En 2050, le Kazakhstan aura changé de visage, car l’âge des Kazakhstanais progressera rapidement et, dès 60 ans, une part croissante de la population basculera dans le grand âge, selon des projections officielles, tandis que l’équilibre entre générations s’en trouvera durablement modifié.
À 60 ans, un tournant pour la population kazakhstanaise
La progression des ans transforme déjà la structure de la population, car, selon le Fonds national des retraites du Kazakhstan, près de 19% des habitants auront plus de 60 ans en 2050, soit environ un Kazakhstanais sur six. Ainsi, tandis que la population actuelle dépasse 20,3 millions d’habitants, l’augmentation de la longévité, combinée à la baisse relative des naissances, modifie en profondeur les équilibres par âges. De plus, l’espérance de vie moyenne a atteint 75,44 ans en 2024, ce qui signifie que l’entrée dans les 60 ans s’inscrit désormais dans une période de vie plus longue, et donc dans des parcours sociaux et professionnels entièrement redéfinis.
Parallèlement, la structure actuelle de la population montre déjà une inflexion progressive, car 1,9 million de personnes ont aujourd’hui 65 ans ou plus, soit 9,2 % de la population, tandis que 48% des habitants se situent entre 25 et 65 ans, et 42,8% ont moins de 25 ans. Dès lors, à mesure que ces générations vieillissent, l’effet mécanique des ans se renforcera, et, en conséquence, la vitesse du vieillissement augmentera au fil des décennies. À cela s’ajoute un rythme annuel de hausse du nombre de personnes âgées estimé entre 3 et 4%, ce qui confirme que la transition démographique est déjà engagée, de façon continue, progressive et durable.
Vers une redistribution profonde des âges
À l’horizon 2050, les projections indiquent que la population du Kazakhstan atteindra environ 26,5 millions d’habitants, ce qui signifie que la croissance démographique se poursuivra malgré le vieillissement. Toutefois, dans ce nouveau contexte, la part des plus de 60 ans pèsera bien plus lourd qu’aujourd’hui, car leur poids relatif doublera quasiment en l’espace de trois décennies. Dans le même temps, la fécondité moyenne est passée de 3,32 enfants par femme en 2021 à 2,80 en 2024, ce qui réduit l’apport des jeunes générations et, par conséquent, accélère mécaniquement la montée des ans dans l’ensemble de la population.
Ainsi, la combinaison d’une espérance de vie plus longue, désormais supérieure à 75 ans, et d’un recul de la natalité provoque une redistribution profonde des âges au Kazakhstan. En outre, cette évolution se produit sur une période relativement courte à l’échelle démographique, ce qui complique l’adaptation des politiques publiques. De surcroît, au fil des ans, la proportion de Kazakhstanais en âge d’activité diminuera relativement, ce qui pourrait peser sur la croissance économique, sur le financement des systèmes sociaux et sur l’organisation du marché du travail.
Les Kazakhstanais face à l’explosion des 60 ans dans la population
L’effet le plus direct de cette montée des ans concerne le système de retraites, car le nombre de bénéficiaires de pensions devrait passer de 520.000 personnes en 2025 à près de 2 millions en 2050. Autrement dit, en l’espace de vingt-cinq ans, le Kazakhstan devra assurer le versement de retraites à près de quatre fois plus de personnes, tandis que la base de cotisants progressera à un rythme bien plus modéré. Dès lors, la question de la soutenabilité financière devient centrale, car elle touche à la fois la stabilité budgétaire, l’équité entre générations et la cohésion sociale sur le long terme.
En parallèle, cette évolution des ans transforme aussi les besoins sociaux de la population, notamment en matière de santé, d’accompagnement et de dépendance. En effet, avec davantage de Kazakhstanais franchissant le seuil de 60 ans, puis de 65 ans, la demande de soins de longue durée, de services à domicile et d’infrastructures adaptées progressera fortement au Kazakhstan. Ce vieillissement rapide constitue déjà un défi structurel pour les politiques publiques, car il impose d’anticiper, de financer et de coordonner des réponses à grande échelle. Ainsi, au fil des ans, le vieillissement ne sera plus seulement un indicateur statistique, mais un facteur déterminant de l’organisation économique et sociale du pays.
