 500 établissements pilotes, comprenant 150 écoles générales, 250 écoles à effectifs réduits et 100 « keleshek mektep » (les écoles du futur). Cette progression graduée vise à réduire les disparités qualitatives entre établissements urbains et ruraux, en tirant parti des capacités d’adaptation de l’IA à des contextes pédagogiques très différents.
Le calendrier de mise en oeuvre révèle une planification minutieuse : le premier trimestre de l’année scolaire 2026-2027 concernera 10 écoles pilotes dans les régions de Kyzylorda et Pavlodar, avant une extension progressive vers 50 puis 340 établissements supplémentaires. À terme, 200.000 enseignants kazakhstanais seront amenés à concevoir leurs propres assistants IA via ChatGPT Edu, tandis que 60.000 d’entre eux bénéficieront d’une formation spécifique au travail avec ces outils.
L’adoption de l’intelligence artificielle, un facteur de compétitivité à l’international
Cette avance technologique s’inscrit dans une dynamique géopolitique plus large, où l’adoption de l’intelligence artificielle fait office d’avantage concurrentiel entre pays. En devançant ses voisins centrasiatiques, le Kazakhstan se positionne comme un hub numérique régional, attractif pour les investissements technologiques internationaux et les talents du numérique en quête d’un ancrage régional.
L’initiative s’appuie sur un décret présidentiel daté du 12 mai 2026, qui formalise l’engagement gouvernemental en faveur d’une transformation numérique de grande ampleur. Ce cadre réglementaire favorise l’émergence de nouveaux usages professionnels et éducatifs de l’IA, créant un cercle vertueux d’innovation et d’adoption. Un phénomène comparable, dans ses ressorts, à la façon dont certaines nations misent sur des technologies de rupture pour redéfinir leur influence régionale.
Les retombées économiques potentielles de cette stratégie dépassent largement le seul secteur éducatif. Elles influencent l’attractivité globale du Kazakhstan pour les entreprises technologiques internationales et les talents numériques de la région, dessinant les contours d’un pays qui entend peser, demain, bien au-delà de ses frontières.
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