Année de la Construction : Kassym-Jomart Tokaïev annonce un vaste programme pour le Kazakhstan
Année de la Construction : Kassym-Jomart Tokaïev annonce un vaste programme pour le Kazakhstan

Au Kazakhstan, la construction pourrait devenir la grande priorité nationale de 2027. Le président Kassym-Jomart Tokaïev propose de lancer une vaste campagne de modernisation des infrastructures, des grandes villes jusqu’aux villages les plus reculés. Routes, hôpitaux, écoles, logements et équipements publics figurent au programme, avec près de 12,8 milliards d’euros de financements envisagés jusqu’en 2029.

Kazakhstan : le président propose de faire de 2027 l’Année de la grande construction

Le Kazakhstan s’apprête à engager une nouvelle phase de transformation de ses infrastructures. Lors de son discours annuel à la nation, le 28 octobre 2026, le président Kassym-Jomart Tokaïev a proposé de consacrer l’année 2027 à une mobilisation nationale autour de la construction. Une initiative présentée comme un levier de développement économique, d’aménagement du territoire et d’amélioration des conditions de vie.

Cette ambition dépasse la réalisation de quelques grands projets. Le chef de l’État entend déclencher un mouvement de modernisation touchant simultanément les transports, la santé, l’éducation, le logement et les réseaux essentiels. Le gouvernement devra désormais traduire cette orientation politique en un programme national détaillé, doté de financements et de priorités régionales.

Construction au Kazakhstan : 2027 au cœur d’une nouvelle stratégie

« Je propose de déclarer l’année prochaine Année du grand chantier populaire », a déclaré Kassym-Jomart Tokaïev. Le chef d’État kazakhstanais souhaite ainsi placer la transformation matérielle du pays au centre de l’action publique. Pour l’heure, il s’agit d’une proposition présidentielle, dont les modalités concrètes doivent encore être précisées. Le choix de cette orientation intervient dans un contexte particulier. Après une année 2026 consacrée à la numérisation et à l’intelligence artificielle, le Kazakhstan entend poursuivre son développement technologique tout en accélérant le renouvellement de ses infrastructures physiques. Le président veut faire de ces deux transformations des priorités complémentaires plutôt que concurrentes.

« Notre réponse collective à l’arrivée de l’ère de l’intelligence artificielle doit être de construire, et de construire encore ! », a lancé Kassym-Jomart Tokaïev. Derrière cette formule, le chef de l’État défend une vision dans laquelle l’innovation numérique doit s’accompagner d’investissements concrets dans les villes, les services publics et les territoires.

La campagne annoncée ne se limitera pas aux métropoles. Les centres régionaux, les districts et les petites localités sont appelés à bénéficier de travaux de construction ou de rénovation. La volonté du président est d’engager rapidement les opérations sur l’ensemble du territoire. Cette couverture nationale constitue l’un des principaux marqueurs du projet.

Le président justifie également cette mobilisation par la nécessité d’améliorer les services accessibles à la population. « Les citoyens doivent disposer de toutes les infrastructures sociales nécessaires. C’est une condition essentielle à l’amélioration de leur qualité de vie », a-t-il affirmé. La construction est ainsi présentée comme un instrument de politique sociale, et non comme une simple stratégie de stimulation du secteur du bâtiment.

Le Kazakhstan prévoit près de 13 milliards d’euros pour ses infrastructures

L’ampleur financière du projet traduit cette volonté d’accélération. Le gouvernement doit élaborer un plan national de modernisation des infrastructures, dont le financement reposera notamment sur le Fonds national du Kazakhstan. Jusqu’à la fin de l’année 2029, près de 12,80 milliards d’euros pourraient être mobilisés.

Une partie de cette enveloppe doit être engagée rapidement. Près de 2,95 milliards d’euros sont à prévoir pour lancer des projets sociaux pendant les derniers mois de 2026 et les deux premiers mois de 2027. Cette somme fait partie du financement global envisagé et ne constitue donc pas une enveloppe supplémentaire.

Pour expliquer cet effort financier, Kassym-Jomart Tokaïev met en avant la capacité économique du Kazakhstan. Le total des réserves de change et des actifs du Fonds national dépasse l’équivalent de 116,6 milliards d’euros. Ces ressources constituent un argument central de sa stratégie, même si elles ne sont pas intégralement destinées aux nouveaux chantiers.

Le dirigeant s’appuie également sur les perspectives économiques du pays. Selon une projection du Fonds monétaire international, le produit intérieur brut du Kazakhstan pourrait approcher 359 milliards d’euros en 2026. Le pays occuperait ainsi le 47e rang mondial par la taille de son économie, selon les estimations présentées par le président.
Le recours au Fonds national soulève néanmoins la question de l’équilibre entre investissements immédiats et préservation de l’épargne publique. Kassym-Jomart Tokaïev a insisté sur ce point, expliquant que les réserves accumulées devaient bénéficier aux générations actuelles sans compromettre les intérêts des suivantes.

