Le satellite « Samarkand-2028 » ouvre une nouvelle ère spatiale pour l’Ouzbékistan
Le satellite « Samarkand-2028 » ouvre une nouvelle ère spatiale pour l'Ouzbékistan

Le satellite Samarkand-2028 marque une étape historique pour le programme spatial de l’Ouzbékistan. Placé en orbite le 5 août 2026 depuis une plateforme maritime chinoise, cet engin d’observation de la Terre est le premier à embarquer un module d’intelligence artificielle développé par des ingénieurs ouzbeks. Au-delà de la réussite technologique, le projet illustre les ambitions croissantes de Tachkent dans les secteurs spatial, numérique et de l’intelligence artificielle.

Le satellite Samarkand-2028 ouvre une nouvelle étape pour l’Ouzbékistan

Le 5 août 2026 restera comme une date importante pour le développement spatial de l’Ouzbékistan : le satellite d’observation de la Terre Samarkand-2028 a été lancé avec succès par la société chinoise Star Vision depuis une plateforme de lancement en mer située au large de la province du Shandong. L’opération constitue l’aboutissement de plusieurs années de coopération entre l’agence spatiale ouzbèke Uzcosmos et son partenaire chinois, engagés depuis la signature d’un mémorandum stratégique en novembre 2025.
L’événement dépasse largement le simple lancement d’un nouvel appareil orbital. Pour la première fois de son histoire, l’Ouzbékistan envoie dans l’espace un logiciel d’intelligence artificielle conçu par ses propres ingénieurs. Ce module embarqué, développé par les spécialistes d’Uzcosmos, doit permettre de traiter directement en orbite une partie des données collectées par le satellite, réduisant ainsi les volumes à transmettre vers la Terre tout en accélérant leur exploitation.

Le projet Samarkand-2028 s’inscrit dans la stratégie du gouvernement ouzbek visant à bâtir une véritable filière spatiale nationale. Selon le ministère des Technologies numériques, cette mission représente l’un des plus importants projets spatiaux internationaux jamais menés par le pays et ouvre une nouvelle phase dans le développement de son programme spatial.

Le choix du nom n’est d’ailleurs pas anodin. Le satellite a été baptisé Samarkand-2028 en référence à la décision de l’International Astronautical Congress d’organiser son 79ᵉ congrès dans la ville historique de Samarcande en 2028. Pour les autorités, cette appellation symbolise la volonté de faire de l’Ouzbékistan un acteur reconnu de la communauté spatiale internationale au moment où le pays accueillera cet événement majeur du secteur.

Le lancement a été réalisé par Star Vision à bord d’un lanceur ayant également placé en orbite le satellite indonésien Lampung-1. Le recours à une plateforme maritime de lancement, au large des côtes de la province chinoise du Shandong, témoigne de la dimension internationale du projet et de la coopération technologique nouée entre les deux partenaires.

Cette collaboration ne se limite toutefois pas à la fourniture d’un service de lancement. Les ingénieurs ouzbeks ont participé directement au développement des équipements embarqués, ce qui constitue l’une des principales nouveautés du programme. Contrairement à de précédents projets reposant essentiellement sur des technologies étrangères, Samarkand-2028 intègre désormais une composante logicielle conçue localement.

Le satellite Samarkand-2028 mise sur l’intelligence artificielle

La principale innovation du satellite réside dans son module d’intelligence artificielle développé par Uzcosmos. Ce logiciel est directement intégré au système embarqué afin d’effectuer une partie du traitement des données avant même leur transmission vers les stations au sol.

Cette approche présente plusieurs avantages opérationnels. Habituellement, les satellites d’observation envoient d’importants volumes de données brutes qui doivent ensuite être analysés sur Terre. Avec Samarkand-2028, une partie de cette analyse est réalisée directement en orbite. Les informations pertinentes peuvent ainsi être identifiées plus rapidement, ce qui améliore l’efficacité des communications tout en réduisant les besoins en bande passante.

Selon les explications fournies par Uzcosmos, le satellite utilise une technologie d’imagerie hyperspectrale particulièrement avancée. Alors que les satellites conventionnels observent la surface terrestre dans un nombre limité de bandes spectrales, Samarkand-2028 est capable d’analyser le rayonnement réfléchi dans au moins vingt bandes spectrales différentes. Cette finesse d’observation permet d’obtenir des informations beaucoup plus précises sur les caractéristiques des sols, de la végétation ou encore des ressources naturelles.

