La future Tour Douchanbé ne sera pas un gratte-ciel isolé planté dans la capitale tadjike. Elle doit devenir le repère vertical d’un ensemble immobilier considérable mêlant logements, commerces, bureaux, hôtellerie, loisirs, équipements éducatifs, parc et même un lac, avec l’ambition affichée de créer un nouveau pôle urbain à Chokhmansour.
Une petite ville autonome au sein de Douchanbé
Le projet a officiellement franchi une première étape le 3 septembre 2026 à Douchanbé, lorsque le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon et son fils, également le maire de la capitale, Rustam Emomali, ont posé la première pierre du complexe architectural multifonctionnel de services dans le district de Chokhmansour. Au centre de cette opération se trouvera la Tour Douchanbé, appelée à devenir la construction emblématique d’un nouveau quartier associant fonctions résidentielles, économiques, commerciales et touristiques.
L’enjeu dépasse donc largement la seule course à la hauteur. À travers cette opération, les autorités de la capitale veulent créer un morceau de ville presque autonome, où l’on pourra habiter, travailler, faire ses achats, se restaurer, assister à des spectacles ou pratiquer des activités de loisirs sans quitter le même périmètre. Le projet s’inscrit dans la mise en œuvre du plan général de Douchanbé et qu’il vise notamment à améliorer l’environnement urbain, à développer l’offre de services et à attirer davantage d’investissements et de touristes.

© Президент Республики Таджикистан
Tour Douchanbé : le chantier de 340 mètres qui redessine Douchanbé
L’ensemble architectural doit comprendre 52 bâtiments. Parmi eux, cinq seront des tours de grande hauteur, précise la même agence. La Tour Douchanbé constituera le point culminant du projet avec 77 étages. Les médias tadjiks la présentent comme la future construction la plus haute de la région, même si cette qualification est ici reprise comme une présentation des sources et non comme un classement international indépendant.
L’échelle horizontale est tout aussi significative. Le projet doit s’étendre sur 29 hectares. La surface totale annoncée doit atteindre 270.000 mètres carrés. À l’échelle de Douchanbé, il ne s’agit donc pas simplement de construire un immeuble spectaculaire, mais de remodeler une vaste emprise urbaine autour d’un ensemble dense de bâtiments, de voies, d’espaces publics et d’équipements.
La tour donnera son nom et sa silhouette au projet, mais elle ne résume pas son fonctionnement. Les autorités tadjikes décrivent plutôt un nouveau pôle mixte, avec des espaces de travail, d’habitation et de services organisés autour de plusieurs bâtiments verticaux. L’ensemble sera génér par des technologies numériques : cette dimension technologique doit accompagner une architecture que les promoteurs veulent conforme à des standards internationaux.

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Un complexe mêlant commerces, hôtel et loisirs
Le cœur commercial de l’opération sera particulièrement développé. Khovar annonce un grand centre commercial et de loisirs que l’agence présente comme le plus important de la région. Autour de cet équipement doivent s’installer différents commerces, des locaux consacrés aux services, des cafés et plusieurs restaurants. Un hôtel est également prévu. Le projet doit ainsi fonctionner aussi bien comme destination pour les habitants de Douchanbé que comme pôle d’accueil pour les visiteurs, les voyageurs d’affaires et les touristes.
Les bureaux occuperont une autre place importante dans le programme. L’objectif affiché est de rapprocher activités économiques et services des logements, tout en donnant au site une fréquentation qui ne dépende pas uniquement des heures d’ouverture des magasins. Dans la présentation officielle, les autorités municipales associent explicitement la construction à la création de meilleures conditions pour le commerce, l’activité professionnelle et la fourniture de services. Autrement dit, la Tour Douchanbé sera le signal architectural d’un quartier destiné à rester actif tout au long de la journée.

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L’offre culturelle et récréative doit compléter ce dispositif. Une salle de concert de 1.000 places est annoncée. Le complexe comprendra également un cinéma, ainsi qu’une aire de jeux pour les enfants, un espace aménagé pour l’organisation d’événements et une salle ou un complexe sportif. À l’extérieur, un parc et un lac doivent prolonger cette logique de loisirs. Cette juxtaposition d’équipements commerciaux, culturels et paysagers montre que le projet vise à produire un véritable lieu de destination plutôt qu’un simple ensemble de tours de bureaux.
Le positionnement commercial se veut en outre haut de gamme. Les bâtiments doivent répondre à des exigences architecturales présentées comme celles de grandes marques internationales et que l’ensemble accueillera des produits de marque, de la restauration et des services de niveau international. Ces formulations relèvent de la communication officielle du projet, mais elles éclairent clairement le segment recherché : la Tour Douchanbé doit aussi contribuer à faire monter en gamme l’offre commerciale et hôtelière de la capitale tadjike.
Tour Douchanbé : logements, école et services au cœur de la construction
Le caractère spectaculaire du gratte-ciel pourrait faire oublier que l’habitat représentera une part majeure de l’opération. Le programme prévoit 42 immeubles résidentiels. Ils doivent regrouper 6 160 appartements. Par leur nombre, ces logements donnent au projet une dimension de quartier résidentiel à part entière et impliquent l’arrivée de plusieurs milliers d’habitants dans un périmètre concentré.
Cette population future explique la présence d’équipements éducatifs directement intégrés au programme. Une école pouvant accueillir 1.200 élèves est annoncée. Une école maternelle destinée à 500 enfants est également prévue. Ces infrastructures rapprochent le projet d’une opération d’aménagement urbain complète : les promoteurs ne prévoient pas seulement des appartements, mais également une partie des services quotidiens nécessaires aux familles qui doivent s’y installer.
Le principe retenu est celui d’une forte mixité fonctionnelle. Un résident pourra, en théorie, trouver dans le même ensemble des commerces, de la restauration, des services, des activités sportives, des espaces verts, des équipements pour enfants et des lieux culturels. Les bureaux et l’hôtel ajouteront une population quotidienne de salariés et de visiteurs. Cette diversité doit permettre au nouveau quartier d’éviter le modèle d’une cité-dortoir ou, à l’inverse, celui d’un quartier d’affaires déserté le soir.

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Cinq ans de chantier pour transformer Chokhmansour à Douchanbé
La construction est confiée à TAS International Group, et Cool Design Studio est associé à la préparation de la solution architecturale du complexe. Des entreprises spécialisées d’Ouzbékistan, de Russie et des Émirats arabes unis ont été annoncées parmi les participants potentiels au chantier aux côtés des sociétés tadjikes. Cette dimension internationale correspond à la volonté affichée de recourir à des solutions architecturales contemporaines pour un projet présenté comme une nouvelle vitrine de Douchanbé.
Le calendrier est déjà défini. La réalisation doit s’étaler sur cinq ans. Plus de 2.000 ouvriers locaux doivent travailler sur le chantier. Une fois l’ensemble achevé, plus de 4 300 nouveaux emplois sont promis.
Emomali Rahmon a demandé aux responsables du projet, aux entrepreneurs et aux architectes de privilégier la qualité des travaux et les solutions architecturales modernes. Le discours officiel lie ainsi la Tour Douchanbé à une transformation plus large de la capitale et à la volonté de renforcer son attractivité économique et touristique. Avec ses logements, ses équipements scolaires, ses surfaces commerciales, ses bureaux, son hôtel, ses espaces culturels et ses aménagements paysagers, le projet est conçu comme une opération urbaine complète dont la tour de grande hauteur ne sera que la partie la plus visible.
