Les investisseurs découvrent l’Asie centrale : l’intérêt pour la région a triplé
Les investisseurs découvrent l'Asie centrale : l'intérêt pour la région a triplé

L’Asie centrale et le Caucase suscitent un intérêt inédit auprès des investisseurs internationaux. Selon la dernière étude de Montfort Eurasia, leur niveau de connaissance de ces marchés progresse rapidement tandis que leur appétit pour les opportunités d’investissement a été multiplié par trois. Une évolution qui reflète les transformations économiques engagées dans la région, sans pour autant faire disparaître certaines inquiétudes persistantes.

Asie centrale : la connaissance des investisseurs progresse

L’Asie centrale poursuit son ascension sur la carte mondiale des investissements. Publié en juin 2025 à l’occasion du Forum international de l’investissement de Tachkent, le nouvel Investor Perception Report de Montfort Eurasia révèle une évolution marquante de la perception des investisseurs institutionnels britanniques et américains. Par rapport à la précédente enquête réalisée en 2023, leur connaissance de la région s’est nettement améliorée et leur intérêt pour ses marchés a fortement progressé.

Cette étude intervient dans un contexte où les cinq États d’Asie centrale – le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et le Turkménistan – multiplient les réformes économiques, les projets d’infrastructures et les initiatives destinées à attirer davantage de capitaux étrangers. Le Caucase du Sud, avec notamment la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, poursuit également sa stratégie d’ouverture économique, profitant de sa position de carrefour entre l’Europe et l’Asie.

L’un des principaux enseignements du rapport concerne l’amélioration spectaculaire de la connaissance qu’ont les investisseurs de l’Asie centrale et du Caucase. Selon l’étude, la note moyenne attribuée à leur niveau de connaissance atteint désormais 7,36 sur 10, contre 4,92 sur 10 lors de la précédente édition réalisée deux ans plus tôt. Cette progression constitue l’une des évolutions les plus significatives observées depuis la création de cette enquête.

Cette meilleure compréhension des marchés ne relève pas du hasard. Depuis plusieurs années, les gouvernements de la région multiplient les forums économiques internationaux, les missions de promotion auprès des investisseurs étrangers et les réformes visant à améliorer le climat des affaires. L’objectif est de faire connaître des économies longtemps restées en marge des grands flux internationaux de capitaux malgré leur position stratégique entre l’Europe, la Chine, le Moyen-Orient et la Russie.

L’étude montre également que cette montée en puissance de la connaissance s’accompagne d’une perception plus nuancée des opportunités économiques. Les investisseurs interrogés disposent aujourd’hui d’une vision plus précise des secteurs porteurs, des politiques publiques et des ambitions industrielles de plusieurs États de la région. Cette évolution contribue à réduire une partie des incertitudes qui freinaient jusqu’ici les décisions d’investissement.

Le rapport souligne néanmoins que cette amélioration reste inégale selon les pays. Le Kazakhstan demeure la destination la plus connue grâce à son poids économique, à ses importantes ressources naturelles et à sa présence de longue date auprès des investisseurs internationaux. L’Ouzbékistan attire également une attention croissante à mesure que ses réformes économiques se concrétisent, tandis que les autres pays poursuivent leurs efforts de visibilité.

Cette évolution est précisément au cœur de l’activité de Montfort Eurasia. Filiale régionale du groupe britannique Montfort Communications, l’entreprise accompagne gouvernements, institutions financières, entreprises et organisations internationales dans leur stratégie de communication, leurs relations avec les investisseurs, leur réputation et leurs enjeux ESG. Son rôle consiste notamment à rapprocher les marchés d’Asie centrale des grands investisseurs internationaux en améliorant la diffusion d’informations fiables, transparentes et accessibles.

Au-delà du conseil en communication, Montfort Eurasia publie régulièrement des études destinées à mesurer la perception internationale de la région. Son Investor Perception Report est devenu un outil de référence pour suivre l’évolution du regard porté par les investisseurs sur ces économies en pleine transformation. Les résultats permettent aussi aux décideurs publics d’identifier les points forts à mettre davantage en avant ainsi que les inquiétudes qui demeurent.

