Le Parc national de Bourabaï renforce la surveillance face au mauvais comportement des touristes
Le Parc national de Bourabaï renforce la surveillance face au mauvais comportement des touristes

Dans le Parc national de Bourabaï, au Kazakhstan, la protection des paysages passe désormais aussi par l’objectif d’une caméra. Sept des sites touristiques les plus fréquentés sont désormais équipés d’un système de vidéosurveillance capable de fonctionner la nuit, d’analyser les images et de transmettre les données en temps réel. Une réponse technologique à une pression très concrète : voitures dans les forêts, bivouacs sauvages, feux interdits, déchets et activités touristiques illégales se multiplient avec l’affluence estivale.

Bourabaï : sept sites équipés de caméras intelligentes

Le parc national naturel d’État de Bourabaï, dans la région d’Aqmola, a annoncé le déploiement d’un système automatisé destiné à contrôler la fréquentation des zones touristiques. L’objectif affiché dépasse la simple surveillance : améliorer la sécurité, obtenir des données plus précises sur les flux de visiteurs, protéger les espaces naturels et raccourcir les délais d’intervention en cas d’incident, selon l’administration du parc national. Bourabaï cherche désormais à concilier une fréquentation touristique massive avec le statut particulièrement sensible de son territoire naturel protégé.

Le dispositif couvre sept lieux emblématiques : le belvédère du mont Bölektaou, le secteur de la Vallée de l’amour, les rochers Ayutas, Kebistas et Maksimka, ainsi que Moynaq jartasy et Imanay bulağy. Les caméras rotatives disposent d’un zoom optique 25 fois et d’un éclairage infrarouge permettant une observation nocturne sur au moins 150 mètres. Des équipements directionnels, eux aussi utilisables la nuit, intègrent des fonctions d’analyse vidéo.

Le Parc national de Bourabaï renforce la surveillance face au mauvais comportement des touristes

© Государственное учреждение «Государственный национальный природный парк «Бурабай» Управления Делами Президента Республики Казахстан»

Les images doivent parvenir en temps réel au Centre de gestion opérationnelle de Bourabaï. Les agents peuvent ainsi suivre à distance la situation sur les principales attractions, détecter un événement dangereux et transmettre rapidement les informations aux services de secours ou aux forces de l’ordre. Les équipements étaient capables d’identifier les personnes de jour comme de nuit et donnaient une vue sur une zone de plus de 100 mètres.

Ce choix n’arrive pas dans un parc étranger à la surveillance technologique. Bourabaï exploite déjà un dispositif distinct, baptisé Smart, pour détecter précocement les incendies de forêt. À l’été 2026, cette technologie avait permis de repérer quatre départs de feu depuis le début de la période à risque, selon le parc national. Le 22 juin 2026, un incendie de 0,5 hectare provoqué par la foudre avait ainsi été détecté suffisamment tôt pour que les opérations de lutte commencent douze minutes plus tard ; le feu avait été localisé vingt-cinq minutes après le début de l’intervention, avec 26 personnes et quatre moyens techniques mobilisés.

Un autre épisode, le 17 juin 2026, illustre le fonctionnement de cette chaîne d’alerte. Un foyer de seulement 0,001 hectare avait été repéré dans un secteur rocheux difficile d’accès, selon le parc national. Vingt personnes et cinq moyens techniques, dont un hélicoptère utilisé pour la surveillance et la coordination, avaient été mobilisés. Le 25 juillet 2026, deux nouveaux incendies dus à la foudre avaient encore été détectés précocement. Pour le plus important, un hélicoptère avait effectué 15 largages représentant 75 tonnes d’eau. La vidéosurveillance des touristes et Smart répondent à des fonctions différentes, mais s’inscrivent dans la même logique : voir plus tôt pour intervenir plus vite.

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Le parc national de Bourabaï face aux infractions routières

L’urgence est d’autant plus nette que la pression touristique ne cesse de peser sur le territoire. Entre le 22 et le 28 juin 2026, Bourabaï a accueilli plus de 58,000 visiteurs et évacué environ 42 tonnes de déchets. Sur une autre séquence, entre le 15 et le 22 juin 2026, l’administration avait comptabilisé plus de 70.000 visiteurs et environ 116 tonnes de déchets solides évacués. Pour l’ensemble du mois de juin, le volume communiqué atteignait déjà 336 tonnes. Le parc indique par ailleurs recevoir plus d’un million de touristes par an.

