Audit énergétique des logements : Tachkent traque les déperditions de chaleur
Audit énergétique des logements : Tachkent traque les déperditions de chaleur

À Tachkent, les immeubles qui ont mal traversé la dernière saison de chauffage vont passer au crible. Un audit énergétique mené avec des spécialistes de la Banque mondiale doit localiser les déperditions de chaleur, examiner l’état des bâtiments et préparer des solutions techniques, avant l’élaboration d’une méthode commune destinée à orienter la modernisation du parc résidentiel de la capitale ouzbèke.

Audit énergétique à Tachkent : les immeubles les plus froids ciblés

Depuis le 21 septembre 2026, des immeubles collectifs de Tachkent font l’objet d’un audit énergétique complet avec la participation d’experts de la Banque mondiale. Les bâtiments retenus sont ceux où la température n’avait pas respecté les exigences réglementaires pendant la précédente saison de chauffage.

L’opération dépasse donc une simple vérification ponctuelle du réseau de chauffage. Elle doit permettre d’établir, bâtiment par bâtiment, où l’énergie se perd, comment la chaleur est utilisée et quelles interventions techniques seraient susceptibles de corriger les défauts identifiés.

Le chantier avait été préparé plusieurs semaines auparavant. En juillet 2026, la mairie de Tachkent avait annoncé le début d’un travail conjoint avec la Banque mondiale sur l’efficacité énergétique des immeubles collectifs. L’objectif affiché était à la fois de diminuer les déperditions thermiques et d’améliorer la stabilité et la qualité de l’approvisionnement en chaleur de la population.

La première étape a consisté à déterminer quels bâtiments devaient être examinés en priorité. Un travail ciblé a été conduit sous la direction d’Obidjon Muminov, adjoint au maire de Tachkent chargé du logement et des services communaux. La sélection s’est concentrée sur les immeubles dans lesquels le chauffage n’avait pas permis d’atteindre les températures réglementaires pendant la saison précédente.

Ce critère donne à l’opération un caractère très concret. Il ne s’agit pas, pour le moment, de dresser un état théorique de l’ensemble du parc résidentiel de Tachkent, mais d’examiner des immeubles où un problème de confort thermique a déjà été observé. Néanmoins, les autorités n’ont publié ni la liste ni le nombre des bâtiments retenus. L’ampleur exacte de cette première campagne reste donc à préciser.

Cet audit constitue en outre une phase de diagnostic et non, à lui seul, un programme de rénovation. Les sources consultées ne donnent pas encore de calendrier détaillé pour d’éventuels travaux dans chaque immeuble et ne précisent pas le budget qui pourrait leur être consacré. Elles décrivent en revanche de manière assez précise les contrôles techniques qui vont alimenter les décisions ultérieures.

Déperditions de chaleur : ce que la Banque mondiale va mesurer

Les experts doivent commencer par analyser l’état technique et énergétique des immeubles. Le contrôle ne s’arrêtera pas aux chaudières ou aux canalisations. Il doit notamment porter sur les murs extérieurs, les toitures, les sous-sols, les portes, les fenêtres et les installations intérieures de chauffage, ainsi que sur l’efficacité avec laquelle l’énergie thermique disponible est réellement utilisée.

Cette approche vise à distinguer plusieurs origines possibles d’un même symptôme : un appartement insuffisamment chauffé peut correspondre à des pertes par l’enveloppe du bâtiment, à des défauts dans les installations internes ou à une combinaison de facteurs. Les experts étrangers doivent donc procéder à des mesures instrumentales afin d’identifier les principales causes des déperditions dans chacun des immeubles étudiés. Des solutions techniques devront ensuite être préparées pour les problèmes constatés.

La démarche repose ainsi sur des diagnostics différenciés plutôt que sur une réponse uniforme appliquée immédiatement à tous les bâtiments. Le niveau de déperdition, l’état des équipements, la performance de l’enveloppe et l’utilisation de l’énergie thermique doivent servir à caractériser chaque immeuble avant de déterminer les interventions pertinentes. C’est précisément ce passage de l’observation à la prescription technique qui donnera aux audits leur utilité pour les futures décisions de modernisation.

