Au Kazakhstan, une nouvelle loi veut mettre fin aux faux psychologues
Au Kazakhstan, une nouvelle loi veut mettre fin aux faux psychologues

Le 25 juin 2026, le Sénat du Kazakhstan a adopté la loi sur l’activité psychologique, qui instaure pour la première fois un cadre légal pour les psychologues. L’objectif affiché est de protéger les citoyens contre les pseudo-spécialistes et les coachs qui proposent leurs services sur les réseaux sociaux sans qualification reconnue.

Les psychologues au Kazakhstan devront répondre à des critères stricts

L’adoption de cette loi marque une étape importante dans la professionnalisation de la psychologie au Kazakhstan. Après plusieurs années de débats, les autorités souhaitent mettre fin à un vide juridique qui permettait jusqu’à présent à n’importe quelle personne de se présenter comme psychologue, y compris sur les plateformes numériques, sans contrôle particulier. Le texte, désormais transmis au président de la République pour promulgation, introduit un ensemble de règles destinées à encadrer l’exercice de la profession.
La réforme prévoit la création d’un registre national des psychologues, qui deviendra la pierre angulaire du nouveau dispositif. Seuls les professionnels inscrits dans cette base officielle pourront exercer légalement sous le titre de psychologue. Les personnes non enregistrées ne pourront plus se présenter comme telles ni proposer des consultations psychologiques au public.

Pour intégrer ce registre, les candidats devront justifier d’une formation universitaire spécialisée, répondre à des exigences de qualification professionnelle et respecter un futur standard national de la profession. Le projet prévoit également un système progressif de certification afin de vérifier régulièrement les compétences des praticiens. Les autorités souhaitent ainsi harmoniser les pratiques professionnelles et instaurer un niveau minimal de qualité dans l’ensemble du pays.

Le texte définit également les droits des bénéficiaires de l’aide psychologique. Les praticiens devront informer leurs patients de leurs qualifications, expliquer leurs méthodes de travail et conclure un contrat dans le cadre des consultations privées. La confidentialité des échanges devient une obligation légale, tout comme le respect d’un code d’éthique professionnelle.

Autre nouveauté importante, la loi distingue clairement la psychologie de la médecine. Les psychologues ne pourront ni établir de diagnostic médical ni prescrire de traitement médicamenteux. Ils devront orienter leurs patients vers des professionnels de santé lorsque leur situation dépasse leur domaine de compétence.

Le Kazakhstan au phénomène des « psychologues Instagram »

Si le texte concerne l’ensemble de la profession, les débats parlementaires se sont largement concentrés sur les nombreux coachs et influenceurs qui proposent des consultations via les réseaux sociaux.

Selon la sénatrice Asem Rakhmetova, « de nombreux faux psychologues et coachs gagnent aujourd’hui de l’argent en distribuant des conseils. Beaucoup de personnes leur ont fait confiance avant de devenir victimes de tromperies ». Cette déclaration illustre la principale préoccupation des parlementaires : empêcher que des personnes sans qualification puissent intervenir auprès de personnes vulnérables.

Les auteurs de la réforme estiment que le développement rapide des réseaux sociaux a profondément transformé le marché de l’accompagnement psychologique. Les consultations en ligne se sont multipliées sans véritable contrôle, favorisant l’apparition d’offres très diverses, allant de professionnels diplômés à des influenceurs ayant simplement suivi quelques formations privées. La future loi couvrira également ces prestations numériques, qui devront respecter les mêmes exigences que les consultations réalisées en cabinet.

Le texte interdit en outre l’utilisation de méthodes non scientifiques ou susceptibles d’exercer une influence psychologique incontrôlée sur les personnes accompagnées. Les autorités souhaitent privilégier des approches validées par les connaissances scientifiques et renforcer la supervision professionnelle des praticiens.

Le Kazakhstan veut professionnaliser durablement les psychologues

Au-delà de la lutte contre les pseudo-spécialistes, les autorités présentent cette réforme comme une étape de structuration d’une profession en plein développement.

D’après les données communiquées lors des débats parlementaires, le Kazakhstan compte actuellement 43 universités proposant des formations en psychologie. Environ 17.000 étudiants suivent aujourd’hui un cursus dans cette discipline, tandis que près de 4.000 nouveaux diplômés arrivent chaque année sur le marché du travail. Ces chiffres témoignent d’une demande croissante pour cette profession, aussi bien dans les établissements scolaires que dans les entreprises ou les structures sociales.

Les centres régionaux de soutien psychologique auraient réalisé près de 50.000 consultations au cours de l’année écoulée, illustrant également l’augmentation des besoins en matière d’accompagnement psychologique.

Les psychologues disposeront d’un nouveau cadre juridique

Le nouveau texte définit désormais les responsabilités des psychologues, les droits des patients ainsi que les missions des autorités publiques chargées du contrôle de la profession. Il prévoit également l’obligation de formation continue, le recours à la supervision professionnelle ainsi que la mise en place d’un code national d’éthique. Les pouvoirs publics espèrent ainsi renforcer la confiance du public dans les services psychologiques tout en offrant une meilleure protection aux personnes recherchant une aide psychologique.

Une fois promulguée par le président, cette loi constituera le premier véritable cadre juridique régissant la profession de psychologue au Kazakhstan. Elle marque aussi la volonté des autorités d’encadrer un secteur dont l’essor sur Internet et les réseaux sociaux a profondément modifié les pratiques au cours des dernières années.

Illustration www.magnific.com.

Par Païsiy Ukhanov
Le 06/28/2026

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