Kirghizstan : Sadyr Japarov promet de punir les « ennemis du peuple »
Kirghizstan : Sadyr Japarov promet de punir les « ennemis du peuple »

Le président kirghiz Sadyr Japarov a choisi un vocabulaire particulièrement dur pour mettre en garde ceux qu’il accuse de vouloir troubler la stabilité du pays. Le chef de l’État a promis des représailles contre ceux qu’il a qualifiés d’« ennemis du peuple », en les présentant comme les relais rémunérés de forces extérieures cherchant à déstabiliser la société.

Kirghizstan : Sadyr Japarov place les « ennemis du peuple » dans sa ligne de mire

Le discours a été prononcé le 29 août 2026, à Bichkek, lors d’une revue des structures mobilisées pour assurer la sécurité du sommet des chefs d’État de l’Organisation de coopération de Shanghai et des VIes Jeux nomadiques mondiaux. C’est dans ce contexte sécuritaire très dense que Sadyr Japarov a introduit la notion d’« ennemis du peuple » dans son adresse aux forces de l’ordre.

« La première et principale condition du développement, c’est une discipline de fer », a déclaré Sadyr Japarov. Le président a ensuite affirmé que certaines personnes, peu nombreuses selon lui, céderaient aux provocations de forces extérieures destructrices. Il les a accusées de recevoir une rémunération, d’agir à l’intérieur du pays, d’appeler à la vengeance et de chercher à déstabiliser la société. La déclaration du chef de l’État kirghiz ne donnent toutefois ni identité ni élément matériel précis permettant de déterminer qui est visé.

La mise en garde présidentielle a été formulée devant un appareil de sécurité déployé à une échelle inhabituelle. Environ 15.000 représentants de ministères, services de sécurité et administrations participaient à la revue. Parmi eux figuraient des personnels du ministère de l’Intérieur, de la Défense, des Situations d’urgence, de la Santé, du parquet, du service de protection de l’État, des douanes, de l’administration fiscale, du système pénitentiaire, des gardes-frontières et du département judiciaire.

Sadyr Japarov leur a demandé de renforcer la coordination entre services, de respecter strictement la discipline et de maintenir l’ordre dans les zones de forte affluence. Il a également insisté sur la courtoisie et la rapidité dans le traitement des demandes des citoyens. Lors de la revue, le chef de l’État a inspecté les personnels et différents équipements, notamment des véhicules blindés, du matériel médical, des moyens de communication, des dispositifs antidrones, des détecteurs et des véhicules de commandement.

C’est au terme de cette séquence que le président a durci le registre. « De telles personnes n’obtiendront aucune clémence », a déclaré Sadyr Japarov à propos des individus qu’il accusait de participer à des tentatives de déstabilisation.

Le Kirghizstan vient de vivre une recomposition de son appareil sécuritaire

Le discours du 29 août 2026 n’est pas resté isolé dans l’agenda présidentiel. Deux jours plus tard, la sécurité figurait encore parmi les thèmes centraux du sommet de l’OCS organisé à Bichkek. Le 1er septembre 2026, Sadyr Japarov a plaidé pour la formation d’un système de sécurité qu’il a qualifié d’efficace et d’indivisible. Il a également appelé à accélérer le lancement d’un centre destiné à répondre aux défis et menaces sécuritaires des États membres et indiqué que Bichkek était prête à accueillir un centre consacré à la lutte contre la criminalité organisée internationale.

Cette séquence intervient en parallèle d’un changement important à la tête du principal service de sécurité kirghiz. Le 2 septembre, le Jogorku Kenesh, le parlement du Kirghizstan, a donné son accord à la nomination de Maksat Asanaliev comme président du Comité d’État pour la sécurité nationale, le GKNB. Maksat Asanaliev occupait auparavant la fonction de procureur général. La candidature avait été présentée au parlement au nom du président et du gouvernement.

Il serait toutefois excessif, sur la base des seules informations disponibles, de relier directement cette nomination aux « ennemis du peuple » évoqués par Sadyr Japarov quatre jours plus tôt. Elles montrent en revanche que la déclaration présidentielle s’est inscrite dans une période où les thèmes de discipline, de sécurité intérieure, de coopération entre services et de lutte contre les menaces transnationales occupaient une place particulièrement visible dans l’agenda des autorités kirghizes.

Par Rodion Zolkin
Le 09/07/2026

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