Cette affluence produit aussi des infractions très répétitives. Du 1er juin au 24 août 2026, les raids ont permis d’en constater 117. Les sorties de voitures des routes publiques pour pénétrer dans les massifs forestiers arrivent largement en tête : 54 cas, soit 46% du total. Treize autres conducteurs se sont approchés illégalement des berges. Ensemble, les accès motorisés interdits vers les forêts et les plans d’eau représentent donc 67 cas, soit plus de 57% des infractions recensées.

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Le problème est loin d’être uniquement routier. Vingt-huit installations de tentes hors des emplacements autorisés ont été enregistrées depuis le début de l’été, ainsi que 13 dossiers concernant une activité touristique exercée sans autorisation. Quatre violations relevaient des règles de sécurité incendie ou sanitaires en forêt, trois concernaient des dépôts de déchets, une un rejet d’eaux usées et une autre une ascension effectuée sans autorisation.

Les raids antérieurs montrent la permanence de ces comportements. Le 7 juillet 2026, dix personnes avaient été sanctionnées lors d’une opération, dont huit pour avoir quitté les routes publiques afin de pénétrer dans la forêt, selon le parc national. Un autre contrevenant exerçait une activité touristique sans autorisation et un dixième avait été verbalisé pour pollution de la forêt. Pour les professionnels, le parc rappelle que l’activité suppose notamment une demande, un contrat avec l’administration et des documents de route pour chaque trajet touristique.

Dès le 13 juin 2026, lors du premier contrôle conjoint de la saison entre les inspecteurs et la police du district, les autorités avaient déjà relevé des sorties de route, quatre campements irréguliers et des prestations touristiques dépourvues d’autorisation, selon le parc national. Des personnes proposaient notamment des promenades à cheval sans cadre légal et faisaient participer des mineurs à cette activité. Un véhicule utilisé pour transporter les animaux avait été placé en fourrière. Au niveau plus large du district de Bourabaï, la police avait relevé environ 160 infractions administratives au cours de ces contrôles.

Le parc national multiplie les contrôles contre feux et déchets

Face à cette répétition, les inspecteurs ne sont plus seuls. À la fin juillet, des représentants du parquet, de l’akimat, des services de contrôle sanitaire et épidémiologique, de la police et d’autres administrations ont rejoint les raids, selon le parc national le 27 juillet. En une semaine, les inspecteurs avaient alors relevé 16 violations de la législation environnementale : 11 sorties de véhicules vers la forêt, trois tentes installées hors des zones prévues et deux dépôts de déchets. Tous avaient donné lieu à des procédures administratives.

Les contrôles dépassent le strict champ écologique. Lors de cette même séquence, des procédures avaient également visé des organisateurs de commerce illégal, quatre propriétaires de rickshaws motorisés et deux propriétaires de quads, selon le parc national. Lors d’une opération antérieure, 67 rickshaws avaient été conduits au poste de police afin de vérifier leur situation et d’expliquer à leurs exploitants les obligations d’immatriculation. La stratégie consiste donc à encadrer à la fois les comportements individuels et une partie des activités commerciales qui accompagnent l’explosion du tourisme.

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Le feu constitue un autre point de tension. Le 3 août 2026, malgré le niveau élevé de risque d’incendie, des visiteurs avaient allumé un feu dans une zone forestière pour préparer des brochettes, selon le parc national. Le dossier administratif prévoyait une amende de 432.500 tenges (810 euros). Le même raid avait permis de détecter 15 infractions, parmi lesquelles six sorties de route vers la forêt et sept accès de véhicules aux berges.

Un autre dossier publié le 13 juillet 2026 concernait deux habitants d’Astana sanctionnés pour avoir allumé des feux dans le parc. Il existe pourtant 50 zones de pique-nique aménagées dans Bourabaï où la préparation des aliments et l’utilisation de barbecues sont permises sous réserve du respect des règles incendie. Lors des raids évoqués ce jour-là, 16 personnes avaient été sanctionnées pour des infractions environnementales ou connexes et la police avait parallèlement relevé 80 violations du code de la route.

