Classée 38e au premier classement mondial des villes « intelligentes » publié par le Boston Consulting Group, Almaty confirme son ambition numérique. La métropole kazakhstanaise devance plusieurs grandes villes internationales grâce à une stratégie de transformation qui privilégie l’utilité concrète des technologies pour les habitants plutôt que leur simple déploiement.
Les villes « intelligentes » redéfinies par l’intelligence artificielle et les « smart cities »
Dans le dernier classement du cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) consacré aux villes « intelligentes », Almaty se hisse à la 38e place sur 61 grandes métropoles mondiales avec un score de 62 points. Cette performance permet à la capitale économique du Kazakhstan de dépasser des villes de premier plan comme Rome, Milan, Osaka, Istanbul, Kuala Lumpur encore Mexico. Plus qu’un simple classement, cette étude met en lumière les nouvelles priorités qui façonnent désormais la compétition internationale entre les métropoles : l’intelligence artificielle, la qualité des services publics numériques et l’amélioration concrète de la vie quotidienne des habitants.
Contrairement à de nombreux classements centrés sur le niveau d’équipement technologique, le Boston Consulting Group adopte une approche beaucoup plus large. Les spécialistes ont évalué 61 métropoles réparties dans 39 pays à partir de 35 indicateurs couvrant cinq dimensions complémentaires : les résultats obtenus pour les habitants, la stratégie de développement, l’adoption des services numériques et de l’intelligence artificielle, les méthodes de gouvernance ainsi que les capacités de soutien, qu’il s’agisse des infrastructures, des financements ou encore des compétences disponibles. L’objectif consiste à mesurer la capacité réelle des villes « intelligentes » à transformer les innovations technologiques en bénéfices tangibles pour leurs citoyens.
Cette méthodologie illustre une évolution profonde de la notion de « smart cities ». Pour les auteurs de l’étude, une ville intelligente ne se résume plus à multiplier les capteurs, les plateformes numériques ou les applications mobiles. Elle doit surtout démontrer que ces outils rendent les services publics plus accessibles, facilitent les déplacements, améliorent la qualité de vie et soutiennent durablement l’activité économique. Le rapport souligne d’ailleurs que les villes les plus avancées dans l’intégration de l’intelligence artificielle affichent généralement de meilleurs niveaux de satisfaction des habitants et une compétitivité économique plus élevée.

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Les villes « intelligentes » : pourquoi Almaty progresse dans le classement des « smart cities »
Avec sa 38e place et ses 62 points, Almaty intègre la catégorie Emerging, qui rassemble les métropoles poursuivant activement le développement de leur environnement numérique et l’extension des usages des technologies les plus récentes. Ce positionnement témoigne d’une dynamique de modernisation encore en cours, mais suffisamment avancée pour placer la ville devant plusieurs métropoles reconnues à l’échelle internationale.
Les écarts restent révélateurs. Istanbul n’obtient que 55 points et occupe la 52e place, tandis que Mexico atteint également 55 points pour la 53e position. Varsovie se classe 47e avec 58 points, Delhi 43e avec 59 points et Milan 41e avec 61 points. Almaty se retrouve ainsi au voisinage de villes telles que Tokyo, Hong Kong ou Jakarta dans le tableau publié par BCG. Cette proximité illustre la montée en puissance de la métropole kazakhstanaise dans les politiques urbaines numériques, alors même qu’elle évolue dans un environnement économique très différent de celui des grandes capitales occidentales ou des principaux centres technologiques asiatiques.
Les « smart cities » privilégient désormais les résultats plutôt que la technologie
Le classement met également en évidence un changement de philosophie dans la conception des villes « intelligentes ». Longtemps, les collectivités ont surtout cherché à multiplier les infrastructures numériques ou à expérimenter les dernières innovations technologiques. Désormais, ces investissements ne constituent plus une fin en soi. Selon le Boston Consulting Group, les villes les plus performantes sont celles qui utilisent l’intelligence artificielle comme un levier au service des citoyens, en simplifiant les démarches administratives, en optimisant les transports, en améliorant la gestion des ressources publiques ou encore en renforçant l’efficacité des services municipaux.
L’étude montre également qu’il n’existe pas de modèle universel. Certaines métropoles atteignent les meilleurs résultats grâce à une stratégie très équilibrée sur l’ensemble des critères évalués, tandis que d’autres progressent en concentrant leurs efforts sur quelques domaines prioritaires avant d’élargir progressivement leur transformation numérique. BCG insiste aussi sur l’importance des facteurs de soutien, notamment la qualité des infrastructures, la disponibilité des financements, la formation des talents et la coopération entre les autorités publiques et les acteurs privés. Sans cet écosystème, les technologies les plus avancées peinent à produire des effets durables.
Le sommet du classement est dominé par Londres, qui occupe la première place, devant Dubaï, New York, Washington et Amsterdam. Ces métropoles constituent aujourd’hui les références mondiales en matière de gouvernance urbaine numérique. Leur point commun n’est pas uniquement leur capacité d’investissement, mais aussi leur aptitude à intégrer l’intelligence artificielle dans les politiques publiques tout en maintenant un haut niveau de qualité de service pour les habitants.
Pour Almaty, cette reconnaissance internationale intervient dans un contexte plus large de montée en puissance de la métropole kazakhstanaise sur les classements mondiaux. La ville a d’ailleurs récemment été désignée meilleure ville étudiante d’Asie centrale dans le classement QS Best Student Cities 2027. L’entrée remarquée d’Almaty dans le premier Intelligent Cities Index confirme ainsi l’ambition du Kazakhstan de faire de sa principale métropole un laboratoire régional de l’innovation urbaine. Même si la ville appartient encore au groupe des métropoles « Emerging », son avance sur plusieurs grandes villes internationales montre que sa stratégie numérique produit déjà des résultats mesurables et reconnus à l’échelle mondiale.
