Le Kazakhstan et la France officialisent leur coopération agricole en signant une feuille de route ambitieuse. Ce partenariat stratégique, soutenu par des échanges commerciaux de 100 millions d’euros, vise à moderniser l’agriculture kazakhstanaise grâce à l’expertise française et aux investissements de géants comme Danone et Lactalis.
Une feuille de route ambitieuse pour redessiner la coopération agricole franco-kazakhstanaise
Le Kazakhstan et la France viennent de franchir une étape décisive dans leur relation bilatérale. Les deux pays ont officialisé leur rapprochement stratégique en signant une feuille de route consacrée au secteur agricole, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de leur collaboration économique. Cette initiative s’inscrit dans une logique d’interdépendance croissante entre grandes puissances agricoles, à l’heure où la souveraineté alimentaire est redevenue un enjeu de premier plan.
Au cours d’une mission officielle en France, le ministre kazakhstanais de l’Agriculture, Aïdarbek Saparov, a rencontré son homologue française Annie Genevard. Cette rencontre diplomatique a débouché sur la signature d’une déclaration d’intentions assortie d’une feuille de route structurant les ambitions agroalimentaires communes des deux nations.
100 millions d’euros d’échanges : le socle d’un commerce en plein essor
Les chiffres témoignent avec éloquence de la vitalité des échanges entre les deux pays. En 2025, le volume des transactions agroalimentaires entre le Kazakhstan et la France a atteint 100 millions d’euros, une performance qui illustre toute la pertinence économique de ce rapprochement dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pour alimenter ces flux, le Kazakhstan exporte vers l’Hexagone une gamme de produits représentatifs de ses richesses naturelles : graines de soja, alcool éthylique, huiles essentielles, gomme-laque naturelle et huile de tournesol composent aujourd’hui l’essentiel de cette offre. Astana entend cependant l’élargir, en proposant notamment au marché français de la viande chevaline et du miel, deux productions emblématiques du terroir kazakhstanais.

© Министерство сельского хозяйства Республики Казахстан
Transfert technologique : quand le savoir-faire français s’exporte sur les steppes du Kazakhstan
« Aujourd’hui, le Kazakhstan modernise progressivement son secteur agricole en accordant une attention particulière aux nouvelles technologies, au développement de la transformation et à la croissance du potentiel d’exportation. Dans ce contexte, l’expérience de la France revêt une valeur particulière pour nous », a déclaré Aïdarbek Saparov, soulignant avec clarté les raisons de ce choix de partenaire.
Car cette collaboration va bien au-delà d’un simple accord commercial : elle dessine un véritable projet de transfert de compétences. Forte d’une agriculture reconnue parmi les plus avancées au monde, la France se pose en partenaire naturel pour accompagner la mutation du secteur agroalimentaire kazakhstanais, de la modernisation des exploitations à la montée en gamme des produits transformés.
Lactalis, Danone : les géants français déjà implantés au Kazakhstan
Les négociations ont également mis en lumière la dimension investissement de cette feuille de route. Deux fleurons français de l’agroalimentaire, Lactalis et Danone, sont déjà solidement ancrés au Kazakhstan, où ils conduisent des projets ambitieux de modernisation industrielle et de développement de la transformation alimentaire.
L’engagement de Danone illustre à lui seul l’attractivité croissante du marché kazakh : le groupe français a récemment investi 6 millions d’euros dans son usine de la région d’Almaty, un apport destiné à porter la capacité de production annuelle à 40.000 tonnes. Une mise de fonds qui traduit la confiance durable des entreprises tricolores dans le potentiel de ce pays.
Semences, sélection végétale : vers une coopération scientifique franco-kazakhstanaise
Annie Genevard a exprimé l’intérêt français pour un élargissement du partenariat à des domaines techniques de pointe, notamment la sélection végétale et la production semencière. Une orientation qui témoigne d’une vision à long terme, ancrée dans une logique de développement durable et de transmission de savoir-faire, bien au-delà des seules considérations commerciales immédiates.
La feuille de route signée constitue, selon les propres mots d’Aïdarbek Saparov, « une base pratique pour de nouveaux projets communs et une interaction plus étroite entre les structures étatiques, les entreprises et les organisations scientifiques des deux pays ». Une approche systémique qui reflète l’ambition réelle de cette coopération.
