Le président ouzbek, Shavkat Mirziyoyev, a approuvé le 7 juillet 2026 le projet « Green Samarkand », qui vise à réduire de 50% les particules fines PM2.5 et PM10 d’ici 2030. Transport électrique, ceinture verte de 102,7 km et normes de construction durable : une transformation écologique aux bénéfices sanitaires mesurables pour les habitants de Samarcande.
Samarcande étouffée : les chiffres alarmants des particules fines
Samarcande suffoque. Comme des dizaines de villes d’Asie centrale, l’ancienne cité de la Route de la Soie connaît des pics de pollution atmosphérique qui menacent la santé de ses habitants. Mais le 7 juillet 2026, le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev a approuvé un plan radical : « Green Samarkand », un projet de transformation écologique qui vise à réduire de 50% les concentrations de particules fines PM2.5 et PM10 d’ici 2030. L’objectif affiché ? Faire de Samarcande la première capitale verte d’Asie centrale, avec des bénéfices sanitaires mesurables pour sa population.
Les particules fines PM2.5 et PM10, issues des émissions industrielles, du trafic routier et des tempêtes de poussière provenant des zones désertiques environnantes, pénètrent profondément dans les voies respiratoires. À Samarcande, ces polluants dépassent régulièrement les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. Les maladies respiratoires chroniques, l’asthme infantile et les affections cardiovasculaires progressent dans la région de Samarcande, où 80% du territoire ouzbek est constitué de zones désertiques et semi-désertiques. L’asséchement de la mer d’Aral depuis les années 1960 a aggravé la situation en créant la steppe d’Aralkum, source de tempêtes de sel et de poussière qui affectent des millions de personnes.
Face à cette urgence sanitaire, le président Mirziyoyev a validé un dispositif inédit. Le projet « Green Samarkand » prévoit d’éviter l’émission de 51.200 tonnes de polluants atmosphériques d’ici 2030. Un bureau de projet baptisé « Yasil Samarkand » (Samarcande verte) coordonne désormais les actions dans sept domaines : urbanisme, écologie, transport, construction, tourisme, industrie et services publics. Cette gouvernance centralisée doit garantir la cohérence des mesures et leur déploiement rapide sur le terrain.

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Transport électrique : éliminer les émissions polluantes à la source
Le volet mobilité constitue le levier principal de dépollution. D’ici 2030, l’intégralité du transport public et des taxis de Samarcande passera à l’électrique. Concrètement, la ville achète 50 électrobus de grande capacité et installe 150 nouveaux feux tricolores intelligents pour fluidifier le trafic et réduire les embouteillages, sources d’émissions supplémentaires. Cette conversion totale du parc roulant professionnel vise à supprimer les émissions de dioxyde d’azote (NO2) et de particules fines à la source, là où les habitants sont les plus exposés : dans les rues, aux arrêts de bus, près des écoles.
La ceinture verte de 102,7 km : un filtre naturel contre la pollution
Autour de la nouvelle grande route circulaire, une ceinture verte de 102,7 kilomètres et 3 532 hectares sera plantée. Cette barrière végétale agira comme un filtre naturel : les arbres captent les particules en suspension, absorbent le CO2 et régulent la température urbaine. En parallèle, 319 kilomètres d’ariks (canaux d’irrigation traditionnels) seront construits ou restaurés pour alimenter ces espaces verts en eau. L’objectif chiffré est clair : atteindre 30% de zones vertes dans les zones habitées de Samarcande d’ici 2030, un standard de ville saine reconnu par les urbanistes.
Équipements de dépollution et normes de construction verte
Mais verdir ne suffit pas. Le plan impose l’installation d’équipements de dépollution industrielle pour réduire de 50% les émissions de PM2.5 et PM10. Huit entreprises industrielles de catégories I et II, jugées trop polluantes, seront relocalisées hors de la ville. Parallèlement, un régime spécial éco-urbain introduit des normes obligatoires de construction verte pour tous les nouveaux projets et reconstructions. Un district pilote, « Green City Samarkand », de 300 hectares, appliquera dès maintenant les standards internationaux de ville durable : bâtiments à faible consommation énergétique, gestion des eaux pluviales, matériaux biosourcés.
Réduction des maladies respiratoires et amélioration de la qualité de vie
Les bénéfices sanitaires d’une telle transformation sont documentés par de nombreuses études épidémiologiques. Une baisse de 50% des particules fines PM2.5 pourrait réduire de 20 à 30% l’incidence des maladies respiratoires chroniques et diminuer significativement la mortalité cardiovasculaire prématurée. Pour les enfants, particulièrement vulnérables, respirer un air plus pur signifie moins d’asthme, moins d’hospitalisations, un développement pulmonaire optimal. Pour les personnes âgées, cela se traduit par une espérance de vie en bonne santé prolongée. Le président Mirziyoyev l’a souligné lors de sa présentation sur la lutte contre la désertification : « Les territoires désertiques doivent être considérés non seulement comme un problème écologique, mais aussi comme une source de nouvelles opportunités économiques ». Cette vision inclut la santé publique comme indicateur de succès.

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L’objectif de 30% de zones vertes : un standard de ville saine
Pourquoi 30% de zones vertes ? Cette proportion correspond aux recommandations de l’OMS pour garantir un environnement urbain sain. Les espaces verts réduisent les îlots de chaleur urbains (jusqu’à 5°C de moins l’été), favorisent l’activité physique (marche, sport), diminuent le stress et améliorent la santé mentale. À Samarcande, où les températures estivales dépassent régulièrement 40°C, ces oasis urbaines deviendront des refuges vitaux. Le projet prévoit également la création de parcs de proximité, accessibles à pied en moins de 10 minutes pour chaque habitant, selon les principes de la ville du quart d’heure.
Samarcande peut-elle devenir un modèle pour l’Asie centrale ?
L’ambition affichée est de faire de Samarcande « la capitale des investissements verts et de l’innovation en Asie centrale », selon la conception du projet. Si les objectifs de 2030 sont atteints, la ville deviendra un laboratoire grandeur nature de transition écologique en zone semi-aride. D’autres métropoles d’Asie centrale, confrontées aux mêmes défis de pollution, de désertification et de croissance urbaine rapide, pourraient s’inspirer du modèle ouzbek. Reste à surmonter les défis : financement des infrastructures électriques, formation des professionnels du bâtiment aux normes vertes, acceptabilité sociale de la relocalisation industrielle.
Mais l’enjeu sanitaire justifie l’urgence. Chaque année gagnée sur le calendrier de dépollution, ce sont des centaines de vies sauvées, des milliers d’hospitalisations évitées. Samarcande, ville millénaire, pourrait ainsi écrire un nouveau chapitre de son histoire : celui d’une métropole qui a choisi de respirer.
