La FAO demande à nouveau au Kazakhstan de détruire les pesticides dangereux
pesticides

Au Kazakhstan, la gestion inadéquate des pesticides par le passé pose aujourd’hui de graves défis environnementaux et sanitaires. Des tonnes de produits chimiques obsolètes menacent la santé publique et l’écosystème.

Le Kazakhstan comte 727 dépôts de pesticides périmés

Au Kazakhstan, la situation des pesticides obsolètes et leur impact sur la santé et l’environnement suscitent l’inquiétude. Historiquement, l’agriculture kazakhe a été dépendante des pesticides, avec plus de 21 millions d’hectares de terres arables traitées jusqu’en 1991. Bien que le pays n’ait jamais produit de pesticides organiques persistants (POP) depuis son indépendance, il reste gravement impacté par les résidus de produits qui étaient produits ailleurs en URSS et utilisés sur le sol kazakh avant 1991. À ce jour, 727 dépôts de pesticides ont été recensés, renfermant des substances chimiques dont la composition reste souvent méconnue.

L’utilisation massive de ces pesticides dangereux a eu pour conséquence des dépôts considérables de produits périmés, comprenant environ 1.618 à 6.126 tonnes de pesticides interdits et obsolètes, et entre 169.000 et 546.544 contenants vides, a comptabilisé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le cadre de son programme « Gestion du cycle de vie des pesticides et élimination des pesticides POP dans les pays d’Asie centrale et en Turquie ». Ces contenants, faute de système de collecte, sont fréquemment réutilisés par la population pour stocker des aliments et de l’eau, augmentant le risque d’exposition toxique. Les sols, contaminés par des volumes substantiels de POPs, nécessitent un traitement rigoureux pour réduire les risques sanitaires directs et indirects. La gestion de ces déchets est encadrée par les Conventions de Bâle, de Rotterdam et de Stockholm, que le Kazakhstan a d’ailleurs ratifiées, sans jamais les avoir mis en œuvre.

Le Kazakhstan reconnaît la poursuite d’utilisation de pesticides dangereux

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) essaie, en vain, d’enjoindre le Kazakhstan à adhérer aux engagements qu’il a pris en la matière. Le 16 avril 2024, un nouveau séminaire organisé par la FAO a eu lieu, se concentrant en particulier sur le Kazakhstan. « Il s’avère que la liste des pesticides autorisés, utilisés et même subventionnés comprend des produits extrêmement dangereux », a encore constaté Saltanat Bayeshova, la coordinatrice du programme « Gestion du cycle de vie des pesticides et élimination des pesticides POP dans les pays d’Asie centrale » au Kazakhstan.

Le ministère kazakh de l’Écologie a lui aussi pris la parole. « Les pesticides sont une flore de composés organiques dont la composition est dangereuse. S’ils sont périmés, ils ne sont pas utilisés. De plus, si ces préparations sont stockées de manière inappropriée, par exemple dans des bidons déchirés ou renversés, elles causent des dommages à l’environnement et, par la suite, à la santé humaine », a déclaré Asel Kasenova, chef du département de gestion des déchets du ministère de l’écologie. Mais toujours rien sur l’éventuel arrêt de l’utilisation des pesticides interdits…

Illustration www,freepik.com.

Newsletter

Pour rester informé des actualités de l’Asie centrale