Crise hydrique en Asie centrale : le Kirghizistan change de cap

Confronté à un déficit hydrique critique, le Kirghizistan, par la voix de son président Sadyr Japarov, engage une réorientation majeure de sa politique de l’eau vers la conservation et l’efficacité énergétique, en appelant à une collaboration régionale renforcée.

Déficit en eau et nouvelles orientations

Face aux défis environnementaux croissants, le Kirghizistan prend un virage décisif dans sa gestion des ressources hydriques. Lors de la Vème rencontre consultative des chefs d’État d’Asie Centrale à Douchanbé, Sadyr Japarov, président du Kirghizistan, a mis l’accent sur la nécessité d’une politique de l’eau centrée sur la préservation de l’environnement. Ce changement de stratégie fait suite à des phénomènes climatiques extrêmes tels que des gels anormaux, des sécheresses prolongées et une baisse du niveau des cours d’eau, devenus plus fréquents dans la région.

L’approche proposée par le président kirghize va au-delà de la simple gestion de crise. Elle vise un usage rationnel et durable des ressources hydriques et énergétiques. Sadyr Japarov a également souligné que, malgré le manque d’eau, le Kirghizistan continue de remplir ses obligations internationales en matière de ressources en eau. Il s’est prononcé pour un passage de la politique de l’eau « de l’usage à la conservation », rappelant l’importance vitale des glaciers, sources primaires de l’eau, non seulement pour le Kirghizistan mais pour toute la région.

Appel à la coopération régionale et à l’innovation

Dans ce contexte de pénurie, Japarov a proposé la création à Bichkek d’un centre régional dédié à l’implémentation de technologies économes en énergie et en ressources en Asie Centrale. Ce centre serait un pivot pour l’innovation et la diffusion de pratiques plus durables dans la gestion de l’eau et de l’énergie.

Conscient de la position stratégique du Kirghizistan, qui génère près de la moitié des ressources en eau de la région, le président a invité les pays voisins à unir leurs efforts. Il a suggéré de revitaliser la collaboration selon l’accord sur l’utilisation des ressources en eau et en énergie des rivières Naryn et Syr-Daria, qui concerne le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. Cette initiative vise non seulement à une utilisation plus efficace de ces ressources, mais aussi à augmenter la résilience face aux changements climatiques. Par ces mesures, le Kirghizistan montre sa détermination à prendre une part active à la résolution des enjeux environnementaux régionaux, posant ainsi les fondements d’une coopération future essentielle à la survie et à la prospérité de la région d’Asie centrale.

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