Cette capacité ouvre des perspectives importantes pour de nombreux secteurs économiques. Les données recueillies pourront notamment servir à identifier différentes cultures agricoles, suivre leur état de développement, surveiller les ressources en eau, observer les écosystèmes, détecter certaines évolutions environnementales ou encore améliorer le suivi de phénomènes naturels susceptibles d’engendrer des situations d’urgence.

Samarkand-2028 doit renforcer les capacités nationales d’observation de l’Ouzbékistan

Les autorités ouzbèkes mettent en avant les nombreuses applications concrètes que permettra ce satellite dans les années à venir. Selon le ministère des Technologies numériques, la mission contribuera au développement de l’agriculture de précision, à la protection de l’environnement, à la surveillance des ressources naturelles, à la gestion des ressources hydriques, à la prévention des catastrophes naturelles ainsi qu’à la planification urbaine. Ces domaines figurent parmi les priorités stratégiques de l’Ouzbékistan, confronté à des défis croissants liés à la disponibilité de l’eau, à la modernisation de son agriculture et à l’adaptation au changement climatique.

L’imagerie hyperspectrale constitue un outil particulièrement précieux pour répondre à ces enjeux. En analysant simultanément un grand nombre de longueurs d’onde, elle permet de détecter des informations invisibles à l’œil humain ou aux satellites classiques. Les autorités espèrent ainsi améliorer le suivi sanitaire des cultures, repérer plus rapidement les situations de stress hydrique, cartographier avec davantage de précision certaines ressources naturelles et affiner les évaluations environnementales réalisées par les différentes administrations.

Au-delà des usages civils, le projet représente également un investissement dans les compétences nationales. Akhror Agzamov, expert d’Uzcosmos, a salué le travail des ingénieurs ouzbeks, estimant que le développement du module embarqué constituait une démonstration du niveau atteint par les équipes nationales. Selon lui, le fait que Star Vision ait confié à Uzcosmos le développement du code informatique destiné à être utilisé dans l’espace représente une première historique pour l’Ouzbékistan indépendant et envoie un signal fort aux jeunes ingénieurs appelés à rejoindre les secteurs de l’aérospatial et de l’intelligence artificielle.

Cette réussite s’inscrit dans une stratégie plus large de montée en compétences technologiques. Depuis plusieurs années, le gouvernement multiplie les investissements dans le numérique, la recherche appliquée et la formation de spécialistes capables de participer à des projets de haute technologie. Le lancement de Samarkand-2028 constitue ainsi une vitrine du savoir-faire national autant qu’un outil destiné à produire des données utiles au développement économique.

L’Ouzbékistan prépare déjà la prochaine génération de satellites

Le lancement de Samarkand-2028 ne constitue pas un aboutissement mais une nouvelle étape du programme spatial national. Uzcosmos travaille déjà sur plusieurs projets destinés à élargir les capacités spatiales du pays au cours des prochaines années.

Parmi eux figure le développement du premier satellite scientifique ouzbek au format 6U, dont le lancement est également prévu en 2028. Baptisé Mirzo Oulough Beg, en hommage au célèbre souverain et astronome du XVe siècle, cet appareil doit permettre à l’Ouzbékistan d’acquérir de nouvelles compétences dans le domaine de la recherche spatiale et des missions scientifiques.

Les autorités poursuivent également les études visant à envoyer dans l’espace le premier cosmonaute ouzbek. Si aucun calendrier définitif n’a encore été annoncé pour cette mission habitée, ce projet illustre l’ambition affichée par Tachkent de développer progressivement l’ensemble de la chaîne des activités spatiales, depuis la conception de logiciels embarqués jusqu’à la formation d’astronautes.

Le succès de Samarkand-2028 pourrait également renforcer les partenariats internationaux d’Uzcosmos. En démontrant sa capacité à développer des technologies embarquées utilisées dans une mission spatiale internationale, l’agence espère attirer de nouvelles coopérations avec des acteurs étrangers spécialisés dans l’observation de la Terre, les satellites scientifiques ou les applications de l’intelligence artificielle au secteur spatial. Pour l’Ouzbékistan, cette première mondiale nationale constitue autant une réussite technique qu’un argument pour s’imposer progressivement parmi les nouveaux acteurs émergents de l’économie spatiale.

Par Rodion Zolkin
Le 08/05/2026

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