Un intérêt des investisseurs désormais multiplié par trois

L’autre enseignement majeur du rapport concerne l’évolution spectaculaire de l’intérêt porté à l’Asie centrale. En 2023, seuls 15,5% des investisseurs interrogés déclaraient éprouver un fort intérêt pour la région. Deux ans plus tard, cette proportion atteint désormais 47%, soit un niveau pratiquement trois fois supérieur.

Cette progression traduit une évolution profonde de la perception internationale. Longtemps considérée comme une région périphérique, l’Asie centrale apparaît désormais comme un espace offrant des perspectives de croissance dans plusieurs secteurs stratégiques. Les bouleversements géopolitiques, la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales et la recherche de nouvelles zones d’investissement expliquent en partie ce changement de regard.

Les investisseurs identifient plusieurs domaines particulièrement prometteurs. L’industrie manufacturière arrive en tête des secteurs jugés les plus attractifs, citée par 63,5% des personnes interrogées. Viennent ensuite le pétrole et le gaz avec 57,9%, puis les mines et les ressources naturelles avec 49,2%. Ces résultats illustrent la volonté des investisseurs de combiner des secteurs historiques, comme les hydrocarbures, avec le développement d’activités industrielles à plus forte valeur ajoutée.

La richesse du sous-sol régional joue naturellement un rôle important dans cette attractivité. Le Kazakhstan figure parmi les principaux producteurs mondiaux d’uranium et possède d’importantes réserves de métaux critiques. L’Ouzbékistan développe également son industrie minière tandis que plusieurs pays cherchent à valoriser davantage leurs ressources afin d’accompagner la transition énergétique mondiale.

Cependant, l’étude montre que la progression de l’intérêt ne signifie pas que toutes les réticences ont disparu. Les investisseurs continuent d’évaluer attentivement les risques avant toute décision d’engagement. Les considérations géopolitiques, la stabilité réglementaire ainsi que la protection juridique des investissements demeurent des critères essentiels dans leurs arbitrages.

Selon l’enquête, 76% des investisseurs considèrent encore la sécurité des investissements comme leur principale préoccupation. La stabilité politique arrive juste derrière, étant citée par 65% des répondants. Ces résultats montrent que les performances économiques seules ne suffisent pas à convaincre durablement les marchés internationaux. Les garanties institutionnelles, la prévisibilité des politiques publiques et la qualité de la gouvernance restent des facteurs déterminants pour attirer des capitaux de long terme.

Enfin, le rapport met en évidence un élément particulièrement encourageant pour les gouvernements de la région. Près de 68% des investisseurs estiment qu’une meilleure information sur les économies d’Asie centrale les inciterait à accroître leurs investissements. Ce constat rejoint les observations formulées par la directrice générale de Montfort Eurasia, Eleanor Kramers, qui estime que le potentiel d’investissement de la région pourra être davantage exploité grâce à une communication plus transparente, à une meilleure diffusion d’informations fiables et à un dialogue renforcé avec les investisseurs internationaux.

Comment les investisseurs s’informent-ils sur l’Asie centrale ?

Si les investisseurs connaissent mieux l’Asie centrale qu’il y a deux ans, cette évolution repose également sur une transformation des sources d’information qu’ils consultent. Le rapport de Montfort Eurasia montre que 80% des répondants s’appuient en priorité sur les médias internationaux pour suivre l’actualité économique et politique de la région. Les analyses financières jouent également un rôle majeur puisque 70% des investisseurs déclarent accorder une importance particulière aux études produites par les analystes spécialisés.

Cette dépendance à des sources d’information extérieures explique pourquoi la réputation internationale d’un pays peut désormais influencer directement sa capacité à attirer des capitaux. Les investisseurs ne se limitent plus aux indicateurs macroéconomiques. Ils examinent aussi la qualité de la gouvernance, la stabilité des institutions, la transparence réglementaire, les politiques environnementales et les engagements en matière de développement durable.

