Le Tadjikistan s’apprête à interdire les cigarettes électroniques sur son territoire. La chambre haute du parlement a approuvé une réforme qui vise leur fabrication, leur importation et leur commercialisation. Présentée comme une mesure de santé publique, cette nouvelle législation attend désormais la signature du président Emomali Rahmon. Plusieurs questions restent toutefois en suspens, notamment concernant les sanctions et l’utilisation individuelle des dispositifs de vapotage.
Cigarettes électroniques au Tadjikistan : une interdiction étendue
Le 17 octobre 2026, la chambre haute du parlement du Tadjikistan a approuvé des amendements à la loi sur la limitation de l’utilisation des produits du tabac. Le texte prévoit une interdiction étendue des cigarettes électroniques et des systèmes d’administration de nicotine. Cette décision marque une nouvelle étape dans la politique antitabac du pays, mais les restrictions ne sont pas encore entrées en vigueur.
La réforme ne concerne pas uniquement les commerces spécialisés. Elle prévoit de supprimer l’ensemble des circuits légaux de production et de distribution des cigarettes électroniques. « Au Tadjikistan seront interdits la fabrication, l’importation, l’exportation ainsi que les ventes en gros et au détail de systèmes électroniques d’administration de nicotine », a déclaré Rustam Emomali, fils d’Emomali Rahmon et également président de la chambre haute du parlement.
Le dispositif vise ainsi les cigarettes électroniques et, plus largement, les équipements entrant dans la catégorie des systèmes électroniques d’administration de nicotine. Les restrictions doivent s’appliquer après la signature présidentielle. Elles concernent donc plusieurs étapes de la chaîne commerciale, depuis la fabrication jusqu’à la vente aux consommateurs.
Au Tadjikistan, Rustam Emomali défend une priorité sanitaire
À l’origine de cette initiative, Rustam Emomali, également maire de Douchanbé, invoque la nécessité de protéger la santé de la population. Lors des débats parlementaires, il a insisté sur la préservation du patrimoine génétique national et la protection des générations futures. Il a également appelé les parlementaires à contribuer au respect de la législation et à créer des conditions favorables à une jeunesse en bonne santé.
Le projet s’inscrit dans une démarche engagée plusieurs mois auparavant. Rustam Emomali avait déjà proposé une interdiction des produits de vapotage en décembre 2025. Plus récemment, la chambre basse avait examiné les modifications de la législation antitabac le 12 octobre 2026, avant leur approbation par la chambre haute.
Cigarettes électroniques au Tadjikistan : des modalités encore inconnues
Si le principe de l’interdiction est désormais approuvé par le Parlement, son application pratique reste à préciser. La signature du président Emomali Rahmon constitue la prochaine étape annoncée.
Autre incertitude : le sort des consommateurs. Les informations disponibles ne permettent pas de déterminer si le simple usage d’une cigarette électronique sera interdit ou si les restrictions viseront exclusivement les activités de production et de commercialisation. De même, les nouvelles sanctions susceptibles de frapper les contrevenants n’ont pas été détaillées. Il serait donc prématuré d’annoncer des amendes ou des peines d’emprisonnement spécifiques à cette réforme.
Le Tadjikistan rejoint un mouvement régional contre le vapotage
Le durcissement envisagé à Douchanbé s’inscrit dans une tendance déjà visible en Asie centrale. Au Kirghizstan, une interdiction concernant l’importation et l’utilisation des cigarettes électroniques est entrée en vigueur le 1er juillet 2025. Certaines infractions peuvent entraîner jusqu’à deux ans de prison.
L’Ouzbékistan a également adopté une législation restrictive en novembre 2025, avec des sanctions pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement pour certaines infractions. Au Kazakhstan, des dispositions pénales visant la circulation des produits de vapotage ont été introduites dès 2024.
Au Tadjikistan, cette réforme fait partie d’un programme législatif plus vaste. La séance plénière du 17 octobre 2026 comptait 51 questions à son ordre du jour, tandis que le Conseil de la chambre haute en avait examiné 52 lors d’une réunion distincte. Les parlementaires ont notamment approuvé un nouveau Code écologique et des textes révisés sur la concurrence et les migrations, parallèlement aux modifications de la législation sur les produits du tabac.
