Tachkent vit une pollution sans précédent : les autorités recommandent de fermer les fenêtres
Tachkent vit une pollution sans précédent : les autorités recommandent de fermer les fenêtres

À Tachkent, la concentration élevée de particules fines impose de nouvelles précautions à la maison comme dans la rue. Dans la capitale de l’Ouzbékistan, les autorités appellent les habitants, particulièrement les plus fragiles, à réduire leur exposition à la pollution de l’air. Les fenêtres doivent rester fermées le soir et la nuit, tandis que des relevés révèlent d’importantes concentrations de particules fines.

À Tachkent, l’air reste très pollué pendant la nuit

Le 28 octobre 2026, le Comité national de l’écologie et du changement climatique a renouvelé l’alerte après une nuit de forte pollution à Tachkent. « Le soir et la nuit, il est recommandé de garder les fenêtres fermées », indique le Comité national de l’écologie. La consigne vise à limiter l’entrée d’air pollué dans les logements lorsque les particules s’accumulent dans les rues.

Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes ou allaitantes et les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires sont particulièrement concernés. Le Comité déconseille les sorties nocturnes. En cas de déplacement nécessaire, il recommande un masque et de rester peu de temps à l’extérieur. L’alerte repose sur des observations réalisées dans la nuit du 27 au 28 octobre : l’indice international de qualité de l’air, ou AQI, est demeuré défavorable. Certains points de contrôle ont enregistré une qualité de l’air « très défavorable ».

Les prévisions ne laissaient pas entrevoir d’amélioration rapide. La catégorie défavorable pouvait persister en soirée, tandis que l’indice national oscillait principalement entre les niveaux jaune et orange.

Pollution : des particules fines mesurées quartier par quartier

Le Centre national de surveillance environnementale a effectué des contrôles nocturnes à Yunusabad, Almazar, Yangihayot, Sergeli et Yashnabad. Dans ces cinq districts, les concentrations de PM2,5 relevaient de la catégorie très défavorable, d’après le Comité national de l’écologie.

Les PM2,5 sont assez petites pour pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire. Les PM10 regroupent des particules plus larges. Le bulletin d’UzHydromet du 27 octobre 2026 montre l’ampleur de la pollution, mais aussi ses écarts d’un quartier à l’autre. À Uchtepa, les PM10 atteignaient 150,2 microgrammes par mètre cube et les PM2,5, 87,6 microgrammes, selon UzHydromet. À Chilanzar, les concentrations étaient respectivement de 119 et 57,7 microgrammes par mètre cube, d’après l’agence. Les seuils nationaux journaliers de référence sont de 75 pour les PM10 et 60 pour les PM2,5, précise le bulletin.

Le même document recense, à Yunusabad, 103,4 microgrammes de PM10 et 61,3 microgrammes de PM2,5 près de la station Safia, selon UzHydromet. Il révèle que les concentrations de particules varient sensiblement entre plusieurs points d’observation d’un seul district, un écart important pour comprendre l’exposition des riverains. Le 27 octobre à 10 h 13, IQAir indiquait un indice AQI de 115 points et une concentration de PM2,5 de 41 microgrammes par mètre cube, selon Kursiv Uzbekistan. Ces valeurs ponctuelles ne concernent pas nécessairement les mêmes stations ni les mêmes plages horaires que les relevés officiels. Elles illustrent la variabilité des mesures.

Tachkent face à une pollution amplifiée par la météo

Le Comité national attribue l’épisode au refroidissement nocturne, à la faiblesse des vents et à la stagnation des masses d’air au-dessus de Tachkent et de ses environs. « Ces conditions ont limité la dispersion des polluants », explique l’institution dans son communiqué du 28 octobre 2026, soulignant que les émissions locales sont restées près du sol.
Le mécanisme est celui d’une inversion thermique. L’air au contact du sol refroidit, tandis qu’une couche plus chaude demeure au-dessus. Les échanges verticaux ralentissent. Au lieu de se disperser, poussières et résidus de combustion restent concentrés à hauteur des habitants, particulièrement lorsque le vent faiblit. Lors d’un point presse organisé le 21 octobre, Doniyor Turgunov, directeur de l’Institut de recherche hydrométéorologique, a indiqué que la couche atmosphérique de mélange pouvait passer de 2 à 3 kilomètres en été à quelques centaines de mètres en automne, selon le Comité national de l’écologie.

La météo n’explique pas tout. Selon une étude de la Banque mondiale et du Comité de l’écologie présentée au même briefing, les poussières transportées par le vent représentent 36% des PM2,5 sur une base annuelle, le chauffage des bâtiments 28%, les transports 16% et l’industrie 13%. Ces estimations varient selon les saisons et ne décrivent pas précisément l’épisode actuel.

En Ouzbékistan, la lutte contre la pollution se précise

Les données officielles présentent un contraste. Du 1er janvier au 19 octobre 2026, les concentrations moyennes de PM2,5 et de PM10 avaient reculé respectivement de 28% et 32% par rapport à la même période de 2025, a fait savoir le Comité national lors de son point presse. Cette amélioration globale n’exclut pas des épisodes ponctuels intenses. Le briefing mentionne aussi 38 journées jugées « modérées » ou meilleures pour les PM2,5, contre 21 auparavant, selon le Comité national.

Les analyses citées lors de cette présentation soulignent le poids des poussières naturelles : leur part atteignait entre 52 et 78% dans les échantillons collectés du 28 septembre au 6 octobre, soit 64% en moyenne. Les 13 et 14 octobre, elle oscillait entre 47 et 52%.

Pour identifier précisément les émetteurs, les autorités ont présenté le 26 octobre un centre spécialisé d’analyse atmosphérique créé par décret présidentiel. Son directeur, Zikrilla Alimov, a expliqué que les prélèvements permettraient d’étudier la composition des particules et l’influence des conditions météorologiques. Les prélèvements sont réalisés dans tous les districts de Tachkent à l’aide de filtres. Les échantillons sont ensuite analysés en laboratoire afin d’établir la provenance des polluants. Les autorités envisagent d’étendre cette méthode à d’autres régions de l’Ouzbékistan.

Par Rodion Zolkin
Le 10/28/2026

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