Le Kazakhstan confirme son statut de pays le plus prospère d’Asie centrale dans la dernière édition du Legatum Prosperity Index. En se classant 66e sur 167 États évalués, il devance nettement le Kirghizstan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan. Ce classement britannique ne se limite pas aux performances économiques : il mesure également la qualité des institutions, les libertés, la santé, l’éducation et les conditions de vie.
Le Kazakhstan en tête de la prospérité parmi les pays d’Asie centrale
Le Kazakhstan conserve son avance sur l’ensemble de ses voisins d’Asie centrale dans la dernière édition du Legatum Prosperity Index, publiée début août 2026 par le Legatum Institute. Le pays se hisse à la 66e place mondiale parmi les 167 États étudiés, ce qui en fait la nation la mieux classée de la région. Selon les données publiées par le centre de recherche britannique et relayées par plusieurs médias kazakhstanais, le Kirghizstan arrive loin derrière au 87e rang, suivi par l’Ouzbékistan à la 94e position. Le Turkménistan ferme la marche avec une 150e place.
Cet écart illustre la trajectoire suivie par le Kazakhstan au cours des dernières années. D’après le profil national publié par le Legatum Institute, le pays a gagné 17 places depuis 2011. Au fil des éditions, son meilleur résultat reste une 63e place mondiale, tandis que son classement le plus faible avait été une 82e position. Sa moyenne historique avoisine le 72e rang, ce qui témoigne d’une progression relativement constante sur le long terme.
Cette évolution distingue également le Kazakhstan des autres pays d’Asie centrale, dont les performances demeurent plus contrastées. Le classement 2026 confirme ainsi la place prépondérante d’Astana dans la région en matière de prospérité, un indicateur qui dépasse largement les seules performances économiques.
Kazakhstan : un indice de prospérité bien plus large que le PIB
Contrairement aux classements internationaux fondés essentiellement sur la richesse nationale ou le produit intérieur brut par habitant, le Legatum Prosperity Index cherche à mesurer la prospérité dans toutes ses dimensions. Créé en 2007 par le Legatum Institute, il couvre aujourd’hui 167 pays, représentant plus de 99% de la population mondiale.
Sa philosophie repose sur une idée simple : la prospérité d’un État ne dépend pas uniquement de sa croissance économique. Les auteurs de l’indice considèrent également que la qualité des institutions, la liberté des citoyens, l’accès aux services publics, la santé, l’éducation ou encore la solidité des liens sociaux influencent directement le développement durable d’une société.
Pour parvenir à cette évaluation, les chercheurs organisent leurs analyses autour de trois grands ensembles. Le premier concerne les sociétés inclusives et englobe notamment la sécurité, la gouvernance, les libertés individuelles et le capital social. Le deuxième s’intéresse aux économies ouvertes, en examinant l’environnement des investissements, les conditions offertes aux entreprises, les infrastructures ainsi que la qualité de l’économie. Enfin, le troisième bloc porte sur les populations autonomisées, avec des indicateurs consacrés aux conditions de vie, à la santé, à l’éducation et à l’environnement naturel.

© Legatum Institute
Cette architecture est ensuite déclinée en douze piliers, eux-mêmes subdivisés en 67 composantes politiques mesurées grâce à environ 300 indicateurs provenant de plus de 70 bases de données internationales. Le Legatum Institute précise que cette méthodologie a été élaborée avec la contribution de plus d’une centaine d’universitaires et de spécialistes issus de différents domaines. Les données sont ensuite normalisées grâce à une méthode dite de « distance à la frontière », qui compare les performances de chaque pays à une situation théorique optimale, avant d’attribuer un poids identique à chacun des trois grands domaines comme à chacun des douze piliers.
Les points forts du Kazakhstan face aux autres pays de la région
L’analyse détaillée publiée par le Legatum Institute montre que la progression du Kazakhstan ne repose pas sur un seul facteur. Depuis 2011, c’est le domaine de la santé qui a enregistré la plus forte amélioration. Les performances du pays restent également solides dans l’éducation ainsi que dans la qualité de l’économie, deux catégories identifiées comme ses principaux atouts par les auteurs de l’indice.
Cette évolution traduit les changements intervenus au cours de la dernière décennie dans plusieurs secteurs structurants. L’indice ne mesure pas uniquement les résultats économiques immédiats, mais aussi la capacité d’un État à offrir un environnement favorable aux entreprises, à garantir des infrastructures performantes, à améliorer les conditions de vie de sa population et à renforcer le fonctionnement de ses institutions. C’est précisément cette approche multidimensionnelle qui explique les écarts parfois importants entre des pays affichant pourtant des niveaux de richesse relativement proches.
Le classement met également en évidence le fossé qui s’est creusé entre le Kazakhstan et plusieurs de ses voisins d’Asie centrale. Le Kirghizstan, deuxième meilleur représentant régional, accuse désormais un retard de vingt et une places au classement mondial. L’écart atteint vingt-huit rangs avec l’Ouzbékistan et quatre-vingt-quatre positions avec le Turkménistan. Ces différences reflètent des performances inégales selon les piliers évalués, notamment en matière de gouvernance, de qualité des institutions, de libertés individuelles ou encore de développement économique.
Même si le Tadjikistan figure également dans le Legatum Prosperity Index, il reste derrière le Kazakhstan dans la hiérarchie régionale. L’ensemble des résultats confirme ainsi que ce dernier demeure la référence en matière de prospérité parmi les pays d’Asie centrale, selon les critères retenus par le centre de recherche britannique.
Kazakhstan et prospérité : une référence internationale à interpréter avec prudence
Le Legatum Prosperity Index fait partie des grands classements internationaux utilisés par les économistes, les investisseurs et les décideurs publics pour comparer les trajectoires nationales. Son intérêt réside dans le fait qu’il ne réduit pas la réussite d’un pays à sa seule croissance économique. En agrégeant plusieurs centaines d’indicateurs issus de sources internationales reconnues, il offre une photographie plus large des conditions permettant à une société de se développer durablement.
Pour autant, le Legatum Institute rappelle que son indice constitue avant tout un outil comparatif. Les résultats dépendent des données statistiques disponibles et de la méthodologie retenue, laquelle accorde un poids identique aux trois grands domaines de la prospérité. D’autres organismes internationaux peuvent ainsi aboutir à des classements différents selon les indicateurs privilégiés, qu’ils portent sur le développement humain, la compétitivité, la gouvernance ou encore le niveau de revenu.
Dans le cas du Kazakhstan, cette première place régionale n’en demeure pas moins significative. Elle confirme une progression régulière observée depuis plus d’une décennie et souligne les performances du pays dans plusieurs domaines clés, notamment la santé, l’éducation et la qualité de son économie. Alors que l’Asie centrale poursuit sa transformation économique et institutionnelle, ce classement renforce également l’image du Kazakhstan comme l’État le mieux positionné de la région selon les critères du Legatum Prosperity Index.