Dans ce contexte, la communication économique devient un véritable levier d’attractivité. Les gouvernements d’Asie centrale consacrent ainsi des moyens croissants à la promotion de leurs réformes, à l’organisation de forums internationaux et au dialogue avec les grands fonds d’investissement. L’objectif consiste à présenter une image plus fidèle d’économies qui ont profondément évolué au cours de la dernière décennie mais qui restent parfois mal connues des marchés occidentaux.

C’est précisément sur ce terrain qu’intervient Montfort Eurasia. Basée à Londres et spécialisée sur l’Asie centrale et le Caucase, cette société de conseil accompagne aussi bien des gouvernements que des entreprises, des banques de développement ou des investisseurs privés. Ses missions couvrent notamment les relations médias, la communication institutionnelle, les relations investisseurs, les stratégies ESG, la gestion de réputation ainsi que la communication de crise. L’entreprise fait partie du groupe britannique Montfort Communications, cabinet reconnu dans le domaine de la communication stratégique internationale. Avec sa division Eurasie, le groupe s’est spécialisé dans une région dont le poids géopolitique et économique ne cesse de croître grâce à sa position entre l’Europe et l’Asie, au développement du Corridor transcaspien et à l’essor des investissements dans les infrastructures, l’énergie, les métaux critiques et l’industrie. Le Investor Perception Report constitue aujourd’hui l’une des principales publications de Montfort Eurasia. Réalisée auprès d’investisseurs institutionnels britanniques et américains, cette enquête mesure régulièrement l’évolution de leur perception de l’Asie centrale et du Caucase. Les résultats permettent aux gouvernements comme aux entreprises de mieux comprendre les attentes des marchés internationaux et d’adapter leur communication en conséquence.

Asie centrale : une attractivité qui progresse, mais des défis persistent

L’amélioration de la perception internationale ne signifie pas que la région a atteint sa pleine maturité en matière d’investissement. Le rapport montre au contraire que plusieurs défis structurels demeurent. Les inquiétudes concernant la sécurité juridique des investissements, la stabilité politique ou encore la prévisibilité réglementaire continuent d’influencer fortement les décisions des investisseurs internationaux.

L’un des enseignements les plus intéressants de l’étude est que ces freins ne semblent plus remettre en cause le potentiel économique de la région. Ils constituent davantage des facteurs de vigilance. Les investisseurs interrogés reconnaissent désormais les opportunités offertes par l’Asie centrale, mais souhaitent disposer d’informations plus précises avant d’engager des capitaux importants. Cette évolution marque un changement notable par rapport aux enquêtes précédentes, où la région souffrait avant tout d’un déficit de visibilité.

Le Kazakhstan demeure le marché le plus identifié par les investisseurs internationaux grâce à son économie diversifiée, à son secteur énergétique et à ses ressources minières. L’Ouzbékistan poursuit également sa montée en puissance, porté par ses réformes économiques, l’ouverture progressive de son marché et son rôle de plus en plus actif dans les échanges régionaux. Les autres pays d’Asie centrale cherchent eux aussi à accroître leur visibilité, notamment à travers des programmes d’investissement dans les infrastructures, les transports, l’industrie ou les énergies renouvelables.

La publication du rapport à l’occasion du Forum international de l’investissement de Tachkent illustre d’ailleurs cette stratégie régionale. Ces grands rendez-vous économiques sont devenus des vitrines destinées à rapprocher décideurs politiques, entreprises et investisseurs internationaux. Ils permettent également de présenter les réformes en cours, de mettre en avant les projets industriels et de renforcer les échanges avec les principaux acteurs financiers mondiaux.

Le rapport dessine ainsi le portrait d’une région qui change progressivement de statut. Longtemps perçue comme périphérique, l’Asie centrale apparaît désormais comme un espace économique suivi de près par les investisseurs occidentaux. La progression simultanée de leur connaissance des marchés et de leur intérêt pour ces économies constitue un signal encourageant pour les gouvernements de la région, même si les questions de gouvernance, de stabilité et de transparence continueront probablement à conditionner l’arrivée de nouveaux capitaux au cours des prochaines années.

Par Païsiy Ukhanov
Le 08/31/2026

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