Le gouvernement du Tadjikistan vient de présenter une stratégie nationale de gestion des déchets à l’horizon 2040, accompagnée d’un plan d’action quinquennal et d’un projet de centre régional à Douchanbé destiné à accélérer la transition vers une économie circulaire.
Présentation de la stratégie tadjike de gestion des déchets : des institutions internationales de haut niveau étaient présentes
Le 23 juillet 2026, le Comité pour la protection de l’environnement du gouvernement du Tadjikistan a dévoilé les grandes lignes de sa future stratégie nationale consacrée aux déchets, un document qui doit orienter les politiques publiques jusqu’en 2040. Présenté à Douchanbé lors d’une réunion de travail réunissant les principales institutions nationales ainsi que plusieurs partenaires internationaux, ce projet constitue l’un des volets majeurs de la politique environnementale actuellement menée par le Tadjikistan.
La rencontre était présidée par Bahodur Sheralizoda, président du Comité pour la protection de l’environnement. Autour de la table figuraient notamment des représentants de la Banque asiatique de développement, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, du Programme des Nations unies pour le développement, de la Banque mondiale, de l’Agence japonaise de coopération internationale, ainsi que plusieurs administrations tadjikes compétentes en matière de services communaux, d’investissements publics et de développement urbain. Des responsables de la Banque asiatique de développement basés à Manille et un représentant du ministère japonais de l’Environnement et du Changement climatique ont également participé à distance.
Déchets au Tadjikistan : une stratégie construite autour de l’économie circulaire
L’objectif affiché par les autorités est de transformer en profondeur la manière dont le Tadjikistan produit, collecte, traite et valorise ses déchets. La stratégie nationale présentée couvre une période allant jusqu’en 2040 et s’accompagne déjà d’un plan d’action opérationnel pour les années 2026 à 2030, destiné à engager rapidement les premières réformes. Selon les informations présentées lors de la réunion, cette feuille de route repose sur plusieurs axes structurants. Le premier consiste à adapter le cadre juridique national aux principes de l’économie circulaire, aujourd’hui largement promus au niveau international. Les autorités souhaitent notamment introduire ou renforcer la responsabilité élargie des producteurs, un mécanisme qui oblige les fabricants à prendre une part plus importante dans la gestion de la fin de vie des produits qu’ils mettent sur le marché.
Le deuxième pilier concerne la modernisation des infrastructures. Le gouvernement entend progressivement faire évoluer le modèle actuel, largement centré sur les décharges sanitaires, vers des installations capables de recycler les matières récupérables et de valoriser énergétiquement certains flux de déchets. Cette évolution doit permettre de réduire les volumes destinés à l’enfouissement tout en améliorant l’utilisation des ressources disponibles.
La stratégie prévoit également un renforcement spécifique de la gestion des catégories de déchets les plus sensibles. Les autorités souhaitent développer des dispositifs adaptés aux déchets dangereux, aux déchets médicaux, aux équipements électroniques arrivés en fin de vie ainsi qu’aux déchets issus des activités de construction et de démolition. Ces flux nécessitent des traitements particuliers afin de limiter les risques sanitaires et environnementaux.
Enfin, le document présenté prévoit la mise en place d’outils numériques destinés à améliorer la transparence du secteur. Le suivi des flux de déchets devrait progressivement être numérisé afin de faciliter le contrôle des opérations, d’améliorer les statistiques nationales et de renforcer la coordination entre les différents acteurs publics et privés intervenant dans cette filière.
Douchanbé au cœur du futur dispositif régional de gestion des déchets
Au-delà de la stratégie nationale, les autorités tadjikes ont également présenté le projet de Centre régional de gestion des déchets à Douchanbé, conçu comme une infrastructure destinée à accompagner la mise en œuvre de cette nouvelle politique. Ce projet s’inscrit dans une volonté de renforcer les capacités techniques du pays et de créer un modèle régional pour une gestion plus moderne des déchets.
La présentation de ce centre intervient dans un contexte de hausse continue des volumes produits. En 2025, le Tadjikistan a généré environ 1,6 million de mètres cubes de déchets, soit près de 150 kg par habitant, selon les données communiquées par le Comité pour la protection de l’environnement. Les autorités soulignent que cette quantité augmente chaque année, sous l’effet notamment de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’évolution des modes de consommation.
Face à cette progression, le gouvernement considère la modernisation du secteur des déchets comme un enjeu à la fois environnemental, économique et social. Le président tadjik Emomali Rahmon avait déjà insisté sur cette orientation lors d’une rencontre avec les responsables du Comité pour la protection de l’environnement le 17 septembre 2025. À cette occasion, il avait appelé au développement d’entreprises intégrées de traitement des déchets, avec la participation d’investisseurs nationaux et étrangers, en mettant en avant les bénéfices attendus pour l’économie et pour la protection de l’environnement.
La nouvelle stratégie doit ainsi servir de cadre pour attirer des investissements et coordonner les efforts des institutions publiques avec ceux des partenaires internationaux. La présence de plusieurs grandes organisations financières et de coopération lors de la présentation illustre l’importance accordée au financement et à l’accompagnement technique de cette transformation.
Le Tadjikistan veut aligner sa politique des déchets sur ses engagements internationaux
La stratégie de gestion des déchets jusqu’en 2040 s’inscrit également dans un cadre international plus large. Les autorités tadjikes indiquent que le document répond aux engagements pris par le pays dans le cadre de plusieurs accords multilatéraux, notamment les conventions de Bâle, de Stockholm et de Rotterdam ainsi que l’Accord de Paris sur le climat.
Cette orientation traduit une volonté d’intégrer la gestion des déchets dans une politique environnementale globale, liée aux objectifs de développement durable des Nations unies. La réduction des pollutions, l’amélioration de la qualité des espaces urbains et la lutte contre les effets du changement climatique figurent parmi les priorités mises en avant.
Pour le gouvernement tadjik, la question des déchets ne relève donc plus uniquement de la gestion des services municipaux. Elle devient un levier de transformation économique, avec le développement potentiel de nouvelles activités liées au recyclage, à la récupération des matériaux et à la production d’énergie à partir de certains déchets.
La réunion du 23 juillet 2026 s’est achevée par des échanges entre les participants sur les modalités de coopération nécessaires pour concrétiser les mesures prévues. Les institutions impliquées doivent désormais poursuivre leur coordination afin de traduire les objectifs fixés dans la stratégie en projets opérationnels sur le terrain.