Construction et services publics : les priorités de Kassym-Jomart Tokaïev

La santé figurera parmi les premiers secteurs concernés. Environ 70 nouveaux équipements sanitaires doivent être construits dans les régions du Kazakhstan. Le programme comprend notamment des maternités, des hôpitaux, des stations de soins médicaux d’urgence et des centres spécialisés dans la rééducation des enfants.
Une attention particulière sera accordée aux enfants présentant des besoins spécifiques. Le projet prévoit notamment des structures de réadaptation ainsi que des salles de sport adaptées. Cette orientation illustre la dimension sociale que le chef de l’État souhaite donner à l’effort national de construction. Il demande également que les établissements prévus puissent être mis en service rapidement, sans sacrifier la qualité des bâtiments.

L’éducation, le sport et la culture constituent un autre ensemble de priorités. La construction d’environ 50 équipements supplémentaires doit être engagée dans ces domaines. Le président a également évoqué la nécessité de développer les bibliothèques, les centres scientifiques, les lieux consacrés aux activités créatives et les complexes sportifs. L’objectif affiché est de renforcer l’offre de services publics au-delà des principales agglomérations.

Parallèlement, les infrastructures de transport devront faire l’objet d’une transformation d’envergure. Routes, aéroports et gares ferroviaires figurent parmi les équipements à construire ou à rénover. Le logement conserve également une place importante dans les priorités présidentielles, même si aucun objectif national précis de nouveaux logements n’a été détaillé dans les passages du discours consacrés à cette initiative.

Les réseaux de services essentiels seront eux aussi concernés. Le programme prévoit d’étendre l’approvisionnement en gaz et en eau potable à de nombreuses localités. Pour les territoires ruraux, ces interventions pourraient se traduire par une amélioration directe des conditions de vie, en parallèle des travaux consacrés aux établissements publics et aux axes routiers.

La stratégie rejoint, en outre, les ambitions logistiques du pays. Dans son discours, Tokaïev a annoncé la mise en service en 2027 de la ligne ferroviaire Bakhty-Ayagoz, qui devrait accroître de 20 millions de tonnes la capacité de transport vers la Chine. Il a également évoqué la future liaison Aralo-Caspienne, destinée à raccourcir d’environ 1.000 kilomètres certains itinéraires du corridor transcaspien et à réduire les délais d’acheminement jusqu’à trois jours. Ces projets illustrent la place stratégique des transports dans la modernisation du Kazakhstan.

Une année de chantiers sous contrôle au Kazakhstan

La réussite du programme dépendra désormais de sa déclinaison opérationnelle. Kassym-Jomart Tokaïev a demandé au gouvernement de préparer, avant la fin de 2026, une première liste de projets couvrant toutes les régions du pays. Les autorités devront identifier les besoins prioritaires, préciser la localisation des installations et organiser le lancement des travaux. Cette étape doit permettre de transformer l’ambition nationale en investissements effectivement réalisables.

Le président souhaite également que les entreprises kazakhstanaises bénéficient directement des commandes liées aux chantiers. Les petites et moyennes entreprises locales disposant des équipements et de l’expérience nécessaires devront être associées aux opérations. Cette participation pourrait renforcer les retombées économiques dans les régions, en mobilisant les acteurs du bâtiment, de l’ingénierie et des services.

Le soutien à la production nationale constitue un autre axe majeur. Kassym-Jomart Tokaïev demande de privilégier la fabrication au Kazakhstan des matériaux de construction, des structures métalliques et des équipements techniques nécessaires aux grands projets. Il a également posé une condition explicite : les ressources du Fonds national ne doivent pas servir à financer les importations. Le programme est donc appelé à soutenir aussi le tissu industriel national.

Le gouvernement devra cependant veiller à la qualité des réalisations et à l’utilisation des fonds publics. « L’essentiel est que les sommes investies par l’État produisent des retombées économiques et sociales », a insisté le président. Cette exigence s’accompagne d’un appel à sélectionner rigoureusement les projets, à travailler avec des entreprises fiables et à contrôler chaque étape de leur exécution.

La dimension de l’emploi occupe une place importante dans cette stratégie. Kassym-Jomart Tokaïev estime que la mobilisation nationale autour des infrastructures pourrait créer des centaines de milliers d’emplois. Cette perspective reste toutefois une prévision présidentielle. Sa réalisation dépendra notamment du rythme des investissements, du nombre de projets effectivement lancés et de la participation des entreprises locales.

Le chef de l’État inscrit cette campagne dans une volonté plus large de diversification économique. Lors de son discours, il a notamment indiqué que la part de l’industrie manufacturière dépassait désormais 14% du produit intérieur brut du Kazakhstan. L’augmentation des capacités nationales de production, particulièrement dans les matériaux et les équipements industriels, pourrait ainsi devenir un prolongement important des nouveaux investissements publics.

Reste à définir précisément la répartition régionale des financements. Le calendrier détaillé, les entreprises chargées des travaux et les modalités d’exécution devront être établis dans les documents préparatoires du gouvernement. La première liste attendue avant la fin de 2026 doit apporter de nouveaux éléments sur les projets sanitaires, éducatifs, routiers et communaux qui seront prioritaires lors du lancement de cette campagne nationale de construction.

Par Rodion Zolkin
Le 10/28/2026

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