L’expansion de JAC Motors en Ouzbékistan marque une nouvelle étape dans la transformation de l’industrie automobile d’Asie centrale. Le constructeur chinois fait de Tachkent son principal hub régional et engage un investissement de 135 millions de dollars, soit environ 87 millions d’euros, pour développer une importante capacité de production destinée à l’ensemble du marché régional.
JAC Motors fait de Tachkent son principal hub automobile en Asie centrale
Le 18 juin 2026, l’annonce de la montée en puissance du projet industriel de JAC Motors à Tachkent a confirmé les ambitions du constructeur chinois en Asie centrale. Déjà inaugurée au printemps, l’usine située dans la zone industrielle spéciale Yangi Avlod doit devenir l’un des principaux centres automobiles de la région. Pour l’Ouzbékistan, cette implantation constitue une nouvelle illustration de l’ouverture accélérée de son économie aux investisseurs étrangers, en particulier chinois.
Le projet porté par JAC Motors dépasse largement le cadre d’une simple unité d’assemblage. Le groupe chinois présente en effet le site de Tachkent comme son principal hub industriel et logistique pour l’ensemble de l’Asie centrale, selon les informations publiées par Gasgoo le 29 mai 2026.
L’usine est exploitée dans le cadre d’une coentreprise associant JAC Motors International Trading et Toshkent Invest Kompaniyasi. Le partenaire chinois détient 51% du capital de la société commune, contre 49% pour son partenaire ouzbek.
Cette implantation s’inscrit dans un contexte de renforcement des relations économiques entre Pékin et Tachkent. Depuis plusieurs années, les autorités ouzbèkes cherchent à attirer des investissements industriels à forte valeur ajoutée afin de réduire leur dépendance aux matières premières et de développer un tissu manufacturier compétitif.
En Ouzbékistan, une usine JAC Motors capable de produire jusqu’à 30.000 véhicules par an
Les chiffres du projet illustrent l’ampleur des ambitions affichées. L’investissement total atteindra 135 millions de dollars, soit environ 87 millions d’euros au taux de change actuel.
La première phase représente à elle seule 35 millions de dollars, soit près de 22,5 millions d’euros. Cette étape permet déjà une capacité annuelle de 10.000 véhicules et la création d’une centaine d’emplois.
Le programme industriel est toutefois conçu pour monter progressivement en puissance. Une fois la deuxième phase achevée, la capacité de production devrait atteindre 30.000 véhicules par an. Le nombre d’emplois pourrait alors s’élever à environ 1.000 postes, d’après la mairie de Tachkent.
Le complexe industriel couvre près de 30 hectares. Cette superficie doit permettre l’installation de nouvelles lignes de production ainsi que le développement progressif d’un réseau de fournisseurs locaux.

© JAC Motors
À Tachkent, JAC Motors mise sur les véhicules thermiques, hybrides et électriques
La diversification de l’offre constitue un autre élément central du projet. Les responsables du site ont indiqué que l’usine produira des véhicules thermiques traditionnels mais également des modèles hybrides et électriques.
La première ligne de fabrication a débuté avec l’assemblage du monospace JAC M3. À terme, la gamme devrait être élargie afin de répondre à la demande croissante des marchés d’Asie centrale, où les constructeurs chinois renforcent rapidement leur présence.
Le projet prévoit également une évolution technologique du processus industriel. Après une phase initiale d’assemblage SKD, consistant à assembler des véhicules à partir de kits semi-démontés, le site doit progressivement passer à une production CKD plus intégrée. Cette évolution permettra une localisation accrue de la fabrication et une meilleure intégration de fournisseurs ouzbeks dans la chaîne de valeur.
Les autorités considèrent cette montée en gamme comme un moyen d’accroître le transfert de compétences et le développement du savoir-faire industriel national.
L’Ouzbékistan accélère sa stratégie industrielle autour de l’automobile
L’arrivée de JAC Motors intervient alors que l’Ouzbékistan multiplie les initiatives pour attirer les constructeurs internationaux. Plusieurs projets impliquant des groupes étrangers ont récemment été annoncés dans le pays. Des discussions sont notamment en cours autour d’une éventuelle implantation industrielle de Volkswagen. D’autres constructeurs chinois, comme Foton, ont également manifesté leur intérêt pour le marché ouzbek.
Cette dynamique reflète une évolution profonde de la stratégie économique du pays. Longtemps dominée par l’industrie extractive et l’agriculture, l’économie ouzbèke cherche désormais à développer des secteurs manufacturiers capables de générer davantage de valeur ajoutée, d’emplois qualifiés et d’exportations.
Les autorités estiment que le projet JAC Motors pourrait générer environ 5 millions de dollars d’exportations annuelles une fois pleinement opérationnel, selon UzDaily. Au-delà des volumes produits, l’objectif consiste surtout à positionner l’Ouzbékistan comme une plateforme industrielle régionale capable de desservir les marchés voisins du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan et du Turkménistan.
L’ouverture de cette usine confirme ainsi l’émergence de l’Ouzbékistan comme l’un des principaux pôles industriels d’Asie centrale. Pour JAC Motors, l’enjeu est tout aussi stratégique : s’appuyer sur Tachkent pour accélérer sa conquête d’une région où la demande automobile progresse rapidement et où les constructeurs chinois gagnent chaque année davantage de parts de marché.
