Mendicité : l’Asie centrale durcit le ton face à ce qui est devenu un fléau
Mendicité : l'Asie centrale durcit le ton face à ce qui est devenu un fléau

Le 27 juillet 2026, la police de Douchanbé a annoncé une nouvelle offensive contre la mendicité dans la capitale tadjike. Les autorités entendent désormais sanctionner plus systématiquement les personnes qui sollicitent l’aumône dans les lieux publics, tout en élargissant leurs opérations contre le vagabondage et les troubles à l’ordre public. Cette initiative s’inscrit dans une évolution observée dans plusieurs pays d’Asie centrale, où les gouvernements cherchent à reprendre le contrôle de l’espace public tout en répondant à des difficultés sociales persistantes.

Au Tadjikistan, la mendicité devient une priorité pour la police

La dernière campagne lancée par la Direction de la police de Douchanbé marque un nouveau durcissement des pratiques. Les forces de l’ordre multiplient les contrôles dans les rues, à proximité des commerces, des cafés et des mosquées, lieux où les mendiants sont les plus nombreux.

Les autorités préviennent que les personnes interpellées pourront désormais être condamnées à des travaux d’intérêt général ou faire l’objet d’une arrestation administrative conformément à la législation nationale. La police explique également que ces opérations ne concernent pas uniquement la mendicité, mais aussi le vagabondage et les comportements considérés comme portant atteinte à l’ordre public. Cette approche témoigne d’une volonté de traiter simultanément les questions sociales et sécuritaires dans la capitale du Tadjikistan.

Mendicité : l'Asie centrale durcit le ton face à ce qui est devenu un fléau

© Police de Douchanbé

Au Kazakhstan, une surveillance accrue de l’espace public pour éradiquer la mendicité

Le Kazakhstan connaît lui aussi un renforcement des contrôles. Plusieurs médias nationaux rapportent une augmentation des sanctions visant les personnes qui pratiquent une mendicité jugée agressive ou intrusive dans les grandes villes. Les autorités kazakhstanaises sanctionnent de plus en plus fréquemment les comportements assimilés à du harcèlement dans l’espace public. Les opérations ne visent pas uniquement les mendiants. Elles concernent également les vendeurs ambulants insistants, les faux collecteurs de dons ou encore les personnes qui sollicitent les passants de manière répétée.

La police fait état d’une hausse des plaintes liées à ces différentes formes de sollicitation dans plusieurs centres urbains. Les autorités cherchent ainsi à préserver la tranquillité des habitants tout en limitant le développement de réseaux organisés utilisant parfois la rue comme principale source de revenus.

En Ouzbékistan, la lutte contre la mendicité passe aussi par la protection des mineurs

En Ouzbékistan, la lutte contre la mendicité s’accompagne d’une forte dimension sociale. Les autorités s’inquiètent notamment de la présence de nombreux enfants contraints de mendier. Le gouvernement poursuit plusieurs programmes destinés à identifier les mineurs exploités dans la rue et à accompagner leurs familles. Cette problématique est considérée comme l’une des plus sensibles par les services sociaux ouzbeks.

Dans le même temps, les autorités renforcent également les contrôles policiers. Près de 2.000 personnes pratiquant la mendicité ont été identifiées à Tachkent au cours du premier semestre 2026. La législation ouzbèke interdit cette pratique, ce qui permet aux forces de l’ordre d’engager des procédures administratives contre les contrevenants. Ce chiffre illustre l’ampleur du phénomène dans la capitale et montre que la répression demeure un outil privilégié, parallèlement aux mesures de protection de l’enfance.

Au Kirghizstan, une réforme législative pour protéger les enfants

Le Kirghizstan suit une trajectoire comparable. Le Parlement a récemment adopté un renforcement de la législation visant la mendicité, avec une attention particulière portée aux situations impliquant des mineurs. Les nouvelles dispositions alourdissent les mesures applicables lorsque des enfants sont utilisés pour solliciter l’aumône dans les rues. Les autorités estiment que ces pratiques relèvent souvent de l’exploitation et nécessitent une réponse plus ferme.
Cette réforme poursuit un double objectif : protéger les enfants et réduire la présence de la mendicité dans les espaces publics. Les autorités kirghizes présentent ces mesures comme un instrument de prévention autant que de répression.

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L’évolution simultanée des politiques publiques dans les quatre pays révèle une tendance régionale. Si les réponses diffèrent dans leur mise en œuvre, elles reposent sur une même logique : limiter la visibilité des mendiants, renforcer les moyens d’action des forces de l’ordre et mieux encadrer les situations impliquant des personnes vulnérables, en particulier les enfants. Derrière les opérations de police se dessinent ainsi des enjeux beaucoup plus larges, mêlant sécurité, pauvreté, protection sociale et gestion de l’espace urbain.

Par Rodion Zolkin
Le 07/29/2026

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