Les professionnels ne sont pas épargnés. Le 20 juillet 2026, l’exploitant d’une plage a reçu une amende après le débordement de la cuve d’un biotoilette et le déversement d’eaux usées. La pollution du lac avait pu être évitée et les conséquences du débordement avaient été éliminées, mais la sanction représentait environ 81 euros. Lors de la même campagne de contrôles, des sorties de route, des tentes sauvages, des activités touristiques non autorisées et des dépôts de déchets avaient encore été constatés.

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Caméras et prévention : le parc national veut changer les comportements

La question des déchets illustre le mieux le changement de doctrine. Durant les sept premiers mois de 2026, 2.850 mètres cubes de déchets solides ont été évacués du territoire du parc. Dans une autre communication du 3 août, l’administration traduisait ce volume en environ 57.000 sacs de 50 litres entièrement remplis. Sur les sites les plus fréquentés, les rotations de collecte peuvent monter à six ou huit par jour pendant les heures de travail en période de forte affluence.

Pour autant, Bourabaï ne veut pas transformer chaque sentier en ligne de poubelles. L’administration défend désormais plus ouvertement le principe selon lequel le visiteur doit repartir avec ce qu’il a apporté. « Si une personne a pu apporter ses emballages, elle peut aussi les remporter », résumait en substance le personnel du parc dans un communiqué le 14 août 2026. L’idée n’est pas de cesser de nettoyer les zones fréquentées, mais de déplacer progressivement une partie de la responsabilité vers le visiteur.

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Le parc cite à l’appui plusieurs expériences internationales sur le comportement face aux déchets. Une étude randomisée publiée en 2025 et menée dans des espaces publics de Montevideo aurait constaté une baisse d’environ 43,5% des déchets abandonnés après le retrait de certains conteneurs, tout en soulignant que les mécanismes expliquant le résultat restaient à étudier. Le même document mentionne des expériences menées aux Pays-Bas où le simple déplacement des poubelles vers les sorties avait d’abord aggravé les dépôts sauvages, avant qu’un dispositif donnant une impression d’observation ne réduise les déchets. Pour le parc, le message est surtout qu’une infrastructure seule ne suffit pas : signalétique, information et comportements doivent évoluer ensemble.

C’est précisément dans ce contexte que l’arrivée des caméras prend une dimension supplémentaire. Elles ne sont pas présentées officiellement comme un simple outil destiné à distribuer des amendes. Elles doivent aussi mesurer les flux, sécuriser les belvédères et permettre une réaction plus rapide. Mais dans un espace où les sorties de route, les feux et l’abandon de déchets persistent malgré des mois de raids, la possibilité d’identifier plus facilement une situation anormale ajoute un nouvel échelon au dispositif de contrôle.

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La prévention passe également par une meilleure répartition des visiteurs. Le parc conseille de préparer son déplacement avant le départ et de ne pas concentrer systématiquement les sorties sur les points les plus connus. Les lacs Chtchoutchié, Katarkol, Joukeï ainsi que les Grand et Petit Tchebatchié figurent parmi les alternatives citées par le responsable du tourisme et de la récréation, Maqsat Murat. « Le tourisme moderne doit reposer sur les principes de responsabilité écologique », expliquait-il. L’administration recommande aussi d’emporter un sac destiné aux déchets et de privilégier, lorsque cela est possible, le vélo plutôt que la voiture.

Même la cueillette des champignons entre dans cette logique d’encadrement. 65 espèces de champignons sont recensées sur son territoire. Dans les zones où la cueillette est autorisée, un visiteur peut ramasser jusqu’à 5 kg pour son usage personnel sans billet forestier, selon le parc national. Au-delà, un document est nécessaire, tandis que la collecte dans une zone interdite peut exposer un particulier à une amende. Les automobilistes restent, là encore, tenus de ne pas créer leur propre accès à travers la végétation.

Par Rodion Zolkin
Le 08/29/2026

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