Kazakhstan : les Pays-Bas, la Russie et les Émirats arabes unis en tête du palmarès des investisseurs étrangers
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Au premier trimestre 2026, le Kazakhstan a attiré 6,3 milliards de dollars d’investissements directs étrangers. Les Pays-Bas dominent avec 1,2 milliard, suivis par la Russie (773,3 millions) et, fait nouveau, les Émirats arabes unis (631,9 millions) qui évincent la Chine du podium.

Investissements directs étrangers : un flux net de 3 milliards de dollars

Avec 6,3 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) au premier trimestre 2026, le Kazakhstan confirme son attrait auprès des investisseurs internationaux. Mais le classement des trois premiers bailleurs de fonds révèle une réalité souvent ignorée : la composition des flux d’IDE se réoriente, la Chine cédant la place aux Émirats arabes unis.
D’après les données publiées par la Banque nationale du Kazakhstan le 2 juillet 2026, le flux brut des investissements directs étrangers a atteint 6,3 milliards de dollars sur les trois premiers mois de 2026, tandis que le flux net s’établit à 3 milliards de dollars, soulignant l’écart entre capitaux entrants et sortants. Selon les autorités monétaires kazakhstanaises, le stock cumulé d’IDE franchit désormais 161,6 milliards de dollars.

Investissements étrangers au Kazakhstan : les Pays-Bas consolident leur domination au sein du palmarès, avec 1,2 milliard de dollars

Les Pays-Bas demeurent le premier investisseur étranger au Kazakhstan avec 1,2 milliard de dollars injectés entre janvier et mars 2026. Leur position dominante, déjà acquise en 2025 avec 4,6 milliards de dollars sur l’année complète, se renforce au premier trimestre. Amsterdam conserve son rôle de plateforme financière privilégiée pour canaliser les capitaux vers l’Asie centrale, notamment grâce à des structures juridiques avantageuses et des accords fiscaux bilatéraux. Les investissements néerlandais se dirigent principalement vers les secteurs extractifs et le commerce de gros, reflétant une stratégie d’allocation sectorielle cohérente avec les années précédentes.

La Russie maintient sa deuxième place malgré un flux réduit de 773,3 millions

La Russie occupe la deuxième position avec 773,3 millions de dollars investis au premier trimestre 2026. Comparé aux 2,88 milliards de dollars déployés sur l’ensemble de 2025, le rythme trimestriel apparaît en retrait. Moscou concentre ses capitaux sur les industries manufacturières et le secteur énergétique, deux domaines où les liens historiques et techniques entre les deux pays facilitent les partenariats. La proximité géographique et les infrastructures communes (oléoducs, réseaux ferroviaires) expliquent la persistance des flux russes vers le Kazakhstan, malgré un contexte international contraint.

L’irruption des Émirats arabes unis : le changement majeur de 2026

Les Émirats arabes unis s’installent à la troisième place avec 631,9 millions de dollars investis au premier trimestre, évincant la Chine qui totalisait 2,82 milliards de dollars en 2025. Abou Dhabi et Dubaï déploient une stratégie offensive de diversification géographique de leurs fonds souverains, cherchant à sécuriser des positions dans les économies riches en ressources naturelles. Les secteurs visés incluent les carrières, le pétrole et l’immobilier commercial. L’entrée fracassante des Émirats arabes unis dans le top trois des investisseurs marque un tournant dans la géographie des capitaux étrangers au Kazakhstan, signalant un basculement partiel vers le Golfe persique.

Le secteur minier capte 1,48 milliard (23,5% du flux total)

L’extraction minière et les carrières absorbent 1,48 milliard de dollars au premier trimestre 2026, soit 23,5% du flux brut total d’IDE. Le pétrole, le gaz et les métaux rares (uranium, cuivre, zinc) attirent massivement les capitaux étrangers, confortant la spécialisation économique du pays. Les gisements kazakhs figurent parmi les plus importants d’Asie centrale, justifiant l’appétit constant des investisseurs pour ce secteur. Néanmoins, la dépendance aux matières premières expose l’économie aux fluctuations des cours mondiaux et limite les perspectives de diversification productive.

L’industrie manufacturière absorbe 998 millions : un poids stable

L’industrie manufacturière capte 998 millions de dollars d’investissements directs étrangers sur les trois premiers mois de 2026. Les usines de transformation métallurgique, les raffineries pétrolières et les installations chimiques concentrent l’essentiel des capitaux. Les États-Unis et la Suisse figurent parmi les dix premiers investisseurs, privilégiant les projets industriels à forte valeur ajoutée. Le secteur manufacturier représente un levier potentiel de montée en gamme, mais sa croissance reste bridée par la concentration des flux vers l’amont extractif. Le commerce de gros complète le podium sectoriel, soulignant l’importance des activités logistiques et de distribution.

Vers une diversification des sources d’investissement ?

Au 1er avril 2026, le stock cumulé d’investissements directs étrangers franchit 161,6 milliards de dollars. Accumulés depuis l’indépendance du Kazakhstan en 1991, ces capitaux témoignent de l’attractivité durable du pays pour les investisseurs internationaux. Toutefois, la répartition géographique et sectorielle demeure concentrée : les trois premiers pays représentent une part significative du total, et les secteurs extractifs dominent largement. La diversification des sources de financement progresse lentement, comme l’illustre l’arrivée des Émirats arabes unis, mais la structure d’ensemble évolue peu.

Flux net vs. flux brut : l’écart révélateur entre attraction et création de valeur

La différence entre flux brut (6,3 milliards) et flux net (3 milliards) au premier trimestre 2026 interroge la capacité réelle du Kazakhstan à retenir durablement les capitaux étrangers. Un flux net représentant moins de la moitié du flux brut signale des sorties importantes, liées aux rapatriements de bénéfices, aux désinvestissements ou aux remboursements de prêts intra-groupe. Les autorités kazakhes privilégient la communication sur le flux brut, plus flatteur, mais les analystes soulignent la nécessité d’examiner le flux net pour évaluer l’impact macroéconomique réel. La question méthodologique dépasse le simple débat statistique : elle révèle les limites d’un modèle économique encore largement tributaire des cycles d’extraction et d’exportation de matières premières.

L’évolution du classement des investisseurs étrangers au Kazakhstan traduit une recomposition progressive des flux de capitaux vers l’Asie centrale. L’irruption des Émirats arabes unis au détriment de la Chine ouvre une nouvelle séquence, où les fonds souverains du Golfe pourraient jouer un rôle croissant. Reste à savoir si ces capitaux accompagneront une diversification sectorielle ou conforteront la spécialisation extractive du pays.

Par Rodion Zolkin
Le 07/03/2026

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