À Astana, le bus payé en espèces coûtera deux fois plus cher
À Astana, le bus payé en espèces coûtera deux fois plus cher

À Astana, payer son trajet de bus en espèces pourrait bientôt coûter deux fois plus cher qu’un règlement électronique. La capitale du Kazakhstan prépare une nouvelle grille tarifaire et envisage le retour de l’argent liquide, supprimé des transports publics depuis l’épidémie de Covid-19. Une réforme qui toucherait aussi les lignes express et suburbaines.

À Astana, le bus en espèces au double du tarif

Le 15 octobre 2026, la municipalité d’Astana a dévoilé les contours d’une réforme du prix des transports en commun. Le projet d’arrêté publié la veille prévoit une augmentation générale des tarifs de bus, accompagnée d’une différence de prix selon le moyen de paiement utilisé. Les voyageurs privilégiant les espèces seraient les plus pénalisés. Cette évolution marquerait un changement important dans les habitudes des passagers. Depuis mars 2020, le règlement en liquide n’est plus autorisé dans les autobus de la capitale. Il avait été supprimé durant la pandémie de Covid-19 afin de limiter les contacts avec les conducteurs.

Sur les lignes urbaines classiques, le trajet payé électroniquement passerait de 110 tenges (0,22 euro) à 150 tenges (0,30 euro), soit une augmentation de 36,4%, d’après les tarifs publiés par Informburo le 15 octobre. Le même déplacement reviendrait à 300 tenges (0,60 euro) en espèces.

La différence serait donc particulièrement importante pour les usagers ne souhaitant pas utiliser les solutions numériques. Pour deux trajets quotidiens, le coût atteindrait 1,20 euro en espèces, contre 0,60 euro avec un moyen de paiement électronique.

À Astana, le bus payé en espèces coûtera deux fois plus cher

© ТОО «City Transportation Systems»

Le projet rétablirait ainsi une possibilité de paiement disparue depuis plus de six ans, mais à un prix dissuasif. En réalité, les textes réglementaires continuaient à prévoir un tarif en espèces malgré sa suspension. Celui-ci était fixé à 220 tenges (0,44 euro) dans l’arrêté de juillet 2024.

La réforme ne concernerait pas uniquement les autobus traditionnels. Les lignes express verraient leur tarif électronique passer de 250 tenges (0,50 euro) à 300 tenges (0,60 euro), tandis que le règlement en espèces atteindrait 400 tenges (0,79 euro). Sur les lignes considérées comme socialement importantes, les prix seraient identiques à ceux des bus urbains ordinaires.

Les transports suburbains suivraient une autre logique. Le tarif électronique augmenterait de 9,5 à 13 tenges par kilomètre, soit environ 0,026 euro au nouveau tarif. En espèces, le prix passerait de 14 à 19 tenges par kilomètre, soit 0,038 euro. Les différences dépendraient donc de la distance parcourue.

À Astana, le bus payé en espèces coûtera deux fois plus cher

© ТОО «City Transportation Systems»

Carte, QR et applications : les moyens de règlement à Astana

Pour éviter le tarif majoré, les voyageurs disposent déjà de plusieurs solutions. La carte de transport rechargeable reste un moyen de paiement courant. Il suffit de la présenter devant le lecteur électronique installé dans le véhicule et de vérifier que le règlement a bien été enregistré.

Les cartes bancaires sans contact et les appareils compatibles NFC permettent également de régler les trajets. En parallèle, les voyageurs peuvent scanner un QR code affiché dans le bus depuis des applications telles que Kaspi.kz, Homebank, Avtobys, Tele2 Kazakhstan, Altel ou My Beeline.

L’application Avtobys propose d’autres fonctionnalités : paiement par Bluetooth, identification du bus grâce à son numéro ou sélection du véhicule dans l’application. Ces procédures permettent de valider un déplacement sans nécessairement scanner un QR code. En revanche, le paiement par SMS n’est plus disponible depuis le 1er mai 2021.

Les gratuités existantes resteraient protégées. Les détenteurs de cartes préférentielles conserveraient leur droit au transport gratuit. Les élèves éligibles doivent notamment disposer d’une carte scolaire et la valider, comme le rappelle Transcard. Le projet prévoit aussi qu’un passager souhaitant payer électroniquement puisse voyager gratuitement en cas de panne du système.

Par Rodion Zolkin
Le 10/15/2026

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