L’enjeu est aussi de disposer d’éléments comparables. À l’issue des inspections, les autorités veulent définir des principes communs pour évaluer le fonctionnement thermique du parc collectif de la capitale. L’opération lancée en septembre apparaît ainsi comme un outil de préparation : les mesures réalisées sur le terrain doivent alimenter une méthodologie utilisable au-delà des seuls immeubles inspectés lors de cette première campagne.

Un audit énergétique pour bâtir une méthode commune en Ouzbékistan

Le résultat attendu ne se limite en effet pas à une série de rapports techniques. La mairie prévoit d’élaborer une méthodologie de chauffage efficace des immeubles collectifs de Tachkent. Celle-ci devra tenir compte de l’état technique du bâtiment, de son efficacité énergétique, du niveau de déperditions et d’autres indicateurs techniques.

Cette méthode doit ensuite fournir une base commune pour évaluer la performance des immeubles et repérer ceux qui nécessitent une modernisation. Les résultats devront également contribuer à la définition de mesures de réduction des pertes thermiques. Le dispositif servira à cibler des actions en faveur d’une utilisation plus rationnelle de l’électricité et du gaz naturel.

Le projet de Tachkent s’inscrit par ailleurs dans une politique nationale plus large. Le décret présidentiel du 29 avril 2026 sur l’efficacité énergétique prévoit notamment l’introduction d’indicateurs de référence pour les immeubles collectifs et la création d’un classement tenant compte de leur consommation de ressources énergétiques. Le texte prévoit également des audits sur des sites où la consommation augmente sans justification apparente.

La Banque mondiale intervient elle-même sur un champ plus large que les seuls immeubles inspectés en septembre dans la capitale. Elle participe à la préparation d’un programme national consacré au chauffage et au refroidissement énergétiquement efficaces des bâtiments en Ouzbékistan. Les documents cités mettent notamment en avant des difficultés liées à l’isolation insuffisante, à l’état des façades et à des systèmes de chauffage vieillissants. Une architecture technique et financière ainsi que des mécanismes de soutien aux ménages sont également à l’étude pour ce programme, rapporte le média.

Efficacité énergétique : l’Ouzbékistan souhaite renforcer ses compétences nationales

Parallèlement aux diagnostics sur les bâtiments, l’Ouzbékistan cherche à renforcer ses compétences nationales en matière d’efficacité énergétique. Du 13 au 28 août 2026, soit quelques semaines avant le lancement des audits de Tachkent, le PNUD en Ouzbékistan et l’Agence nationale pour l’efficacité énergétique ont organisé des formations consacrées aux audits énergétiques pour les projets des sociétés de services énergétiques, ou ESCO. Au total, 80 spécialistes de Karchi, Samarcande, Ferghana et Tachkent y ont participé.

Ces sessions de deux jours réunissaient des auditeurs énergétiques, des représentants du secteur privé intéressés par le modèle ESCO ainsi que des agents d’organismes publics, précise le PNUD. Les participants ont travaillé sur l’établissement d’un niveau de consommation de référence, les corrections nécessaires pour tenir compte de la météo et des conditions d’exploitation, l’estimation des économies possibles et les méthodes permettant ensuite de vérifier les résultats réellement obtenus.

La formation comprenait également une dimension pratique dans des bâtiments publics sélectionnés dans les différentes régions. Les groupes ont utilisé de véritables données de consommation pour calculer les économies potentielles et choisir les méthodes de mesure et de vérification adaptées. UzDaily.uz indique que les formations étaient organisées dans le cadre d’un projet plus large consacré au potentiel d’efficacité énergétique des bâtiments publics et soutenu financièrement par le ministère des Finances de la République slovaque.

Ce programme de formation est distinct de l’audit lancé dans les immeubles résidentiels de Tachkent : les sources consultées ne les présentent pas comme une seule et même opération. Il renseigne toutefois sur le contexte dans lequel les autorités ouzbèkes développent désormais l’usage de l’audit énergétique, aussi bien pour identifier les consommations de référence que pour chiffrer des gains futurs et vérifier les résultats après intervention. Le prochain jalon annoncé pour Tachkent reste, lui, la transformation des diagnostics réalisés avec la Banque mondiale en une méthodologie permettant d’évaluer les immeubles et de déterminer lesquels devront être modernisés.

Par Païsiy Ukhanov
Le 09/22/2026

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