Turkménistan : des hommes endettés affectés à des postes dans la maintenance et l’aménagement urbain
Turkménistan : des hommes endettés affectés à des postes dans la maintenance et l'aménagement urbain

Au Turkménistan, des hommes incapables de verser leur pension alimentaire sont orientés de manière contrainte vers des emplois vacants dans des structures publiques. Révélée le 27 août 2026 par Azattyk, l’information relie deux tensions rarement documentées ensemble dans le pays : les impayés après un divorce et le manque d’ouvriers provoqué par les départs à l’étranger.

Au Turkménistan, pension alimentaire et emploi public se retrouvent liés

Le 27 août 2026, Azattyq Asia, la branche Asie centrale de Radio Liberty, a rapporté que des hommes n’ayant pas les moyens de payer une pension alimentaire sont placés dans des emplois relevant notamment des services municipaux et de l’aménagement urbain. Le média précise que ses informations reposent sur des sources anonymes, qui ont demandé à ne pas être identifiées pour des raisons de sécurité.

Selon Azattyk, les hommes visés sont des pères qui, après un divorce, se retrouvent sans revenus suffisants pour honorer leur pension alimentaire. À la suite d’interventions de procureurs, ils sont dirigés vers des organismes publics qui peinent à pourvoir certains postes. Le média décrit donc une mécanique dans laquelle la dette familiale ne débouche pas seulement sur une procédure de recouvrement : elle peut aussi conduire l’intéressé vers un emploi déterminé par les besoins de structures publiques.

Les sources interrogées par Azattyk relient directement cette pratique aux difficultés de recrutement. D’après elles, les autorités chercheraient à occuper des postes laissés vacants par des salariés partis travailler à l’étranger. Le manque de personnel toucherait des fonctions ordinaires mais indispensables au fonctionnement quotidien des villes et des établissements publics. Dans ce schéma, les hommes qui ne parviennent plus à verser leur pension alimentaire sont dirigés vers des emplois pour lesquels les structures concernées manquent de candidats.

Par le passé, Azattyk avait déjà fait état de salariés du secteur public quittant leur poste en raison de rémunérations faibles avant de partir à l’étranger. Le média rapporte parallèlement une hausse du nombre d’hommes qui, après leur divorce, restent sans travail et ne parviennent plus à verser la pension due. Les deux phénomènes se rejoignent ainsi dans les témoignages recueillis : d’un côté, des postes publics se vident ; de l’autre, des pères sans revenu sont poussés vers ces postes.

Des ouvriers envoyés vers la voirie, les écoles et les hôpitaux

Les affectations décrites sont très diverses. Selon une source anonyme interrogée par Azattyk, les hommes concernés peuvent être orientés vers la construction routière, les services municipaux, les structures chargées de l’approvisionnement en gaz, mais aussi vers des écoles, des hôpitaux et d’autres organismes de l’État. Le média mentionne en particulier des emplois de jardiniers et de manœuvres. Cette diversité est importante, car elle montre que le phénomène rapporté ne se limite pas à un secteur isolé. Les besoins évoqués concernent à la fois l’entretien urbain, les infrastructures, les services techniques et certains établissements sociaux.

Au Turkménistan, la pension alimentaire se heurte à des salaires très faibles

La question de la rémunération donne une autre dimension au dossier. Des hommes disant avoir été placés dans ces emplois affirment percevoir environ 1.500 manats (67 euros). La conversion fournit un ordre de grandeur de la rémunération associée aux postes évoqués, sans préjuger du pouvoir d’achat réel de cette somme au Turkménistan.

Cette faiblesse des rémunérations occupe une place centrale dans le récit d’Azattyk. Ses correspondants avaient déjà signalé que des employés d’institutions financées par le budget public abandonnaient leur poste et partaient à l’étranger pour chercher de meilleurs revenus. Dans le même temps, les hommes sans emploi après un divorce rencontreraient davantage de difficultés à verser une pension alimentaire. Le système décrit par le média tente ainsi de faire coïncider une obligation financière non honorée avec des besoins persistants de recrutement.

Migration des ouvriers et pension alimentaire : le grand angle mort statistique

Azattyk replace aussi cette actualité dans un contexte familial plus large, mais avec de fortes précautions. Le média mentionne des informations selon lesquelles le nombre de divorces aurait fortement augmenté au Turkménistan au cours des dernières décennies. Des analystes locaux cités par le média associent les ruptures familiales aux difficultés économiques, au chômage et aux bas salaires, mais cette lecture reste une appréciation et non une statistique publique établie.

Le manque de données est particulièrement visible sur les pensions alimentaires. Azattyk indique qu’aucun chiffre officiel n’est disponible sur le nombre de personnes ayant accumulé des impayés. Il n’existe pas davantage, selon le média, de données publiques permettant d’établir avec précision les raisons d’une éventuelle progression des divorces. Cette opacité statistique empêche de savoir si les cas rapportés correspondent à une pratique localisée, à un mécanisme appliqué dans plusieurs régions ou à une politique plus large.

Les analystes locaux interrogés par Azattyk estiment que la fermeture de l’espace informationnel et l’absence de conditions permettant de mener des études sociologiques complètes empêchent de tirer des conclusions solides sur les transformations de la famille.

Illustration www.magnific.com.

Par Rodion Zolkin
Le 08/27/2026

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